Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Sur la grande muraille

    Photo0920.jpg


    Shanghai, le nom à lui seul suffit à vous faire rêver, sans même être sûr que le nom évoque la Chine dans sa majesté impériale ou bien celle de cette délicieuse empreinte cosmopolite du colonialisme révolu. Shanghai on ne sait jamais à quoi ça ressemble jusqu'à ce qu'on y mette les pieds. Et Shanghai serai pour moi demain.

    Pékin fut différent, j'y suis arrivée une nuit d'été où tout enveloppé dans un voile noire ponctué de lumière. Je n'arrivais pas à dormir à cause du décalage horaire et très tôt le matin je suis allée au parc à côté de l'hôtel. Il fut très calme la brume enveloppe la ville Et malgré les embouteillages qui naissent dans les rues qui l'entoure, Le parc semble flotter au-dessus de la ville. Les arbres typiques de l’Asie, saule pleureur et ginkgo biloba, les arbres vous feront penser aux peintures chinoises et livres de fables là où une princesse peut naître des gouttes d'eau sur une feuille de lotus, une beauté simple. La brise caresse les arbres et les arbres éternuent leur pollen et pétales l'air se rempli de particules très légères comme les aigrettes de pissenlit, ou comme des flocons minuscule de neige fraiche, ce silence et l'absence de gravité me soulage les nerfs tendus, je m'allongea sur un banc et je ferme les yeux je suis un pissenlit je suis si légère si vide et l'âme du dragon m'absorbe.

    Une lucidité soudaine me transperce" Je suis vraiment très loin de chez moi", j'avais pensé à ce livre de Paul French: Midnight in Peking! De quel Peking parle t-il!!

    Le parc se rempli de monde, des retraités pour la plupart, ces gens qui n'arrivent plus à dormir tard le matin à force de se réveiller tôt tous les jours depuis trente ans, alors ces gens se rassemblent en petit groupe, une personne qui semble en savoir plus que les autres enchaine une chorégraphie de mouvements méthodiques comme si on se bat avec le dragon en mode ralenti, quelqu'un m'a dit après c'est du Tai Chi.

    Un groupe de vieil hommes se rassemblent autour d'un fontaine, chacun avec une ou deux boites couverte en tissu bleu, ils accrochent les boites sur dans les branches d'arbres et enlévent la couverture, à ma surprise c'était simplement des cages à oiseaux, on a tous droit à sa promenade matinale même les oiseaux en captivité!!

    Dans cette enveloppe silencieuse qui engloutisse le parc et qui semble s'étendre jusqu'au chiens qui n'aboient pas et aux enfants qui ne crient pas seuls les oiseaux ont le droit du veto, leurs chants déchire le silence et la brume!

    Plus proche de mon banc une autre personne décide de briser cette atmosphère incroyable de fables chinois, un vieillard déjanté avec un walkman-cassette un sac en plastique et presque plus de dents, il chante enregistre sa voix dans son gadget et puis rembobiné et écoute son chant, il avait l'air amusée, je m'assoit à côté de lui il m'allume une cigarette, il me met une vieille chanson d'opéra chinoise et il m'explique en chinois que la musique est une langue universelle! 

    Je retourne à l'hôtel pour mon rendez-vous de neuf heures, j'avais engagé un chauffeur privé pour me rendre à la grande muraille. Je me suis endormie sur la banquette arrière. La ville avait disparue quand je me suis assoupie et j'avais une voix dans ma tête me disait "Et si on te kidnappe, enlève tes organes internes et t'enterre! Et si on te vend pour concubine à un riche chinois!' Et tu la ferme et me laisse dormir"

    Quand je me suis réveillée des montagnes aux sommets bombés vert se défilent des deux côtés de la route. On arrive devant le site, une sensation de petitesse et de solitude m'envahissent, une pente aigue, une muraille qui serpente à droite et à gauche elle suit les points les plus élevés de sorte que au-delà du mur l'on ne voit rien, elle s'étend vers l'infini, disparaisse au brouillard avec la montagne, c'est comme un dragon endormit, la majesté c'est le premier mot qui me vient en esprit, rien d'autre ne mieux décrire cette vue grandiose et mystique comme un fable chinois!

    La section Mutianyu de la grande muraille est apparemment moins visitée à Pékin du coups il y en exactement le bon nombre de touriste qu'il faut pour admirer la vue se déplacer prendre des photos sans être étouffer par les gens autour.

    Pour monter il y'a deux moyens, un téléphérique qui n'a rien d'un téléphérique à par la fonction, au faite c'est la même banquette attrape-fesse des stations de ski, sauf qu'ici si on perd son équilibre il n'y aura pas de neige pour le recevoir, mais les branches des arbres et les roches, l'autre moyen c'est escalader le sentier piéton. Pour contrainte de temps seulement et pas parce qu'on m'a appris la paresse dans ce boulot j'avais opté pour le machin-attrape-fesse made in China qui m'a déposé saine et sauve en haut malgré qu'il craquait sous mon poids!

    En haut c'est autre histoire, ce n'est plus la somptueuse muraille de Chine mais une route qui s'élève de part et d'haute vers l'infini, et sur laquelle l'imagination fleurisse, me voilà sur la muraille, arpentant pentes et escaliers cliquant des photos admirant la vue, une pensée m'amuse, devant moi s'étend la Chine l'énormissime Chine du milliard et quelques millions d'êtres humains, de l'autre côté devrait être la Mongolie, sauf que ce n'est plus, et ce milliard de chinois un jour heureux avaient décidé de pousser la frontière au-delà de la muraille pour conquérir du territoire! Ça aurait dû être plus excitant de se trouver physiquement sur la frontière de deux pays, l'un de ces rares endroits du monde où la géographie devient plus tangible et regagne une forme, comme passer Le pont du Bosphore, Le Gibraltar, Le cercle polaire ou même Nanyuki à La vallée du Rift où passe l'équateur! 

    Je crève des endroits "géomagiques"! Et Shanghai serai pour moi demain!