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Sept jours en Egypte

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Première semaine de mars, ne savant pas ou aller (à force de voyager autour de la planète); mon barbu et moi avions pioché dans nos "bucket list", comme on a piqué Zanzibar la fois d'avant de ma liste à moi, et parce que l'égalité est notre soucis, on a choisi l'Egypte de sa liste, lui jeune homme fêtard pétant l'énergie pensa à Sharm El Sheikh, à la plongée et aux fêtes moussante la nuit, moi j'avais la tête tournée vers les pyramides, on a donc parti pour un pays plus instable que le mien.

On a atterri au Caire vers cinq heure de l'après midi, notre avion pour le sud de Sinai décollera à huit heure, heureux d'embrasser notre première narguilé égyptienne, nous avions couru vers la sortie, à la douane grande surprise, mon passeport tunisien ne me permet pas d'entrer l'Egypte sans visa, pourtant à l'aeroport on m'a confirmé le contraire.

ATTENTION tunisiens pas d'entrer en Egypte sans visa. On m'a entrainé dans les coulisses de l'aeroport délabré du Caire d'un bureau à un autre, d'un officier à un autre plus richement décoré, jusqu'au dernier qui passe un coups de fils direct à "Maali Lzawir" Monsieur le ministre en personne, qui lui a autorisé à me donner un laisser passer, l'officier me questionne, flirtant discrétement et fumant des cigarettes puantes.

A la sortie des gens nous entourent proposant toute sorte de service, j'ai paniqué encore plus et mon barbu très occupé à chercher un endroit pour fumer sa shisha, j'ai craqué!

Au cafe shisha il a payé 50 pounds pour du thé et une shisha, puis 50 pourboire au serveur et encore 20 au mec qui fait les shisha, ce qui m'enerva encore plus au point de lui interdire la gestion du budget, on Egypte les gens n'ont pas de scrupule, tout est payant jusqu'au mot bonjour.

C'est tout ce que j'ai vu du Caire en deux heures, on été plus que ravi de quitter vers notre Sinai isolée, on est arrivé la nuit, mon choux a su choisir l'hôtel, le Hilton Dreams est le meilleur deal, emplacement parfait, rapport qualité prix super et ambiance chaleureuse!

Pour 100$ la chambre double en nuité LPD, il y'avait du monde et le temps du début d'été, simplement idéal. Notre premier jour à la plage fut une déception pour moi, pour être honnête et objective; des îles Maldives à Zanzibar à l'eau verte du golf aux plages de l'Inde et du Sri Lanka, rien ne vaut Mamoura, Djerba ou Kelibia, rien ne ressemble aux plages tunisiennes, au sable blanc et fin, à l'eau cristalline et à la temperature idéale sans requins ni créatures mortelles, on ne reconnaît la valeur de ce qu'on avait que quand on ne l'a plus; plus ou moins ça.

Bref la plage était médiocre, seule l'ambiance du désert et la majesté de Sinai avec ses pics aigus couleur chocolat donnaient à la mer un goût de fraîcheur sauvage. J'ai arrêté de rêver de la Tunisie sur le territoire égyptien à côté d'un barbu en feu, il n'arrêtait pas de bouger ou boire la stella blonde locale ou sauter dans un banc attaché à un speed boat! Moi je pensais au patrimoine israélien et à ce village qui doit l'existence au meilleur ennemi des égyptiens et arabes tout court.

La nuit un saut dans un restaurant de la mer Chez Fares dans Il Mercato, même l'absence du vin ne nous a pas tourné la tête du délice pur d'un loup de mer frais grillé sur feu de bois. Mieux qu'un restaurant où des italiens y cuisinent c'est un restaurant où des italiens y mangent, ils étaient partout, bruyants comme des italiens mais surtout très connaisseurs comme des italiens, Chez Fares les italiens se plaisent et de même étions nous!

Je mentirai si je prétendrai ne pas rêver d'un verre de sauvignon blanc Sultan du domaine Kurubis bien frappée ou d'une coupe de sorbet citron acidulée arrosé de boukha, j'aime simplement cet art finesse de manger à la méditerranenne en Tunisie.

Comme toutes les villes au bord de la mer Sharm el Sheikh offre les mêmes activiés, mon chéri m'a défié d'aller faire de la plongée avec lui, une chose que je ne me suis jamais cru capable d'aborder, la mer me file la chair de poule pourtant je me suis lancée, on a bordé un bateau à la Jacques Yves Costeau avec une vingtaine de touristes, avec nos masques et nos palmes; je n'ai pas laché la main de notre coach, je me suis perdue dans ce monde sous marin bleu infini peuplé et vide. 

Une après midi quad dans le désert nous absorbe dans une sorte de majesté silencieuse inspirée par les gigantesques rochers d'une couleur rouge brun qui se contraste avec le ciel bleu mauve du crépuscule, l'odeur du thè bédouin et l'echo de nos voix qui se brisent sur les roches nous jettent sur les pas de Moise et ses commandements perdus, ce désert me semble être une porte entre deux mondes ou deux temps je n'en savais plus.

Le retour vers le Caire était mal plannifié, nous avions prévu un tour en bus vers le Caire mais les routes étaient coupées, en moins d'une heure nous avions reservé un hôtel à Zamalek, un guide et un chauffeur pour nous faire visiter les pyramides et le musée du Caire.

Le musée fut notre première escale dans cette matinée fraîche et venteuse de printemps, j'avais réussi à mettre mon barbu en feu pour Tutankhamun, je l'avais bombardé d'histoires de fouilles archéologiques de trèsor de malédiction et tout un monde magique, puis au musée le guide nous entraînait d'un hall à un autre, je voyais l'excitation grandissait dans les yeux de mon homme, une fois devant la pièce capitale, la chambre du rois, il vibrait comme un enfant, le trèsor fut fascinant, ce visage en or massif, ce sarcophage en or massif et tous le brouhaha du pharaon le plus controversé le plus fameux de l'Egypte. Ce musée a été victime de vandalisme durant la révolution de 2011, je me rappelle avoir pleuré comme j'avais pleuré pour le musée de Baghdad cinq ans plus tôt, un saccage du patrimoine mondial. Le musée du Caire est un endroit très mal entretenu qui abrite un trèsor digne du Louvre.

Les pyramides par contre étaient un symbole vivant de l'ingéniosité presque miraculeuse de ces Égyptiens d'il y'a cinq mille ans, et qui continuent à dominer ce desert presque intacts. Nous avions parcouru la vallée à dos de chameau, un voyage dans le temps en seulement une heure, le sphinx commence à apparaitre entre les dunes, mon sphinx derriére moi me demande comme un enfant de raconter une de ces histoires à la Lawrance d'arabie. 

La nuit tomba sur le Caire, le Nile dans sa course éternelle vers le nord me fait penser à Entebbe, au lac Victoria, aux gorilles de l'Uganda, à l'origine, au voyage de l'eau et de la vie du coeur de l'afrique noire qui se verse dans la mediterranné une autre dimension. Notre temps en Egypte ne nous permettra pas de fumer au café Fishawi ou de marcher à Khan Khalili ou de rendre hommage au Shah  Ali Reza Pahlavi enterré à la mosquée el Rifai, mais pour faire nos adieux à cette capitale fascinante, il m'invite à diner sur un bateau, nous avions gouté au rouge Omar khayam sur le pont du bateau, il faisait très froid, je me perds dans les eaux noires du fleuve et les lumières d'une ville qui a du mal à concilier son passé et son future. Il me réveille de ma rêverie avec un doux câlin et un "come baby we gonna miss the show" A l'intérieur, une danseuse de ventre vacille au rythme de la darbaka et un homme à la "tannoura" tourne son jupon à la derviche.

L'Egypte nourri et tue les rêves, fascine et répugne, t'attire dans un tourbillon de gens et d'histoire, stimule tes sens, t'arrache une promesse d'y retourner un jour, quand passant sur le pont Cobry 6 Octobre vers l'aeroport le Nile qui se réveille commence à te parler.

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