10.12.2010

Femmes, selon Stéphane Audeguy

9782070345458.jpg"Le mythe de la douceur féminine est un vieux piège du sexisme. Ce que la pitié, en amour, est aux hommes (voir à ce sujet un terrible roman de Stefan Zweig: La pitié dangereuse).

C'est le piège le plus efficace n'importe quel misogyne sait exploiter cette donnée sociale; et tout bon psychopathe peu séduire en affectant une certaine douceur, et d'ailleurs torturer et violer doucement sa victime, parce que c'est plus amusant. Plus banalement, cette idéologie douceâtre, mais puissante, facilite toute sorte d'exploitation des femmes, sur leurs lieux de travail et dans leur vie privées.

Par ailleurs, cela ne condamne en rien la douceur elle-même; seulement le modèle qui prétend l'imposer comme modèle; et, comme son corrélat, un idéal de rigidité virile. Ne nous laissons pas abuser sur ce point par quelques changements superficiels, tels que la présence de produits de beauté destinés aux hommes dans les supermarchés."

Stéphane Audeguy, Petit éloge de la douceur 

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08.12.2010

Double Trouble

witches_cauldron.png

 

 

   La chorale de bienvenue à Poudlard avait chanté Double Trouble, quand Harry Potter allait rencontrer le prisonnier d'Azcaban, le morceau regorge de magie et mystère, il est composée par John Williams, les paroles sont extraites de Macbeth de William Shakespeare acte IV, scène I, 

 

 

Double, double toil and trouble; 
Fire burn, and cauldron bubble. 
Double, double toil and trouble 
Something wicked this way comes

Eye of newt, and toe of frog, 
Wool of bat, and tongue of dog, 
Adder's fork, and blind-worm's sting, 
Lizard's leg, and owlet's wing - 
 

Double, double toil and trouble; 
Fire burn, and caldron bubble. 
Double, double toil and trouble 
Something wicked this way comes

In the cauldron boil and bake; 
Fillet of a fenny snake, 
Scale of dragon; tooth of wolf; 
Witches' mummy; maw and gulf

(Double, double toil and trouble; 
Fire burn, and cauldron bubble.)

Double, double toil and trouble; 
Fire burn, and cauldron bubble. 
Double, double toil and trouble; 
Fire burn, and cauldron bubble. 
Something wicked this way comes


podcast

 

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25.11.2010

Stop Crying Your Heart

Punck, Rock, Emo je n'en sais pas trop, c'est comme chercher des différences entre l'écriture chinoise et japonaise, enfin ça ne m'empêche pas d'apprécier! 

Oasis, Stop Crying Your Heart Out
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Dashboard Confessional, Stolen
podcast

J'ai tellement peur de craquer, ça commence à se faufiler, cette nostalgie mortelle, il n'est jamais facile de renoncer à son meilleur ami parce que l'amour a tout foiré. 

C'est vide la vie sans lui, c'est dur de dire adieu pour la vie, je me tue pour ne pas craquer. Chaque milliseconde de résistance est un pas vers un future vivable sans lui et je donnerai tout pour ne plus sentir ce trou dans ma poitrine quand ma mémoire envoi son image vers mes yeux.

Mes yeux refusent toujours de pleurer, miracle!! Non c'est mon coeur qui pleure..

 

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22.11.2010

Spleen

J'ai la grippe, mon nez coule, à force de me moucher je risque de l'arracher ce nez de clown! 

Je hais la grippe, c'est fou comme on se sent misérable, et c'est fou la grippe, c'est la seule maladie qui ne connait pas de limite, tous les humains contractent la grippe au moins une fois par ans!

Je hais surtout quand je suis sur le point d'éternuer et que faute de préparation ça sort pas, puis quand ça reprend de plus belle, on a juste l'impression de propulser son cerveau en bouillon.

C'est fou la grippe, c'est fou ce passage de Nouvelles Sous Ecstasy de Frederic Beigbeder, je me sens juste droguée, attardée sociale, ou dois je simplement avouer que cet homme me manque tout bonnement, non oui non oui non....  ce soir à Tunis seule chez moi, j'attend le plombier pour ma cuisinière et mes lèvres gercées comme de la terre remuée, ce soir moi j'ai le goût de spleen


Spleen à l'aéroportde Roissy-Charles-de-Gaulle

 

"T'as gobé ? T'as gobé ? Tagobétagobétagobé ? Qui êtes-vous ? Pourquoi on se parle à deux centimètres du visage ? Est-il exact que vous avez lu mon dernier livre ? Pouvez-vous me garantir que je ne RÊVE pas ? Est-il possible d'avoir une aussi jolie bouche de couleur rouge ? Est-il RAISONNABLE d'être aussi mignonne, d'avoir vingt et un ans et un tee-shirt taille XXXS ? Réalisez vous le risque que vous prenez en me faisant des compliments avec des yeux aussi bleus ? Pourquoi je moitise ma main dans la vôtre ? Pourquoi vos genoux me donnent-ils envie d'inventer des verbes transitifs ? Et d'abord quelle heure est-il ? Comment vous appelez-tu ? Est-ce que tu voulez m'épouser ? Pourrais-tu me dire où nous sommes en ce moment ? C'est quoi le Car-en-Sac que tu as mis sur nos langues ? Pourquoi ces rayons lasers cisaillent-ils une nappe d'air liquide ? Pour qui sont ces magnums de Champagne qui sifflent sur nos têtes ? Au bout de combien de temps on regrette d'être venu au monde ? Tu sais que t'as de beaux yeux tu sais ? Pourquoi pleurez-vous ? Quand est-ce que tu m'embrasses ? Voulez-vous une autre vodka ? Quand est-ce qu'on se réembrâsse ? Pourquoi ne dansez-vous plus ? Qui sont tous ces gens ? Tes amis ou mes ennemis ? Tu veux enlever ton pull s'il vous plaît ? Tu veux combien d'enfants ? Quels sont vos prénoms favoris ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Si on sortait prendre l'air ? On est déjà dehors ? On va chez toi ou chez moi ? Si j'appelais un taxi ? Tu préfères marcher ? Pourquoi remonter l'avenue des Champs-Elysées ? Est-il sérieux d'enlever ses mocassins pour marcher sur du goudron ? Peut-on faire chauffer une cuillère sur la tombe du Soldat Inconnu ? Tu as un petit ami ? Pourquoi je pense la même chose que toi ? Tuc onnais beaucoup de gens qui prononcent les mêmes mots au même moment ? Que fait ce flic à nous regarder fixement ? Pourquoi toutes ces voitures tournent-elles autour de l'Arc deTriomphe ? Pourquoi ne rentrent-ils pas chez eux ? Et nous ? Pourquoi ne rentrons-nous pas chez nous ? Combien de temps allons-nous rester là, assis sur le parvis de l'Étoile, à nous rouler des pelles par deux degrés centigrades au lieu de faire l'amour dans un lit comme tout le monde ?

 

Est-ce que tu déprimes autant que moi dans les aéroports ? Ne trouves-tu pas qu'il y a une poésie dans ces lieux de passage ? Une mélancolie des départs ? Un lyrisme des retrouvailles? Une densité dans l'air chargé d'émotions climatisées ? Combien de temps dure la descente ? Notre amour survivrait-il sans vacances chimiques ? Quand donc cesserons-nous de nous taire en regardant le jour se lever dans cette cafétéria vide ? Pourquoi tous les Relais H restent-ils fermés et les jeux vidéo éteints ? Envies-tu ces cadres moyens qui attendent leur vol dans des antichambres dallées de linoléum, avachis sur des sofas orange, en buvant du café instantané ? Que faut-il penser de ce douanier à mauvaise haleine, de ce technicien de surface qui traîne une bruyante poubelle à roulettes, de ces clodos qui ronflent sur des banquettes en plastique mauve ? Que veulent-ils nous dire ? Qu'il n'y a plus de fuite possible ? Qu'on ne pourra jamais s'évader de soi-même ? Que les voyages ne mènent nulle part ? Qu'il faut être en vacances toute la vie ou pas du tout ? Pourrais-tu lâcher ma main s'il te plaît ? Ne sens-tu pas comme j'ai besoin d'être seul au milieu de ces bagages abandonnés ? Serait-il possible de se quitter sans trop souffrir, même devant la publicité « Envy » de Gucci ? Et tandis que nous regardions, les yeux embués, s'envoler les 747, je ne pouvais m'empêcher de me poser une dernière question : pourquoi ne sommes-nous pas à bord ?"

 

 Frederic Beigbeder

 

 

 

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18.11.2010

DISCONTINUITE

 

 

Paris_mai_1968.jpg

 

Graffiti Paris mai 1968, Edouard BOUBAT

 

Ce soir, de passage, j'ai eu envie de poster une note, un des rares samedi que je passe chez moi, depuis que j'ai rencontré l'homme aux cinquante roses, tous les week-ends avec lui, je me dis mais regardes toi petite chérie, tu n'as plus cette affreuse sensation omniprésente de manque, ce creux, ce trou dans le ventre!!

Plus de course pour dépasser le temps, plus d'interminables attentes, plus de vains espoirs, tout est simplement lié à un petit coup de fil; On se voit ce soir?? Oui je passe te prendre dans une heure! 

Pur bonheur! 

J'ai enfin, enfin réussi à tourner une page lourde et chargée de ma vie, trois de mes vingts ans à attendre un homme qui n'était pas à moi, qui ne sait pas ce que c'est que d'attendre!

L'homme aux cinquante roses, est une union libre certes, et je suis la reine des unions libres, cet homme me convient et me comble, pas de cet amour ardent et corrosif qui me consumait corps et âme, mais d'une paisible satisfaction et assurance que j'ai pas encore goûté jusque là.

Barbarito est au frigo de ma mémoire, et j'espère qu'il y sera pour la vie, je lui garde pourtant un amour infini et indéfinissable comme quand lui même disait, un coeur qui aime ne sait pas haïr, il se pourrait qu'il avait raison.

C'était une douleur imprenable, arrêter tout, pourtant recommencer tout dûment est plus pénible. Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse.

J'ai appris alors la plus bonne leçon de ma vie, ne plus jamais souffrir des choses qui s’achèvent, rien ne dure jamais, du plus beau au plus dur.

Plutôt la vie est une discontinuité.

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14.11.2010

I'm a fool

 J'ai reçu un mail, d'une belle personne que je n'ai connu que peu et que j'ai perdu depuis trois ans, c'est incroyable, que ce genre de chose puisse encore m'arriver, j'ai cessé pourtant de croire aux miracles, aux contes de fées, aux belles fins, aux sentiments intenses, aux choses précieuses qui échappent à la main fatale du temps assassin, un petit mail, quelques mots, "you still a part of me... i still think of you, i still miss you", un petit mail du fin fond de ma mémoire!

 J'ai l'impression délicieuse de remonter dans le temps, de revivre la sensation délicieuse d'avoir le coeur léger, j'avais envie de répondre que j'ai fait un très mauvais choix, que peu après l'avoir perdu, je me suis perdue dans une intense histoire digne d'une comédie dramatique, et que peu après la fin débile de cette histoire, un personnage refait surface de ma mémoire, peut être que la vie me rappelle qui j'étais vraiment et qui je suis devenue maintenant!

 J'ai toujours cru aux signes, c'est bête d'y tourner le dos!

 J'avais envie de raconter pleins d'histoires, je ne pouvais que dire "Baby I'm a fool who thinks it's cool to fall in love".


podcastMelody Gardot, Baby I'm a fool

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12.11.2010

Entre autres..

 

 

  De déception en déception, de cauchemar en cauchemar, je traine ma vulnérable personnalité ébranlée dans les dédales d'un monde ordinaire qui ne vaut que dalle, et qui continu encore et toujours à m'émerveiller.

  Je me rends enfin compte que le plus grand problème de ma vie se joue dans ma tête, je me pensais toujours incapable de délimiter mes relations avec le monde, de prévoir au départ si par exemple un homme sera passager ou résident, si je le fais griller rapidement ou je le laisse mijoter à feu doux, moi je suis toujours fonceuse, gourmande et sans limites.

  A vingt cinq ans je me trouve incapable d'oublier un bel homme rencontré le soir et quitté le lendemain, incapable d'attacher un autre homme, sportif et drôle qui me séduit avec cinquante roses rouges le jour où l'amour de ma vie disparait.

  J'avoue que je ne suis qu'une apprentie femme dans le monde des hommes, je me crois bonne élève, je me vois apprendre tous les jours une leçon, je me rends compte qu'enfin j'applique mes propres principes sur tous ceux qui m'approchent sans me soucier de leurs mœurs.

 

  Il y a une sagesse arabe qui divise les gens en quatre catégories:

Un homme* qui sait et sait qu'il sait, c'est un savant suivez le; 

Un homme qui sait et ne sait pas qu'il sait, c'est un oublieux rappelez lui; 

Un homme qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est ignorant apprenez lui; 

Et un homme qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, c'est un con évitez le.

 

 

  Je me reconnais dans les quatre,  je suis un peu tous, comme nous tous, ce n’est pas qu’ils ont eu tort nos autres sages mais que la nature humaine est incernable, et que Einstein a eu l’idée la plus extraordinaire qu’il en soit, relativiser.

 

  Tout ça c’est pour dire que faire foirer sa vie, c’est en soi la vivre à fond, vouloir à tout prix bien faire ses choix devrait suivre vouloir à tout prix créer ses choix, enfin je ne suis qu’une gamine merdique qui lit trop et qui vit amplement, une quarantenaire mammectomisé et hysterectomisé, larguée par son mari,  un cathéter transperçant sa poitrine saurait mieux parler de l’embarras des choix.

 

*Homme c'est un être humain tout cour.

 

 

 

 

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07.11.2010

Les corsaires barbaresques

Alger, Tunis, Oran, Bougie et autres profs de moindre importance avaient attiré une foule d'aventuriers de tous pays qui mêlés aux Trucs, se livraient comme eux à la course en mer, à cause des bénéfices énormes que celle-ci leur procurait.

Les corsaires sur leurs navires à voiles ou à rames sillonnaient la Méditerranée et s'attaquaient de préférence aux bateaux isolés de moindre tonnage, inférieur en armements, dont ils s'emparaient à l'abordage.

S'ils ne rencontraient pas en mer une proie qui leur convint, ils n'hésitaient pas à opérer des descentes sur les côtes d'Italie, d'Espagne ou de Provence pour piller les villages et emmener leurs habitants en captivité. Ceux-ci ne pouvaient recouvrer leur liberté qu'en payant une raçon élevée.

Des corsaires d'origine chrétienne se faisaient musulmans et les plus intélligents d'entre eux accédaient aux plus hauts postes de l'Etat.

D'après P.Dan, Histoire de la Barbarie et de ses corsaires, ouvrage publié en 1637.

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01.11.2010

Audrey Pulvar contre Jean-Paul Guerlain

Il a dérapé, ce 15 octobre, Mr Guerlain, Mr Parfums, comme une personne qui ignore le pouvoir des médias, il a dérapé et Mme Pulvar, Mme Radio l'avait grillé comme une personne qui sait manier le pouvoir des médias:

L’arabe menteur, l’arabe voleur, le chinois travailleur mais sale, le juif cupide, la française sexuellement libre, le latino chaud lapin, la négresse panthère, la négresse lascive, le nègre danseur, le nègre rieur, le nègre footballeur, le nègre paresseux… strike !

En cherchant un peu, on pourrait en trouver d’autres, des idées à fournir à monsieur Jean-Paul Guerlain pour son petit précis de clichés racistes. C’est donc celui du nègre fainéant, bon à rien, qu’il aura choisi de nous servir, dans un silence sidérant, sur le plateau du 13 heures de France 2 vendredi dernier. « J’ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… ».

C’est la deuxième partie de la phrase, 13 mots, qui lui valent... quoi au juste ? On a bien cherché, on a bien attendu pendant tout le week-end, dans la bouche de tous ces responsables politiques, un début de condamnation, d’émoi, d’indignation. Seule Christine Lagarde a réagi. Pour les autres, on attend encore. En France, on peut donc prononcer des paroles racistes à une heure de grande écoute, sur un média national sans qu’aucune grande voix, politique, intellectuelle ou artistique ne s’en émeuve. Oh, les associations font leur job, qui menacent de porter plainte. Mais qui parle de racaille ? De scandale ? De honte ? D’obscénité ? De crachat ? Le crachat, que ce très distingué Monsieur Guerlain a jeté non seulement à la figure de tous les Noirs d’aujourd’hui, mais surtout, cher Monsieur Guerlain, sur la dépouille des millions de morts, à fond de cale, à fonds d’océan, déportés de leur terre natale vers le nouveau monde. Ces millions de personnes asservies, avilies, déshumanisées, pendant quatre siècles, réduites au rang de bras et de mains destinées aux champs de coton, aux champs de canne, à la morsure du fouet ou celle du molosse, tous ces esclaves, vendus comme une force de... travail ! Pas des hommes, non, ni des pères, ni des mères à qui l’on arrachait leurs enfants pour en faire d’autres bêtes de sommes, pas des humains, mais des outils, du matériel. Des marchandises.

Cher monsieur Guerlain, vous dont l’un des parfums suffisait, à lui seul, à rassurer l’enfant que j’étais quand sa mère s’absentait, vous dont le nom m’a accompagnée, de mère en fille, de sœur en sœur, aussi loin que remontent mes souvenirs et dont je ne pourrai plus, jamais, porter la moindre fragrance, moi négresse, je vous relis, je vous dédie ces quelques lignes, signées Aimé Césaire :

« Vibre… vibre essence même de l’ombre, en aile en gosier, c’est à forces de périr, le mot nègre, sorti tout armé du hurlement d’une fleur vénéneuse, le mot nègre, tout pouacre de parasites… le mot nègre, tout plein de brigands qui rôdent, de mères qui crient, d’enfants qui pleurent, le mot nègre, un grésillement de chairs qui brûlent, âcre et de corne, le mot nègre, comme le soleil qui saigne de la griffe, sur le trottoir des nuages, le mot nègre, comme le dernier rire vêlé de l’innocence, entre les crocs du tigre, et comme le mot soleil est un claquement de balle, et comme le mot nuit, un taffetas qu’on déchire… le mot nègre, dru savez-vous, du tonnerre d’un été que s’arrogent des libertés incrédules ». Aimé Césaire qui, à l’insulte, répondit aussi un jour : « Eh bien le nègre, il t’emmerde ! ».


Elle s'appelle Doris

Elle chante, elle danse, elle sourit, elle joue, belle, blonde, drôle, douce, elle s'appelle Doris Day, une femme d'une autre époque, une femme divine.

 

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podcastPerhaps, Perhaps, Perhaps


podcastQue Sera Sera


podcastFly Me To Moon 


podcastDream A Little Dream Of Me

 

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28.10.2010

Gymnopedie

Avant de dormir, parce qu'il faut que je dorme, et que demain sera un autre jour, et demain sera plein, plein de choses, bonnes et mauvaises, importantes, insignifiantes, et demain ne viendra pas tant que je ne dors pas, mais avant, juste avant de fermer les yeux j'ai pensé à des choses, où trouver de la farine de maïs pour préparer des tacos, les bougies dans une boutique vaudou de la Nouvelle-Orléans, au film que je viens de voir au Palace de l'Avenue, aux femmes qui protestent seins nus en Ukraine, à mes bébés de bactéries et aux danseurs nus de Sparte!

J'ai la tête qui tourne à force de voguer dans l'espace et dans le temps, j'écoute la Gymnopedie n1 de Satie, je me trompe les neurones dans cette délicieuse plénitude qui nous envahi juste avant de dormir, il est minuit à Tunis et je dors chez les Spartes au V e siécle avant J.C.


podcast Eric SATIE, Gymnopedie n1

24.10.2010

"Faire le coq"; "faire la poule"... De l’homme à l’animal, il n’y a qu’un pas !

 

« Pour éprouver [sa femme] un mari s'écria

La nuit étant près d'elle : « O dieux ! Qu’est-ce cela ?                

Je n'en puis plus ; on me déchire ;

Quoi j'accouche d'un œuf ! » - «  D'un œuf ? »

- « Oui, le voilà Frais et nouveau pondu.Gardez-vous bien de le dire :

On m'appellerait poule. Enfin n'en parlez pas. »                                    

Jean de La Fontaine,  Fables.

 

 

         « Le Corbeau et le Renard », « la Cigale et la Fourmi », « Le Lièvre et la Tortue »… Qui ne se souvient des fables de La Fontaine ? On les a apprises à l’école et on les a récitées avec de grands gestes théâtraux. Elles font partie de nos premières découvertes littéraires. Mais est-ce uniquement une affaire de littérature ?

 

         Depuis les premiers fabulistes : Esope, Phèdre, Pidpaë ou La Fontaine, la fable a résisté au temps. Appartenant à la littérature moraliste soucieuse d’étudier les caractères humains, de mettre en valeur les qualités et de critiquer les défauts, ce genre littéraire a prouvé qu’il ne se démode pas, l’homme étant le même depuis la nuit des temps : un être doté d’une part de grandeur ainsi que d’une part de misère, capable du meilleur comme du pire.

 

 

         L’animal pensant…

 

         L’une des particularités  de la fable c’est  qu’elle établit un parallèle entre l’être humain et d’autres êtres vivants végétaux ou animaux. La similitude entre l’homme et l’animal a été exploitée par les fabulistes qui l’ont trouvée d’autant plus intéressante que les caractères des uns se perçoivent aisément chez les autres. Autre particularité de la fable, c’est qu’on n’y trouve pas un cadre spatio-temporel précis, ce qui signifie qu’elle nous présente un message atemporel, une vérité d’ordre général qui se confirme à chaque instant. Il est vrai d’ailleurs que le parallèle entre la société animale et la société humaine est plus que jamais d’actualité.

 

         Ce parallèle s’observe et se confirme sans cesse tous les jours dans la société, au niveau des rapports humains. Ainsi, par exemple, il y a les « lions » : forts, courageux, entreprenants, chasseurs et prestigieux. Il y a aussi les « renards » : fins, rusés, subtiles et vivaces. Il y a encore les « hérissons » : prévoyants, méfiants, prudents et opiniâtres. Il y a enfin les « caméléons » : changeants, versatiles, inconstants et lunatiques. Les rapports entre ces animaux pensants obéissent souvent à une seule loi : la loi de la jungle qui donne raison au plus fort. Mais, dans tout cela, qu’en est-il des rapports entre les hommes et les femmes ?

 

 

         Une logique de basse-cour…

 

         Ce qu’on remarque dans la relation entre les deux sexes, c’est qu’elle est souvent très proche de ce qu’on peut observer dans un poulailler. En effet, hormis quelques exceptions, l’homme dans la relation de couple a généralement tendance à «  faire le coq ». Il aime bien s’afficher au premier plan, parader en public, exhibant avec un orgueil démesuré sa crête, attribut incontestable de sa virilité. Il tient particulièrement à se montrer important et irremplaçable pour la bonne marche du foyer (pardon…du poulailler !). C’est à lui que reviennent les décisions importantes et il a le dernier mot en tout car c’est lui qui tient le gouvernail de l’arche familiale.

 

         Dans son ombre se tient la poule, tapie en silence, contemplant d’un œil crédule, attendri et impressionné la parade du coq, persuadée au fond ou en apparence que la supériorité du mâle est dans la nature même des choses. Elle se complaît dans son rôle de femelle aimante et résignée, cultivant encore plus l’orgueil viril et le confortant dans ses certitudes narcissiques. En tant que mères (« poules » bien entendu) leur rôle est de perpétuer scrupuleusement cette tradition ancestrale de l’hégémonie du mâle et de la sujétion de la femelle.

 

 

         Révolte au poulailler…

 

         Cet ordre des choses est resté longtemps imperturbable, jusqu’au jour où quelques femmes ne se sont plus senties satisfaites de « faire la poule » et se sont mises à convoiter, totalement ou partiellement, la place du coq ou du moins à vouloir participer à la parade. En réalité elles ne sont plus tellement persuadées de leur infériorité, du fait qu’elles ont enfin réalisé qu’à leur tour elles peuvent avoir leur mot à dire, qu’elles ne manquent ni d’intelligence ni de courage et qu’elles participent de plus en plus activement aux intérêts économiques et financiers du foyer. Elles se sont aperçues même qu’en ceci elles sont de véritables… « poules aux œufs d’or ».

 

         Ce qui s’en est suivi ?... Une vraie querelle de « basse-cour »… Se sentant voler la vedette, les coqs se sont révoltés et ont déclaré la guerre. Ils ont exprimé leur hostilité, leur agressivité et leur rancune sans ménagement. Le machisme masculin se fait en effet sentir continuellement, à chaque instant de la vie quotidienne : les « poules » au volant sont une vraie calamité ; elles sont responsables de la plupart des accidents de la route ; elles sont voleuses d’emploi, inefficaces au travail, lentes, indécises, mauvaises mères…bref, elles seraient tellement mieux chez elles ! Entendez : au fin fond du poulailler! Et là encore qu'elles se gardent surtout de vouloir "faire le coq"!!!

 

         La trahison…

 

         La réaction masculine n’est pas étonnante en soi ni totalement incompréhensible, dans la mesure où ce n’est jamais facile, surtout pour un coq, de devoir céder ses avantages et perdre du terrain…

 

          Mais ce qui est vraiment ahurissant c’est de voir la réaction de certaines autres poules qui, au lieu d’encourager leurs congénères avant-gardistes et de voir en elles l’espoir de briser enfin les tabous et les préjugés et la possibilité de sortir de leur torpeur et de leur rang de subalternes, se mettent au contraire à leur mettre des bâtons dans les « pattes », en s’acharnant sur celles qui n’ont pas voulu faire comme tout le monde et qui ont préféré essayer de nouveaux sentiers. Elles vont même jusqu’à soutenir et encourager la cruauté des coqs, mues par cet instinct qui pousse les volailles de basse-cour à achever l’une d’entre elles aussitôt qu’elle est blessée.

         Ce comportement est d’autant plus absurde et navrant qu’elles en font autant avec celui-là même parmi les coqs qui serait tenté de reconnaître « les droits de la poule » et l’égalité des sexes. Car, en fait, il aura cessé d’être à leurs yeux le mâle, le maître absolu du poulailler. Et  du moment qu’il ne correspond plus au schéma auquel elles ont été habituées, elles ne le trouvent plus digne de respect… Comme quoi, les poules sont les premières responsables de leur malheur ; elles sont leur propre bourreau…

 

         Or aujourd'hui, avec le retour en force d'un esprit obscur et rétrograde qui s'appuie essentiellement sur la soumission de la femme à la supériorité consacrée du mâle et qui tire sa légitimité d'une certaine lecture du texte religieux, l'on est en droit de se poser la question de savoir si une société moderne et avancée, apte à faire de la haute voltige peut se construire sur une mentalité de basse-cour…

Sana MAHJOUB 

 PS: Mme MAHJOUB était ma prof de français au lycée.

 

21.10.2010

Les Adieux efflanqués!

Tout avait commencé tout bonnement avec une dispute, c’était pourtant habituel, tous les jours presque, ces disputes étaient un quotidien, mais ce jour là  c'était bien différent !

Ils criaient, lui assit derrière son bureau, au grand building de la rue Takhassosy, elle sur le bord du  lit, sur le bord des larmes, sur le bord d’un autre continent, l’heure n’est pas la même, le temps n’est pas le même, chez elle il pleut, chez lui le soleil brisé sur les vitres entourait son visage d’une nimbe de lumière, et pourtant ils se disputaient !

A peine sa première phrase prononcée ;

-         * Tu ne m’as pas écris, je t’attendais tout le weekend !

Sa voix explosât dans un tonnerre d’insultes.

-          *J’ai lu tes messages, bordel de merde ! ça ne m’a pas plu, tu gardes ce même foutu ton mesquin qui m’énerve !

-          *Qu’est ce que tu veux que je fasse, tu me manques trop !

-          *Tu veux que je te dise, ne m’appelles plus !

-          *Mais comment est ce possible !! Qu’est ce qui ne va pas, pourquoi tu t’énerves à ce point !

-          *Tu es insupportable !

-          *Je me sens mal, comme une mouche qu’on chasse !

-          *Bein oui, peut être ! une mouche !

-          *Je dois raccrocher, ça brule dans ma cuisine, ça brule aussi dans mon cœur !

-          *Ok

-          *Ok !! Adieu alors ?

-          *Adieu.

 

C’était le dernier mot, comme ça, bêtement, quarante milles ans de langage humain, pour ne dire que ce mot efflanqué à la fin  « adieu ».

Nom d’un chien personne n’a pu trouver un autre mot capable de coroner efficacement un moment pareil !

C'était vraiment le dernier mot!

Elle est vite revenue à la cuisine, son couscous avait le goût fumé, sa tête aussi, elle souriait, personne ne pouvait voir l’immense effort qu’elle faisait pour empêcher la première larme de couler, sa première larme qui sort toujours de son œil gauche, et qui une fois dehors entrainera des flots de petites gouttes salées qui enflammeront ses joues pâles !

Inlassablement elle se répétait en silence un petit verset du coran, elle n’était pas si pieuse que ça pourrait paraitre, mais cette phrase avait sa magie,  « Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l'évocation d'Allah. N'est-ce point par l'évocation d'Allah que se tranquillisent les cœurs? » (Sourate Le tonnerre/ verset 28)

Et son cœur fut tranquille, jusqu’au soir.

 

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14.10.2010

Zeitgeist

Au début, j’ai vu la série The Signs sur le net, composée de 50 épisodes, auteur(s) anonyme(s), année de réalisation inconnue, mais The Signs lève soit disant le voile sur des sujets tel que les sociétés secrètes, l’existence du diable, les Illuminatis, les Francs Maçons, les techniques de propagande et de contrôle de la pensée, le sionisme et ainsi de suite.

 

Ensuite Sana m’a proposé The Zeitgeist the movie, un documentaire de Peter Joseph réalisé en 2007, j’ai donc regardé, en gros The Signs est une aberrante adaptation des idées de Peter Joseph, les réalisateurs de The Signs ont maniés les preuves pour montrer que l'Islam est la meilleur solution pour s'échapper aux complots mondiales, ils ont mélanger le réel à l'imaginaire dans le simple but de manipuler la pensée d'une certaine catégorie de spectateurs spécialement prédisposés à se faire arnaquer.

 

Au départ Signs m’est apparue bien intéressante ensuite j'ai senti quelque chose de pas authentique, une sorte de feinte, une forme de charabia, mal cohérente et morcelée, il se peut que Signs soit une plagiat de Zeitgeist, il se peut aussi que Peter Joseph soit le maître de la supercherie, dans tous les cas, l'importance d'accorder un droit d'auteur à chaque œuvre est une protection pour le consommateur avant le producteur! 

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04.10.2010

Hommage à La Mort


podcastTaps, USAF Heritage of America Band


podcastAmaizing Grace, en cornemuse


podcastMiserere d'Allegri, Mozart


podcastRequiem Lacrymosa, Mozart


podcastMarche Funèbre, Chopin


podcastLa Jeune Fille et La Mort, Schubert

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28.09.2010

Douleur pure

Depuis une heure, j'essaye d'écrire jusqu'à la fin de la ligne, j'insiste, je presse la tête pour accoucher ses mots, parce que ça me travaille, jusqu'à l'épuisement, je veux écrire, je n'ai pas le choix, peut être cette douleur sera moins forte à la fin, peut être sortir les mots va l'apaiser!

J'ai mal, ce soir comme jamais, cette douleur, on appelle ça avoir le coeur brisé, la douleur est tellement intense que ça empêche presque de respirer, je me demandais si elle s'arrêtera jamais!

Ma gorge est serrée, j'ai une boule dans l'oesophage on dirait cette même "petite alvéole de douleur située dans le pouce battait à l'unisson de mon pouls, comme une sorte d'horloge organique égrenant les secondes de ma mortalité..." La vie aux aguets, William Boyd

Ça pourrait avoir l'air d'un évènement banal, pour certains, ou d'un vrai bonheur pour d'autres, pour moi c'est une lame enfoncée dans mon dos, dans une autre planète, avec des différentes perceptions ça pourrait ne pas m'affecter à ce point, mais sur cette foutue chère planète Terre où on vit tous, je craignais ce jour depuis des mois, quand j'y pense je pique une crise, j'oublie parfois, et quand ça me revient, ça me secoue. 

Pourquoi Terre avais tu tourné dans ce sens et pas dans l'autre??!!

Aujourd'hui, c'est arrivé, et comme si les mois que j'ai passé à essayer de me préparer n'ont jamais existé, je reçois la nouvelle avec un coeur épuisé, des yeux secs, et des fourmis dans le dos, et ma gorge qui me tue, cette douleur aiguë qui va et vient à son rythme, mon corps chavire et se détache de mon contrôle.

Je ne suis pas triste, je ne suis pas en colère, j'ai juste lamentablement très mal, après quelque paragraphes je suis encore incapable d'écrire ce mal qui fait le bonheur d'une autre personne qui fait mon bonheur, je ne fais que le décrire sans le citer, j'ai peur en lisant de m'écrouler dans une sorte de gouffre sans fin avec son image dans mes yeux, gravée, abjectement adorable, et cette sensation folle d'amour et de haine que seul un humain authentique puisse éprouver envers un congénère!

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27.09.2010

Des étoiles

Estrellas De Fania, Hector Lavoe, Adalberto Santiago, Ismael Miranda
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  Fania All Stars

 

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09.09.2010

K310

La K310, ce n'est pas une référence d'un Sony Ericsson, c'est la sonate pour piano n°8 de Mozart, son premier mouvement est plus attachant que le reste, une sonate sombre, imbibée de deuil, de souvenirs de sa mère, riche en mélodies, simple et interminable, paisible dans son affolement.

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01.09.2010

RESPIRATION

 

 

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Le Vent, Claude Théberge

 

Les femmes et les hommes ne perçoivent pas le monde de la même manière.

Pour la plupart des hommes, les événements évoluent de manière linéaire.

Les femmes, par contre, peuvent concevoir le monde dans sa forme ondulatoire. Probablement parce qu'elles ont tous les mois la preuve que ce qui se construit peut se déconstruire et se reconstruire ensuite à nouveau, elles perçoivent l'univers comme une pulsation permanente.

Inconsciemment est inscrit dans leur corps ce secret fondamental: tout ce qui grandit finit par diminuer, tout ce qui monte finit par descendre. Tout « respire» et il ne faut pas avoir peur que l'expiration succède à l'inspiration. La pire chose serait de vouloir retenir sa respiration ou de la bloquer. Ce serait l'étouffement assuré.

Les récentes découvertes en astronomie montrent de même que notre univers issu du big-bang et qu'on a toujours perçu comme un univers en expansion permanente pourrait lui aussi se concentrer jusqu'à un big-crunch, sorte de concentration maximale de la matière, débouchant peut-être à nouveau sur... un deuxième big-bang. Même l'univers dans ce cas « respirerait ».

Edmond Wells,

Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, tome IV.

 

30.08.2010

L'Enfer

Une réflexion assez marrante s'est faite circuler sur le net, "L'enfer est il exothermique ou endothermique", c'est soi-disant la réponse d'un étudiant en chimie dans une université du monde, à une question bonus d'un examen de chimie, je l'ai apprécié je la partage tel que je l'ai lu. 

 

golconde.jpg

 

René Magritte, Golconde

 

L'enfer est il exothermique ou endothermique:

La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle (si un gaz se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes. Cependant, cet étudiant eut la réponse suivante...

Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l'enfer avec le temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l'enfer. Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu'une fois entrés en enfer, les âmes n'en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.

De même pour le calcul du nombre d'entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd'hui. La plupart de ces religions affirment que si vous n'êtes pas membre de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe plus d'une religion exprimant cette règle, et comme les gens n'appartiennent pas à plus d'une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer...

Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l'enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l'enfer doit se dilater proportionnellement à l'entrée des âmes ». Par Conséquent cela donne deux possibilités:


1) si l'enfer se dilate à une moindre vitesse que l'entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu'à ce que l'enfer éclate.

2) si l'enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d'entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu'à ce que l'enfer gèle.

Laquelle choisir ?
Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m'ayant affirmé durant ma première année d'étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte du fait que j'ai couché avec elle la nuit dernière, alors l'hypothèse doit être vraie.

Ainsi, je suis sûr que l'enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette théorie c'est que comme l'enfer a déjà gelé, il s'ensuit qu'il n'accepte plus aucune âme et du coup qu'il n'existe plus... Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l'existence d'un Être divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n'arrêtait pas de crier "Oh.... mon Dieu !...."

 

 

 

 

 

20.08.2010

O'Brother, Where Art Thou?


o_brother_p.jpg

Un film outrageusement drôle, attachant dès la première scène, un décor irrésistible, un enchaînement d’aventures délirantes, des personnages épinglants!

Ulysse, Tommy Johnson, George Baby Face Nelson, Le Diable, Les sirènes, Ku Klux Klan, l’ironie de l’inspiration homérique.

Un humour implicite débridant, posément cynique sans sarcasme!

Une bande sonore somptueuse, alternant les fragiles mélodies de l’harmonica et les coups secs scintillants des guitares country, la joviale voix noire et suave du gospel, du blues et du folk !

« 1/Big Rock Candy Mountain, 2/I’Am A Man Of Constant Sorrow, 3/Hard Time Killing Floor Blues, 4/Didn’t Leave Nobody But The Baby, 5/You Are My Sun Shine, 6/Po Lazarus, »

La subtilité de l’esprit récurrent des Frères Coen s’impose majestueusement, comme une empreinte insaisissable, leurs touche esthétique unique, cet arrière goût théâtrale, O’Brother, le premier épisode de la trilogie des imbéciles est par excellence un film bêtement sagace !


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16.08.2010

Des origines...


berbere.jpgMon nom de famille fait partie d’une douzaines de noms qui dérivent tous du même ancêtre, un marabout, Sidi El’ Bachir, ce saint marabout s’est installé avec sa femme dans une vallée du côté du barrage de Joumine (qui figurait sur les billets de cinq dinars jusqu’à 1993) pas loin de Béja, et leurs progéniture s’est éparpillée dans tout le pays, j’ai oublié quand est ce que ce couple saint avait quitté Bejaïa pour venir vivre à Béja.

Bejaïa est l’une des plus anciennes villes d’Algérie, une ville millénaire qui a porté autrefois les noms de Vaga, un terme libyco-berbère, c’est d’ailleurs la plus grande ville de Kabylie, et elle porte le nom de petite Kabylie.

Cette grande famille des Béjaoui avait la tradition de s’interféconder, pas de conjoints en dehors de la famille, jusqu’à la deuxième moitie du XX e siècle, ce qui a assuré en l’occurrence une préservation des caractères spécifiques de cette mini-population.

Dans la fin des années 70, mon père brisa la règle comme plusieurs Béjaoui de la même génération, et épousa ma mère, elle aussi une berbère mais qui appartient à la très grande tribu des Nefzaouas un groupe de Berbères Zénètes qui étaient des nomades et desquels dérivait probablement le fameux Tariq ibn Ziyad, selon Ibn Khaldoun, ce même Tariq auquel le Gibraltar doit le nom !

Ces tribus de berbères nomades et sédentaires sont les premiers occupants de cette grande Ifriqiya, le grand Maghreb d’aujourd’hui.

Je vais pas en faire un cours d’histoire, j’essaye justement de trouver mes repères, et de savoir enfin pourquoi je ne ressemble pas aux Arabes, et pourquoi quand je ose dire que je ne le suis pas je risque de me voire traitée de tous les noms et accusée de traitrise !

Je ne descends pas d’une grande famille dont l’ancêtre était un conquistador arabe, je ne suis pas l’arrière arrière petite fille d’un aristocrate turc aux yeux bleus, je ne fais pas partie de la descendance d’un grand cheikh kairouanais de l’époque,  je ne suis pas le fruit d’une hybridation entre colon français et indigène tunisienne, je suis une berbère race pure, c’est une question d’origine non pas de religion.

Avant de passer à ma petite personne, je souhaite rectifier une information, nous ne savons peut être pas tous que Tunis doit son essor aux Almoahades puis aux Hafsides par la suite et qui sont tous des Berbères !

Étymologiquement le mot Tunis que beaucoup croient arabe dérivant du mot « Ons » et qui signifie presque ce qui enchante, qui rassure, est en réalité issu du mot « ens » qui en dialectes berbères, se définit comme  « se coucher » et par extension  un endroit où passer la nuit, puis grâce aux français, le pays devient Tunisie !

Maintenant je suis bien une berbère dans un pays qui porte un nom berbère !

Et le fait de me voir classée en berbère et non arabe, n’est ni un mépris envers ce qui est Arabe (c’est ma culture, ma langue, ma religion), ni une fierté de ce qui est Berbère (moi et l’univers domestique de la femme Kabyle et l’idéal féminin qui dépendait de la fécondité ??!!!!).

Toute cette réflexion m’a permis de définir mes grands traits de caractère qui font de moi la femme que je suis,  la plupart des tunisiens souffre de ce mal identitaire, on nous dit depuis la petite enfance que nous sommes arabes et on grandit avec la grave évidence de ne pas l’être, jusqu’à ce qu’on réalise par nous même que ce n’est pas un pêché d’être autre chose !

Il m’a suffit d’assumer ma spécificité, l’authenticité de cette identité, pour forger résolument ma conscience, j’ai réalisé qu’arrêter de ressembler à autre chose que moi, va me permettre une émancipation totale.

Décidemment Je suis une femme, berbère, monothéiste, musulmane peu pratiquante, pseudolaïque, rebelle, citoyenne du monde sans à avoir me déplacer, par dessus tout une femme libre.

L'Homme Libre, l'emblème des Amazigh, je comprend pourquoi cette obsession qui marque toute leur culture, ce besoin vicéral, cet acharnement bestiole à préserver de toute leur force cette valeur, la liberté pour un berbère est l'essence même de son existence.

Etre alaise avec ce que je suis est un bon début pour que les autres qui me trouvent différente se trouvent alaises avec moi.

Photo: Lehnert ET Landrock.

15.08.2010

Il y'a nous...

 

 

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Nina Simone chante Ne me quittes pas, cette reprise fabuleuse, ce français brisé, ce coeur qui refuse de se briser, cette voix qui dégage quelque chose d'indéfinissable, qui nous trompe dans un désarroi idéal, on l'aime ou pas??!

Mon amie Sana dit : “ça me rappelle l’escalier de la fac et nos polémiques... Marcel Khalifa, Naseer Chamma, Brel, Nina Simone, John Lee Hooker, Massive Attac, Jay Jay Johanson, Virgin Suicides, L'amour au temps du choléra, Cent ans de solitude, L'étranger, Les mains sales, L’affaire palestinienne,... Le Che, Fidel, la philosophie, la littérature, Camus, Sartre, De Beauvoir, le théâtre, les dogmes des religions, la manipulation, la politique, la psychologie, la poésie... le monde ... et j’en passe”.

Pour moi c'était Aznavour, Piaf, Buena Vista, la Hadhra, Bouchnak, Fayrouz, Mozart, Amine Maalouf, Ahlem Mustaghanmi, Kasr Achawk, Mein Kumpf, Shanghai Baby, Le vieil homme et la mer, chkobba et rami, les petits repas dans les frigoverres, la blouse blanche, Bourguiba, Harry Potter, les JCC, La coupe du monde du Handball, Gandhi, Le seigneur des Anneaux, les petits amours avant le grand, le métro, le premier iPhone, les illusions, le cancer du sein, l'environnement, la salsa et la vie continue!!

Sana: “on parlait de tout et de rien...et c'était trop beau”

Moi: “c'était l'époque de la métamorphose de nos consciences! personne ne se rendait compte que le chemin vers la lumière est plus beau que la lumière elle même.”

Nejma intervient: “et puis il y'a les autres et il ya nous et ces questions qui nous hantaient et ses réponses qui s'évaporent et tardent à donner du sens et à ma fin de journée.. du thé.. ali avec son sourire.. et à Chaouachin ça repart.. des châteaux de sables qui grandissent.. de l'impossible qui devient un jeu d'enfant.. de la tragédie qui devient dérisoire. et un sourire d'enfant qui renait!

 

Ça nous prend, cet air de Nina qui chante Brel, chacun dévoile un côté de cette mémoire culturelle collective, tunisienne par excellence. Ce terrible mélange hétéroclyte, cette diversité hallucinante, ce petit pays en mosaique.

 

 

22:01 Publié dans Musique | Commentaires (2)

26.07.2010

Lux Aeterna


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Les Sept Oeuvres de Miséricorde, Le caravage 1607


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Lux Aeterna, lumiére éternelle, un morceau sublime, le moins qu'on puisse dire, divin, fascinant sensationnel, composé par Clint Mansell, un compositeur britannique agé de quarante sept ans, l'ingéniosité de cet air figure dans la force avec laquelle il évoque à la fois la paix qui émane d'une certaine lumiére céleste et l'insoutenable terreur dantesque de l'Apocalypse!

On dirait un défilé animé des plus belles oeuvres du Caravage, un réalisme brutal, un sens aigu du contraste sombre lumineux, on voit presque les ombres et les halos du firmament tous réunis dans une minuscule pièce!

Lux Aeterna, un coeur qui bat à se rompre, un vrai requiem pour la vie!


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Banksy, Un Maître des Temps Modernes

 

Banksy est un artiste graffitiste britannique, sa vraie identité est inconnue, Banksy est son pseudonyme.
Son œuvre est souvent des pièces satiriques sur la politique, la culture et l'éthique, et qui associe graffiti écrit avec une technique de pochoir distinctive, exécuté la nuit sur les murs des grandes villes à travers le monde, Sydney, Paris, La Nouvelle-Orléans, Los Angeles, Toronto et la Cisjordanie.
Ses graffitis sont souvent éffacés ou détruits, et parfois ses pièces peuvent côuter plus de cent mille dollars, comme celui acheté par Christina Aguilera.
Dans ce cas elles sont retirées de la rue et revendus par des tiers - Banksy ne vend pas son art.

Amazing Graffiti by Banksy close to the Roundhouse - Camden Town, London.jpg

Près du Roundhouse - Camden Town, Londre
Banksy graffiti - Jerusalem.jpg
Sur le Mur de séparation à Jérusalem
Banksy Graffiti (Park Street) Close shot.jpg
Sur le mur d'un immeuble à Park Street-Londre
Banksy graffiti at the top end of Ladbroke Grove.jpg
Ladbroke Grove Notting Hill -Londre
Banksy Graffiti, Brooklyn.jpg
Mur à Brooklyn
Banksy in SF on Clarion Alley.jpg
Clarion Alley-San Francisco Graffiti art Tel-Aviv #13 Banksy Tel-Aviv.jpg
Tel-Aviv
Latest Banksy's graffiti in London. Bethnal Green, Tower Hamlets.jpg
Bethnal Green, Tower Hamlets-Londre
london graffiti banksy graffiti remover leake st cans festival.jpg
Leake Street (Banksy Tunnel)-Londrebanksy-bethlehem-graffiti.jpg
Beetlahm
banksy-soldiers.jpg
Beetlahm
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L'espoir selon Banksy

 

 

 

 

 

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