29.08.2011

Le corps est maître

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Le corps possède une mémoire infaillible, on ne le réalise que lorsqu’on le met à l’épreuve, ce corps ! Je suis un corps de femme, il est possible que pour les hommes ça ne sera guère la même chose.

Quand une femme succombe au plaisir cinglant de fondre dans le corps d’un inconnu, un homme d’un autre monde, d’une autre dimension, un homme qui se manifeste comme son idéal physique, et qui au comble de sa joie la désire, elle pense au départ que c’est une liaison passagère sans représailles. Puis à la fin du premier contact, elle devra se sentir sourde à ignorer ce que son corps raconte. Il a envie de reprendre, ce n’est pas une faim,  un désir à assouvir, même pas un fantasme ! C’est même curieux de se rendre compte qu’on cherche son « corps frères » plus que son  « âme sœurs ». 

Trouver cette personne que l’on croit inexistante, cet homme qui te touche pour la première fois et semble avoir appris par cœur comment parler à ton corps, ce personnage sorti tout juste d’un Arlequin en feu est tout bonnement le seul à connaître la carte au trésor de ton corps comme on se balade chez soi !

Tu le consommes jusqu’à l’épuisement,  tu l’observes et tu l’admires à en tomber malade, puis tu retournes dans ton monde ravie d’avoir prouvé à toi-même que la Nature a bel et bien crée les corps en paires, qu’elle les a mélangé et qu’on est là pour tirer de l’urne les deux boules de la même couleur. Tu retournes dans ton monde abattue pour avoir laisser filer ta boule entre les doigts. Tu oublis mais le corps n’oublis jamais ! Tu n’es pas amoureuse, mais ton corps est devenu ton maître !

L’enfer c’est quand tu te donnes à un autre, amoureux, amant ou aventure, ton fantôme d’inconnu familier rejaillit, tu repenses à ses gestes, sa manière d’être, ses odeurs, ses chuchotements et tout son festival ! Un inconnu familier qui te fait jouir à travers tes souvenirs ! Et l’autre te dégoute, tu continue en priant pour dépasser la puissante emprise de ton corps frère ! Douloureux comme une jambe amputée qu’on continu à sentir ! Tes rapports avec les autres ne font que raviver tes folies ! Tu le veux cet homme plus que la vie, ton corps le veut et tu dois obéir !

Photo: Détail de "Le Rapt de Proserpine" (1621-1622) Le Bernin, Galerie Borghès à Rome. Existe t-il un crops plus en détresse que celui de Perséphone entre les mains de Hades???

 

09.07.2011

Embrouillée

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Juliette, Paris 2001. © Willy Ronis, Rapho Eyedea


Je n'ai pas écris depuis des mois! Pourtant bien inspirée, le gôut de dévoiler mes sauts d'humeur et mes coups de coeur m'a échappé! Je me renferme, je réflechi! La vie, notre vie ou la mienne, devrait avoir un sens! Loin de moi les réflexions utopiquement raisonnables je suis une femme passionnée et c'est là tout mon malheur!

Je me sens disloquée désorbitée déphasée du reste de l'humanité! Mon coeur mon corps et ma tête voguent chacun dans son univers lointain! Fallait il tout bonnement que l'on naisse avec un cerveau!

J'écoute Tracy Chapman, comme pour la première fois, outre son sourire mystérieux, ce personnage m'impressionne, réussir à ce point à garder cette apparence dimorphique, comme un véritable ange, ni mâle ni femelle! Elle a réussit à extrapoler mes idées figées sur la différence entre les sexes! 

Tracy m'arrache à mes rêves d'avoir une âme d'homme, rien que pour cesser de désirer des hommes inaccessibles, croyant que j'aurais plus de chance à tenter avec les femmes! Enfin je me vois, en connaissance de cause plus ouverte sur l'espèce "mâle"! Je ne réussis toujours pas à comprendre ma petite personne pour aller m'aventurer sur un champ de mines! 

Les hommes est une espèce à part entière qui a le mérite d'être élementaire, les hommes sont "vrais"! George Sand avait une éloquence qui me dépasse; "Le vrai est trop simple, il faut y arriver toujours par le compliqué" D'ailleur je pense même que ce terme affolant a été crée pour et par les femmes!

Inutile de me relire, ça crêve les yeux!


podcastBaby Can I Hold You

28.10.2010

Gymnopedie

Avant de dormir, parce qu'il faut que je dorme, et que demain sera un autre jour, et demain sera plein, plein de choses, bonnes et mauvaises, importantes, insignifiantes, et demain ne viendra pas tant que je ne dors pas, mais avant, juste avant de fermer les yeux j'ai pensé à des choses, où trouver de la farine de maïs pour préparer des tacos, les bougies dans une boutique vaudou de la Nouvelle-Orléans, au film que je viens de voir au Palace de l'Avenue, aux femmes qui protestent seins nus en Ukraine, à mes bébés de bactéries et aux danseurs nus de Sparte!

J'ai la tête qui tourne à force de voguer dans l'espace et dans le temps, j'écoute la Gymnopedie n1 de Satie, je me trompe les neurones dans cette délicieuse plénitude qui nous envahi juste avant de dormir, il est minuit à Tunis et je dors chez les Spartes au V e siécle avant J.C.


podcast Eric SATIE, Gymnopedie n1

01.09.2010

RESPIRATION

 

 

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Le Vent, Claude Théberge

 

Les femmes et les hommes ne perçoivent pas le monde de la même manière.

Pour la plupart des hommes, les événements évoluent de manière linéaire.

Les femmes, par contre, peuvent concevoir le monde dans sa forme ondulatoire. Probablement parce qu'elles ont tous les mois la preuve que ce qui se construit peut se déconstruire et se reconstruire ensuite à nouveau, elles perçoivent l'univers comme une pulsation permanente.

Inconsciemment est inscrit dans leur corps ce secret fondamental: tout ce qui grandit finit par diminuer, tout ce qui monte finit par descendre. Tout « respire» et il ne faut pas avoir peur que l'expiration succède à l'inspiration. La pire chose serait de vouloir retenir sa respiration ou de la bloquer. Ce serait l'étouffement assuré.

Les récentes découvertes en astronomie montrent de même que notre univers issu du big-bang et qu'on a toujours perçu comme un univers en expansion permanente pourrait lui aussi se concentrer jusqu'à un big-crunch, sorte de concentration maximale de la matière, débouchant peut-être à nouveau sur... un deuxième big-bang. Même l'univers dans ce cas « respirerait ».

Edmond Wells,

Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, tome IV.