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Au fil du temps

  • Une route à Bangkok

    Très tôt le matin dans un bus sur une route embouteillée de Bangkok, le ciel vêtu de nuages couleur bleu gris, le conduit de climatisation souffle au-dessus de ma tête un air sec et glacial, et le frisson au long de ma colonne vertébrale. Tout me file une drôle d'impression d'hiver, ça projette de ma mémoire les souvenirs de matinées nuageuses et fraîches oû aller au lycée n'avait plus qu'un seul sens: échapper à la froideur de la maison, de maman qui déprime et du frigo vide.

    Ce matin je me demande à quoi donc m'échapper en faisant ce boulot; à mon être qui déprime ou à ma vie qui se fait vide. Qu'est-ce que je fais ici à Bangkok très loin de chez moi qui apparemment n'existe plus.

    A force de voyager en paquet postal j'ai perdu le sens de la pesanteur, je suis en état d'omni flottance indéterminée, le seul clou qui me retient sur terrain ferme est cette imbécile joie que de me trouver à côté de mon barbu, pour une seconde j'aurais l'air d'une romantique obsédée mais honnêtement qu'est ce que le monde sans ceux qu'on aime.

    J'attends la fin de cette route embouteillée de cette Bangkok à la matinée nuageuse faussement hibernale purement tropicale, peut être j'arriverai jusqu'au bout de ma route à moi et trouver ma vocation.

     

     

  • Amour et tarte aux pommes

    Mon chouchou fête son anniversaire seul à Trivandrum, une ville au sud-ouest de l'Inde, travail oblige il opére ce vol depuis Doha puis il part pour une découchée inutile, je n'ai pas réussi à avoir un siége sur ce vol, alors je suis ici il est la bas!

    Le matin c'est notre moment préféré on se voit souvent trés tôt après un long vol, demain il passera me voir, je lui prépare une tarte aux pommes cannelle et noix de pékan!

    Sincérement je m'y mette avec un grand plaisir, je n'aime pas trop la pâtisserie mais il me file l'envie de revoir mes préférances, il suffit de voir comment il mange ma bouffe, une pure récompense pour l'effort et le temps passé à la cuisine, ici à Doha où il fait souvent 45°c et plus cuisiner n'est pas une tache facile quand on n'a pas la clim à la cuisine!

    Ma recette n'est pas totalement la mienne mais avec la pratique on apprend à raffiner ses dosages et affiner sa garniture;

    Pour la pâte brisée 200g de farine et 100g de beurre adouci à température ambiante à malaxer à la main jusqu'à en faire une texture sableuse effritée, une pincée de sel et 3 cuilléres d'eau la pâte se rassemble et gagne sa forme homogéne douce et jaunâtre, on la laisser reposer pour une heure, on l'étale dans le moule et l'on met au four à température moyenne.

    Pour la créme j'ai décidé de procéder à l'ancienne, la créme à grandmère, mélanger deux jaunes d'oeufs et trois cuilléres de sucre, dans un autre récipient deux cuillères de farine et deux cuilléres d'amidon de maïs à mélanger dans un demi litre de lait froid; verser ce denier mélange sur le sucre-oeuf à travers un passoire ajouter une cuillère d'eau d'oranger (parfum tunisien par excellence), cuire à feu doux sans cesser de remuer, 

    On étale la crême on arrange les pommes coupées en fins morceaux les noix écrasées et on soupoudre de canelle, pour le galaçage on fait bouillir quatre cuilléres de confiture d'abricot dans un demi verre d'eau et on le verse sur les fruits et hop on a une tarte super bonne et le cheri est heureux pourtant la cuisson n'était pas parfaite.

     

  • Une vie nouvelle....

    J'ai un autre boulot maintenant: hôtesse de l'air à Qatar Airways avec un master en biochimie et une thése congelée, ce qui veut dire que j'ai quitté Tunis pour Doha, une ville du Golf sans identité peuplée majoritairement d'Indien venant de l'Inde; je ne vais pas en faire une longue histoire, je parts demain à Ankara, capitale de Turquie, je n'ai pas encore repris mon habitude de parler à mon blog muet, ni même à parler en français que j'ai quitté pour l'anglais, je vais donc faire court et dormir, reprendre dans deux jours avec des choses à raconter à propos d'Ankara, j'en ai des choses à dire de Nairobi, Dar Essalam et Stockholm, des choses qu'on voit, fait et vit en passant par une ville pour deux journées. Y'en a des lecteurs qui trouveront ça intéressant, je reviendrais cette semaine.

  • Independance Day


    Dreaming of citizenship, dreaming of national pride, dreaming of freedom of thoughts, dreaming of progress and shine, 56 of Independence Days and four generations carrying the same dreams! Wish I could say Happy Day Tunisia, just bleeding love.

  • Joyeux Noël

     

     

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    Dans l'air il y'a un petit parfum de fêtes, pourtant ici Noël n'existe pas réellement, le parfum se dégage des émissions télé européennes, des publicités dans les magasines, de quelque boutiques dans les centres commerciaux, du temps qui se refroidit, des souvenirs d'antan qui n'ont jamais réellement existé.

    A Tunis on ne fête pas Noël mais sa magie nous touche, nous un peuple fêtard, une grande nation qui se plonge dans la merde jusqu'au cou, on fait la fête, Grand Aid, Petit Aid, Ramadan, Achoura, Mouled, le nouvel ans arabe, puis la rentrée scolaire, le week-end, le bac, le derby de la capitale, l'anniversaire de rencontre, l'anniversaire du chien, puis nos fêtes ne suffisaient plus, on va pas se tuer, on invente des fêtes, on pique chez les voisins, Saint Sylvestre, l'épiphanie, Saint Valentin, la fête des femmes, des arbres, des reins, l'arrivée du printemps, le premier de Mouharram (le nouvel ans juif qui se fête à Testour), puis Noël, et c'est ce que j'aime le plus, moi une fille qui hais les fêtes je trouve Noël la fête la plus magique qu'il en soit.

    Dans nos livres, nos jouets, comptines, napperons, animés, Noël a fait partie de notre enfance discrètement.

     La vendeuse d'allumettes, La Magie de Noël, Le Drôle de Noël de Scrooge, Home Alone, mais surtout la musique; Carol Of Bells ou encore, Jungle Bells, Marry Christmas, Deck The halls, White Christmas  La meilleure est celle de Benjamin Britten, A Ceremony Of Bells  l’opus 28, chorale, 12 mouvements, mes préférés; This Little Babe, As Dew in April et  Spring Carol.

     
    podcastJungle Bells


    podcast As Dew in April


    podcastThis Little Babe


    podcastSpring Carol


    podcastDeck The halls

     

     

     

  • Spleen

    J'ai la grippe, mon nez coule, à force de me moucher je risque de l'arracher ce nez de clown! 

    Je hais la grippe, c'est fou comme on se sent misérable, et c'est fou la grippe, c'est la seule maladie qui ne connait pas de limite, tous les humains contractent la grippe au moins une fois par ans!

    Je hais surtout quand je suis sur le point d'éternuer et que faute de préparation ça sort pas, puis quand ça reprend de plus belle, on a juste l'impression de propulser son cerveau en bouillon.

    C'est fou la grippe, c'est fou ce passage de Nouvelles Sous Ecstasy de Frederic Beigbeder, je me sens juste droguée, attardée sociale, ou dois je simplement avouer que cet homme me manque tout bonnement, non oui non oui non....  ce soir à Tunis seule chez moi, j'attend le plombier pour ma cuisinière et mes lèvres gercées comme de la terre remuée, ce soir moi j'ai le goût de spleen


    Spleen à l'aéroportde Roissy-Charles-de-Gaulle

     

    "T'as gobé ? T'as gobé ? Tagobétagobétagobé ? Qui êtes-vous ? Pourquoi on se parle à deux centimètres du visage ? Est-il exact que vous avez lu mon dernier livre ? Pouvez-vous me garantir que je ne RÊVE pas ? Est-il possible d'avoir une aussi jolie bouche de couleur rouge ? Est-il RAISONNABLE d'être aussi mignonne, d'avoir vingt et un ans et un tee-shirt taille XXXS ? Réalisez vous le risque que vous prenez en me faisant des compliments avec des yeux aussi bleus ? Pourquoi je moitise ma main dans la vôtre ? Pourquoi vos genoux me donnent-ils envie d'inventer des verbes transitifs ? Et d'abord quelle heure est-il ? Comment vous appelez-tu ? Est-ce que tu voulez m'épouser ? Pourrais-tu me dire où nous sommes en ce moment ? C'est quoi le Car-en-Sac que tu as mis sur nos langues ? Pourquoi ces rayons lasers cisaillent-ils une nappe d'air liquide ? Pour qui sont ces magnums de Champagne qui sifflent sur nos têtes ? Au bout de combien de temps on regrette d'être venu au monde ? Tu sais que t'as de beaux yeux tu sais ? Pourquoi pleurez-vous ? Quand est-ce que tu m'embrasses ? Voulez-vous une autre vodka ? Quand est-ce qu'on se réembrâsse ? Pourquoi ne dansez-vous plus ? Qui sont tous ces gens ? Tes amis ou mes ennemis ? Tu veux enlever ton pull s'il vous plaît ? Tu veux combien d'enfants ? Quels sont vos prénoms favoris ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Si on sortait prendre l'air ? On est déjà dehors ? On va chez toi ou chez moi ? Si j'appelais un taxi ? Tu préfères marcher ? Pourquoi remonter l'avenue des Champs-Elysées ? Est-il sérieux d'enlever ses mocassins pour marcher sur du goudron ? Peut-on faire chauffer une cuillère sur la tombe du Soldat Inconnu ? Tu as un petit ami ? Pourquoi je pense la même chose que toi ? Tuc onnais beaucoup de gens qui prononcent les mêmes mots au même moment ? Que fait ce flic à nous regarder fixement ? Pourquoi toutes ces voitures tournent-elles autour de l'Arc deTriomphe ? Pourquoi ne rentrent-ils pas chez eux ? Et nous ? Pourquoi ne rentrons-nous pas chez nous ? Combien de temps allons-nous rester là, assis sur le parvis de l'Étoile, à nous rouler des pelles par deux degrés centigrades au lieu de faire l'amour dans un lit comme tout le monde ?

     

    Est-ce que tu déprimes autant que moi dans les aéroports ? Ne trouves-tu pas qu'il y a une poésie dans ces lieux de passage ? Une mélancolie des départs ? Un lyrisme des retrouvailles? Une densité dans l'air chargé d'émotions climatisées ? Combien de temps dure la descente ? Notre amour survivrait-il sans vacances chimiques ? Quand donc cesserons-nous de nous taire en regardant le jour se lever dans cette cafétéria vide ? Pourquoi tous les Relais H restent-ils fermés et les jeux vidéo éteints ? Envies-tu ces cadres moyens qui attendent leur vol dans des antichambres dallées de linoléum, avachis sur des sofas orange, en buvant du café instantané ? Que faut-il penser de ce douanier à mauvaise haleine, de ce technicien de surface qui traîne une bruyante poubelle à roulettes, de ces clodos qui ronflent sur des banquettes en plastique mauve ? Que veulent-ils nous dire ? Qu'il n'y a plus de fuite possible ? Qu'on ne pourra jamais s'évader de soi-même ? Que les voyages ne mènent nulle part ? Qu'il faut être en vacances toute la vie ou pas du tout ? Pourrais-tu lâcher ma main s'il te plaît ? Ne sens-tu pas comme j'ai besoin d'être seul au milieu de ces bagages abandonnés ? Serait-il possible de se quitter sans trop souffrir, même devant la publicité « Envy » de Gucci ? Et tandis que nous regardions, les yeux embués, s'envoler les 747, je ne pouvais m'empêcher de me poser une dernière question : pourquoi ne sommes-nous pas à bord ?"

     

     Frederic Beigbeder

     

     

     

  • I'm a fool

     J'ai reçu un mail, d'une belle personne que je n'ai connu que peu et que j'ai perdu depuis trois ans, c'est incroyable, que ce genre de chose puisse encore m'arriver, j'ai cessé pourtant de croire aux miracles, aux contes de fées, aux belles fins, aux sentiments intenses, aux choses précieuses qui échappent à la main fatale du temps assassin, un petit mail, quelques mots, "you still a part of me... i still think of you, i still miss you", un petit mail du fin fond de ma mémoire!

     J'ai l'impression délicieuse de remonter dans le temps, de revivre la sensation délicieuse d'avoir le coeur léger, j'avais envie de répondre que j'ai fait un très mauvais choix, que peu après l'avoir perdu, je me suis perdue dans une intense histoire digne d'une comédie dramatique, et que peu après la fin débile de cette histoire, un personnage refait surface de ma mémoire, peut être que la vie me rappelle qui j'étais vraiment et qui je suis devenue maintenant!

     J'ai toujours cru aux signes, c'est bête d'y tourner le dos!

     J'avais envie de raconter pleins d'histoires, je ne pouvais que dire "Baby I'm a fool who thinks it's cool to fall in love".


    podcastMelody Gardot, Baby I'm a fool