Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Au rythme de mon coeur

  • Trois minutes à Shiraz, une nuit à Kigali un barbu et moi!

    Il faudra que je vous parle du Rwanda pas seulement parce que j'avais rencontré mon chèri à Kigali, je me préparais pour un aller retour Riyadh ce matin là quand on m'a appelé du bureau, changement de cap tu dormiras à Kigali ce soir j'ai jeté quelque vêtement léger dans ma valise et sauté vers le terminal technique!

    A l'intérieur de l'avion on rencontre notre capitaine et son copilote, on se présente puis chacun s'occupe de ses moutons; un visage familier était là à part celui de la chef de cabine une mauricienne malicieuse, le copilote un barbu au visage enfantin il souriait chaleureusement avec une expression de "on-se-connaît-déja" j'ai hoché ma tête en signe d'affirmation! l'équipage était sympathique, quelque part au dessus de l'Afrique j'ai revu mon copilote barbu il souriait encore de la même façon, autant lui répondre, oui ce fut à Shiraz il y'a cinq jours, "ah tu m'as serré la main à la sortie du cockpit c'est vrai!" je me rappelle de lui un iranien pure souche, des yeux très tendres qui pètent le feux et un sourire confident et délicieux, l'on se sent dans l'immediat dans une atmosphére amicale, "tu as des plans pour Kigali?" me demanda-t-il!

    Oui, toujours là ou je vais je sors découvrir la ville! J'ai envie d'aller voir le mémorium du génocide du Rwanda, puis aller diner! "ça sonne bon on y va ensemble!" et il fait un clin des deux yeux au même temps super rigolot! 

    Dans le bus vers l'hôtel il s'assoit dans le siége devant moi, il tourne toutes les trois secondes pour parler et puis il arrache le repos-tête ridicule pour voir mon visage, je mentirai si je dis que la personne ne m'a pas attiré, mais je mentirai aussi si je dis qu'à ce moment de la journée je savais que j'avais l'homme qui sera ma moitié en face de moi! On arrive à l'hôtel, tout le monde décide de sortir, euh à part la fille indienne (les indiens ne sort jamais en découchés, ils restent dans leurs chambres et économisent leur argent)!

    On a couru vers nos chambres changer, puis on s'est divisé sur deux taxis, le capitaine la japonaise la chinoise et la serbe ensemble, moi la mauricienne et le barbu ensemble, je pense souvent si à ce moment là les chosent se passaient encore d'une façon aléatoire ou est ce que une volenté invisible guide nos choix!!!

    Il n'a pas cessé de parler avec moi, politique, histoire du pays, paysage, beau temps et boissons! à l'arrivé devant le mémorium j'étais totalement absorbée par l'atmosphère africaine sobre verte et incroyablement propre comme on en ne vois jamais sur ce continent, Le lendemain vers l'aéroport notre bus fut arrêté par une patrouille de police, le chauffeur a presenté une autorisation de conduire, c'était l'un de ces samedi sans voitures où tous les citoyens s'acharnent à nettoyer la ville, pour effacer l'odeur de la mort pensa à haute voix le barbu! Une prise de conscience qui a valu à Kigali le titre de la capitale la plus propre d'Afrique!

    A la réception j'ai souris à la vue des africains, je lui ai dis, j'adore ces gens et il a souris moi aussi! ce "moi aussi" sera desormais l'expression la plus utilisée entre moi et cet homme tout au long du séjour! A chaque fois on se parle deux trois trucs s'avérent partagés, vécus, appréciés, désirés,  detestés ou même inconsciemment sentis de la même façon! Amusant au départ, bisarre après pour finir par être hallucinant et attrayant!

    On a loué un guide audio pour notre tour, inutile de dire que le reste des filles n'étaient même pas intéressées de faire le tour du lieu, c'est en général un comportement commun de la part des hôtesses, accro au shopping et clubs de nuits, rien au monde n'attire leur attention!

    Je me suis trouvée alors en compagnie d'un homme mignon très confortablement rapprochés et les blagues et histoires n'en finissent jamais!

    Le mémorium est un endroit lugubre, établi en l'honneur de ceux qui on succombé à la folie meurtirère du génocide des hutus et tutsis, à l'intérieur on réalise terrifié l'ampleur du massacre, la profonde abomination de cet acte de folie soudaine, ce fut comme si un jour l'enfer s'est ouvert sur terre et le diable en personne se baladant dans les rues s'amuse à tester ses pouvoirs là où tous les dieux de tous les temps semblent ignorer l'existance! 

    Mes pieds ne pouvaient plus me soutenir; il était juste à côté dans un état pareil d'hébétude, il tourne en rond ne savant plus sortir ou finir ou me consoler, à l'extérieur l'air frais de l'après midi et la lumière dorée sur les collines vertes inspirent quiétitude et paix, je me suis jetée sur une chaise à la terrasse, terrassée par les photos et informations lui debout en face me regardant avec compassion! 

    J'ai besoin d'un verre, dis je, je veux juste en finir avec ça! il me prend en promenade dans le jardin, il me prend en photo et il dit "regardes toi briller au milieux des roses!!" je n'avais rien compris à cette phrase pourtant simple, mon cerveau refuse toujours d'admettre que quelqu'un puisse m'admirer simplement et le dire simplement! 

    Notre chauffeur nos propose un saut à l'hotel des Milles Collines ou Hotel Rwanda selon le film de Terry George de 2004 relatant l'histoire réelle de Paul Rusesabagina le proprio, à l'hôtel on regardait ensemble la piscine du balcon de la terrasse quand le chauffeur nous raconte que durant le génocide des gens venaient boire de cette piscine jusqu'à l'épuiser, on s'est regardé pour nous réchaffer des yeux de ces informations glaciales, là j'insiste pour qu'on aille manger et boire, je fredonne Video Games quand il passe à coté, "Merde tu connais ça aussi!!! je l'adore!" 

    Devant l'entrée de l'hotel on prenait des photos, j'ignore totalement comment je me suis trouvée bras dessus bras dessous avec lui à prendre une photo avec son mobile! C'était extrêmement naturel comme de vieux copains! 

    On marchant vers le restaurant Chez Robert dans la même rue, on continuait nos blagues et j'aimais ça, il me faisait sourire sans trop d'effort j'aimais ça, il est adorable et j'aimais ça! Encore une photo!

    Une bière pour lui une bière pour moi, une Primus locale bien frappée en attendant le buffet, le capitaine indonésien musulman s'enfoui vers l'hôtel la bouffe n'est pas halal! Lui et moi semblent très heureux de nous débarasser de cet homme trop sérieux pour une telle atmosphère!

    Le temps passait doucement comme un rêve pimenté au pili-pili! Assis face à moi il étalait devant moi notre complicté naissante de nulle part et l'évidnece qui se découvre aux yeux trop curieux de ma chef de cabine qui me chuchote quand je lui allumait une cigarette! Allumes le allumes le! Mais qui??? L'iranien barbu au visage enfantin! Mais pourquoi? Mais oui c'est vrai tu as raison je l'aime bien lui!

    Je me léve pour me resservir il se léve aussi, la bouffe c'est une de mes passions, pour lui aussi ma foi!!!

    Il dépose son plateau m'enléve le mien, m'invite à danser, une accolade imperceptible qui m'a totalement frisé, euh comment danser cet air de zouk très sensuel, ces mains chaudes et généreuses et cette profonde confiance qui se faufile de ne je sais d'où! 

    Tous bascule dans ma tête, le temps la nuit tombée les autres et tout ce que je crois et je sens! Je n'avais plus d'yeux que pour lui et lui pour moi et ça chauffe trop et les autres s'amusent à nous voir succomber à une sorte de délicieuse découverte de nous même avec nous même! 

    On retrouve nos chauffeurs avec le capitaine en moins! La mauricienne et moi étaient les seules à parler français, les rwandais sont moitié francophones moitié anglophones, et elle a décidé qu'on se sépare elle et moi pour cette raison; elle a pris les filles et je suis allée avec le barbu, en négociant le prix du taxi avec le chauffeur, je me suis trouvée avec une main serrant la mienne très doucement, la première étreinte délibérée, mon coeur chavire!

    Dans le taxi je me suis soumise à un bras autour de mon cou et des lévres caressant ma nuque et le flot des mots d'Alex notre chauffeur se heurte à notre soudaine chaleur qui ne cesse de monter, j'étais pourtant trop passive, et il était encore encore très tôt dans le soir! 

    Je voulais un thè quand on est arrivé à notre hôtel, il me massait les épaules et c'était très relaxant, il m'invite pour un thé dans sa chambre et là j'ai paniqué, et je me suis rappelé de ce que disait une copine à moi! Pas au lit le premier soir!!! Comment résister? Qui saura si je le reverrais encore une fois? 

    Il faut que j'aille dans ma chambre j'ai besoin de me changer.... ! lui dis je en omettant le dernier mot "les idées" il a paniqué, cru que je lui roule un lapin, "Je viens avec toi!" Non vas y prépare nous le thè je me change et je viens! j'ai couru dans ma chambre décidant de pas y retourner!!!

    Un quart d'heure après je me suis trouvée dans la chambre du barbu, buvant du thé ma tête sur ses genoux à regarder CNN et parler des islamistes! 

    Des mois plu-tard on retourne au souvenir de cette nuit à Kigali, il disait que quand on s'est carressé des mains à la sortie de Chez Robert il a su que ça ne va pas finir au Rwanda! Sincérement je n'en sais rien jusqu'aujourd'hui, ni comment ça va finir ni même si ça finira un jour! 

  • Le corps est maître

    Bernini-Persephone-detail-723246.jpg

     

      

    Le corps possède une mémoire infaillible, on ne le réalise que lorsqu’on le met à l’épreuve, ce corps ! Je suis un corps de femme, il est possible que pour les hommes ça ne sera guère la même chose.

    Quand une femme succombe au plaisir cinglant de fondre dans le corps d’un inconnu, un homme d’un autre monde, d’une autre dimension, un homme qui se manifeste comme son idéal physique, et qui au comble de sa joie la désire, elle pense au départ que c’est une liaison passagère sans représailles. Puis à la fin du premier contact, elle devra se sentir sourde à ignorer ce que son corps raconte. Il a envie de reprendre, ce n’est pas une faim,  un désir à assouvir, même pas un fantasme ! C’est même curieux de se rendre compte qu’on cherche son « corps frères » plus que son  « âme sœurs ». 

    Trouver cette personne que l’on croit inexistante, cet homme qui te touche pour la première fois et semble avoir appris par cœur comment parler à ton corps, ce personnage sorti tout juste d’un Arlequin en feu est tout bonnement le seul à connaître la carte au trésor de ton corps comme on se balade chez soi !

    Tu le consommes jusqu’à l’épuisement,  tu l’observes et tu l’admires à en tomber malade, puis tu retournes dans ton monde ravie d’avoir prouvé à toi-même que la Nature a bel et bien crée les corps en paires, qu’elle les a mélangé et qu’on est là pour tirer de l’urne les deux boules de la même couleur. Tu retournes dans ton monde abattue pour avoir laisser filer ta boule entre les doigts. Tu oublis mais le corps n’oublis jamais ! Tu n’es pas amoureuse, mais ton corps est devenu ton maître !

    L’enfer c’est quand tu te donnes à un autre, amoureux, amant ou aventure, ton fantôme d’inconnu familier rejaillit, tu repenses à ses gestes, sa manière d’être, ses odeurs, ses chuchotements et tout son festival ! Un inconnu familier qui te fait jouir à travers tes souvenirs ! Et l’autre te dégoute, tu continue en priant pour dépasser la puissante emprise de ton corps frère ! Douloureux comme une jambe amputée qu’on continu à sentir ! Tes rapports avec les autres ne font que raviver tes folies ! Tu le veux cet homme plus que la vie, ton corps le veut et tu dois obéir !

    Photo: Détail de "Le Rapt de Proserpine" (1621-1622) Le Bernin, Galerie Borghès à Rome. Existe t-il un crops plus en détresse que celui de Perséphone entre les mains de Hades???

     

  • Embrouillée

    73474.jpg

    Juliette, Paris 2001. © Willy Ronis, Rapho Eyedea


    Je n'ai pas écris depuis des mois! Pourtant bien inspirée, le gôut de dévoiler mes sauts d'humeur et mes coups de coeur m'a échappé! Je me renferme, je réflechi! La vie, notre vie ou la mienne, devrait avoir un sens! Loin de moi les réflexions utopiquement raisonnables je suis une femme passionnée et c'est là tout mon malheur!

    Je me sens disloquée désorbitée déphasée du reste de l'humanité! Mon coeur mon corps et ma tête voguent chacun dans son univers lointain! Fallait il tout bonnement que l'on naisse avec un cerveau!

    J'écoute Tracy Chapman, comme pour la première fois, outre son sourire mystérieux, ce personnage m'impressionne, réussir à ce point à garder cette apparence dimorphique, comme un véritable ange, ni mâle ni femelle! Elle a réussit à extrapoler mes idées figées sur la différence entre les sexes! 

    Tracy m'arrache à mes rêves d'avoir une âme d'homme, rien que pour cesser de désirer des hommes inaccessibles, croyant que j'aurais plus de chance à tenter avec les femmes! Enfin je me vois, en connaissance de cause plus ouverte sur l'espèce "mâle"! Je ne réussis toujours pas à comprendre ma petite personne pour aller m'aventurer sur un champ de mines! 

    Les hommes est une espèce à part entière qui a le mérite d'être élementaire, les hommes sont "vrais"! George Sand avait une éloquence qui me dépasse; "Le vrai est trop simple, il faut y arriver toujours par le compliqué" D'ailleur je pense même que ce terme affolant a été crée pour et par les femmes!

    Inutile de me relire, ça crêve les yeux!


    podcastBaby Can I Hold You

  • Gymnopedie

    Avant de dormir, parce qu'il faut que je dorme, et que demain sera un autre jour, et demain sera plein, plein de choses, bonnes et mauvaises, importantes, insignifiantes, et demain ne viendra pas tant que je ne dors pas, mais avant, juste avant de fermer les yeux j'ai pensé à des choses, où trouver de la farine de maïs pour préparer des tacos, les bougies dans une boutique vaudou de la Nouvelle-Orléans, au film que je viens de voir au Palace de l'Avenue, aux femmes qui protestent seins nus en Ukraine, à mes bébés de bactéries et aux danseurs nus de Sparte!

    J'ai la tête qui tourne à force de voguer dans l'espace et dans le temps, j'écoute la Gymnopedie n1 de Satie, je me trompe les neurones dans cette délicieuse plénitude qui nous envahi juste avant de dormir, il est minuit à Tunis et je dors chez les Spartes au V e siécle avant J.C.


    podcast Eric SATIE, Gymnopedie n1

  • RESPIRATION

     

     

    Le_Vent.jpg

    Le Vent, Claude Théberge

     

    Les femmes et les hommes ne perçoivent pas le monde de la même manière.

    Pour la plupart des hommes, les événements évoluent de manière linéaire.

    Les femmes, par contre, peuvent concevoir le monde dans sa forme ondulatoire. Probablement parce qu'elles ont tous les mois la preuve que ce qui se construit peut se déconstruire et se reconstruire ensuite à nouveau, elles perçoivent l'univers comme une pulsation permanente.

    Inconsciemment est inscrit dans leur corps ce secret fondamental: tout ce qui grandit finit par diminuer, tout ce qui monte finit par descendre. Tout « respire» et il ne faut pas avoir peur que l'expiration succède à l'inspiration. La pire chose serait de vouloir retenir sa respiration ou de la bloquer. Ce serait l'étouffement assuré.

    Les récentes découvertes en astronomie montrent de même que notre univers issu du big-bang et qu'on a toujours perçu comme un univers en expansion permanente pourrait lui aussi se concentrer jusqu'à un big-crunch, sorte de concentration maximale de la matière, débouchant peut-être à nouveau sur... un deuxième big-bang. Même l'univers dans ce cas « respirerait ».

    Edmond Wells,

    Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, tome IV.