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  • Stockholm et les cerisiers non fleuris

    Je suis allée à Stockholm, enfin on m’a envoyé à Stockholm pour un peu moins de vingt-quatre heures, j’ai fait le vol avec une bonde de connasses, j’étais encore nouvelle, elles anciennes, du coup  je n’ai pas aimé les cinq heures que j’ai passé à bord à obéir leurs ordres impolies, bref au moment de toucher le territoire suédois j’avais une envie pressante de retourner chez moi à Doha, bon d’accord après quelques temps au Qatar j’ai fini par m’y habituer et j’ai trouvé quelques repères. Pour faire court,  je me suis trouvée à Stockholm un jeudi après-midi d'avril, et j’ai voulu visiter cette ville pour deux raisons : mon cousin et sa famille, Millenium.

    Je me suis trouvée à l’hôtel Sheraton là où Erica Berger et Michael Blomkvist allaient pour s’envoyer en l’air, de ma chambre j’avais cette vue sur le pont Vasabron qui mène directement à Gamla Stan la vielle ville, je regrette ne pas avoir fait le tour Millenium que l’hôtel même propose rien que parce que je ne le savais pas, super idiot non ? Le tour vous prendra de l’hotel jusqu’à Södermalm sur les pas des héros de la trilogie, un petit déjeuné chez Mellqvist Kaffebar et d’autres endroits clés de l’histoire. J’ai donc raté une bonne raison de faire ce vol.

    Mon cher cousin est arrivé à l’hôtel et la journée fût moins ratée, une promenade dans les ruelles pavées de Gamla Stan, il faisait très froid, presque10 degrées, enfin pour moi qui débarque de Doha là où il faisait 29 degrées ce fût très froid, on a marché trois bonnes heures, d’une fenêtre insignifiante du premier étage d’un bâtiment insignifiant dans une rue insignifiante j’ai remarqué un objet très signifiant pour moi : une cage de Sidi Bou Said ! Un objet artisanal typiquement tunisois au milieu de cette ambiance typiquement nordique, j’en étais ravie !

    Pour le reste  je n’ai fait que balayé les monuments des yeux, pas le temps de faire les touristes, on ne fait que passer par les villes c’est notre plus grosse déception dans ce boulot, Le Palais Royal ou Kungliga Slottet, Le parlement, Tyska kyrkan l’église allemande, Le musée Nobel … en moi montait une frustration amère, j’avais l’impression de tout rater, même l’envie de prendre des photos, j’enviais les groupes de chinois qui se baladaient à coté de nous, ils avaient ce dont je n’avais pas : le temps. 

    Mon cousin avait remarqué ma mauvaise humeur et me proposa d’aller manger, on a quitté Gamla Stan par Slottsbacken et le côté sud du Palais Royal, j’ai admiré les représentations magnifiques de L’Abduction de Perséphone faites pas Bouchadron,  on a l’impression de regarder la même statue à différents angles mais en réalité c’est quatre différentes sculptures, j’étais particulièrement amusée de les voir, depuis que j’ai découvert l’œuvre du Bernin le mythe me fascine continuellement, ces statues apparaissaient comme faites pour moi d’autant que je n’ai vu personne y accorder de l’attention.

    Nous avons marché jusqu’au Kungsträdgården, le jardin du roi, au milieu du parc une statue du roi Charles XIII entouré de quatre pots, par Erik Göthe, une autre qui représente le roi Karl XIII entouré de quatre lions, on m’a raconté que les suédois ont l’habitude de décrire les deux statues comme Un lion et quatre pots contre un pot et quatre lions, en référence au dernier roi guerrier de Suède Charles XIII contre Karl XIII le bon à rien. Les cerisiers n’étaient pas encore fleuris, ce qui fut pour moi une autre déception.

    On était pleins dans une discussion familiale avec mon cousin quand on s’est trouvé au croisement Olof Palmes Gata et Drottninggatan ou l’avenue de la reine, là où un idiot de terroriste s’est fait exploser vainement dans sa voiture minée au beau milieu des marchés de Noel, ne faisant aucune victime, moi je pensais plutôt à Olof Palmes et sa mort dans cette même rue, certains endroits ont justement une destinée lugubre sans raison apparente !

    J’avais envie de goûter une spécialité locale, mon cousin m’en a dissuadé disant qu’il n’y a pas de restaurant où l’en sert une bonne cuisine nordique, on a donc opté pour un tacos et une enchilada mexicains, mondialisation oblige !

    Tard dans l’après-midi alors que le soleil n’a pas encore commencé à disparaitre (à Doha à la même heure il aurait fait nuit), j’ai découvert un phénomène aberrant, toutes les boutiques ferment tôt, tout le monde rentre tôt, et à la tombée de la nuit la ville sera dépeuplée ! On a décidé de rentrer chez mon cousin, sa femme une kenyane de Mombassa qui fût adoptée par un couple kenyan-suédoise est une femme très amicale et attentionnée, différente du reste de la famille y compris mon propre oncle sa femme suédoise et son fils ainé, elle et mon cousin ont eu trois jolis enfants remplis d’énergie beaux métisses et  drôles, leurs maison de banlieue est pleine de vie, on a mangé un bon gâteau au beurre salé et bu le thé kenyan Kericho Gold qui ne me quitte plus depuis, on a parlé des heures de nos souvenirs de notre famille de fous furieux, de son père et ma mère qui ne se parlaient plus depuis des années, de cette habitude familiale de couper les ponts et de nos tentatives de renouer, de moi qui les a retrouvé grâce à facebook, d’eux qui étaient ravis de me répendre, on a dépassé les conneries de nos parents pour bâtir une vrais relation de famille, de la religion de la barrière de langue dont il souffre, lui qui ne parle ni l’arabe ni le français et pour qui la Tunisie reste un grand mystère…

    Mon passage par Stockholm était plutot ennuyeux, mais je me suis amusée à me sentir en famille chez les miens.

     

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    Le parlement

     

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    Tyska kyrkan


     

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    Vue sur le pont Vasabron depuis Sheraton

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    Sidi Bou Cage

     

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    Façade ouest du Kungliga Slottet

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    Cerisiers de Kungsträdgården

     

     

  • Dance me to the end of love

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    Henri Matisse - La Danse


    podcast

    Cette chanson a été écrite et chanté par Leonard Cohen en 1984, qui mieux que Cohen pourra en parler:

    "Dance me to the end of love, il est curieux comment les chansons naissent, parce que l’origine de la chanson toute chanson est une sorte de graine ou pépin que quelqu’un vous passe ou que le monde vous passe c’est pourquoi le processus d’écrire une chanson est très mystérieux. Mais celle-là est seulement  arrivée d’après ce qu’on entend ou lit ou connait que dans les camps de concentration, à côté du crématorium, dans certain de ces camps, un quatuor à corde a été joué au moment même où l’horreur avait eu lieu, ces gens-là étaient eux même voués  à la même horrible destinée. Ils jouaient de la musique classique au moment où les autres prisonniers se faisaient tuer et bruler. Donc, cette musique “Dance me to your beauty with a burning violin" exprime le sens de la beauté de l’accomplissement de la vie, la fin de l’existence et l’élément passionnant qu’est la consumation, mais dans le même langage qu’on utilise pour se soumettre à son amoureux, donc cette chanson –il n’est pas très important que quiconque connaissent sa genèse, parce que si la langue naisse de cette passionnante source ce sera possible d’embrasser toute activité passionnante."

  • Nairobi, the green city in the sun

     

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    J'ai fait un saut à Nairobi au mois d'avril, ce fût une escale de vingt-quatre heures, comme toujours nous passons par les villes comme on passe par un rêve, le temps de se faire une impression et puis partir le lendemain regrettant tout ce qu'on n'a pas pu voir, en écrivant cette note j'ai pensé à un vieil article que j'ai posté sur mon blog décrivant ce mode de vie hallucinant et unique des gens de l'aviation, "ces gens qui passent par  une ville inconnue pour peu de temps,  ils ne dorment plus ils ne se reposent plus, ils n’ont pas le temps pour s’asseoir, ils veulent voir le maximum, découvrir, connaître la ville, toucher son cœur, sa quintessence, ils la mémorisent avec tous leurs sens, ils apprécient tout même ses poubelles et ses clochards, parce qu’ils savent qu’ils partiront rapidement qu’ils n’en auront pas pour longtemps, qu’ils n’ont pas du temps pour s’y installer pour se faire des amis pour s’attacher pour changer des choses ou même pour laisser une trace si mince soit elle, ils passent rapidement de ville en ville", le plus drôle c'est que quatre ans après je me trouve moi-même perdue dans ce monde unique des oiseaux humains, bref assez parlé de moi, revenant à Nairobi.

     

    On est arrivé vers trois heures de l'après-midi, le bus nous à conduit à l'hôtel Intercontinental, un autre avantage de ce travail, les meilleurs hôtels. Le copilote nous a proposé un bon plan et tout le monde était partant sauf bien-sûr les deux kenyanes qui ont profité pour voir leurs amis.

     

    Le plan commençait l'aéroport Wilson, précisément The Aeroclub of East Africa  un endroit magique imprégné de l'âme kenyane, une terrasse en bois, des arbres et une vue splendide sur la piste de l'aéroport, il pleuvait cet après-midi, une atmosphère équatoriale authentique, on parlait de tous et de rien moi entre deux discussions je me perd au loin, vers l'horizon vert ma mémoire sollicitait les photos du peuple Massai des savanes des animaux de ces maisons autrefois appartenaient aux aventuriers européens du début du vingtième siècle, j'ai siroté ma Tusker, une bière locale plutôt bonne en rêvant d'une bouteille de vin rouge que je n'ai pas gouté depuis des mois.

     

    Le personnel du club est hyper charmant, accueillant, accommodant, comme presque partout en Afrique et en plus ils parlent tous l'anglais, comme c'est facile de communiquer en Afrique, anglais français ou arabe je me sens comme un poisson dans l'eau. Dans cet endroit j'ai trouvé un délice africain appelé pili-pili, c'est un piment rouge fort haché et trompé dans l'huile d'olive et de l'ail, j'ai dégusté avec des croûtes de pain grillé.

     

    Le coucher du soleil fût marqué par les nuées d'oiseaux rentrant se coucher, d'après Wikipédia c'est  à Nairobi qu'on trouve le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux au monde, sincèrement c'est remarquable, la diversité est incroyable.

     

    Temps pour un dîner succulent, tout le monde avait de faim, et notre copilote sud-africain nous promettait depuis des heures une belle surprise, quittant alors la terrasse humide et sombre pour un intérieur plus chaud  plus magique une collection fascinante de tableaux d'objets de meubles rappelant une atmosphère d'un club d'aviation de l'époque de la grande guerre, autour de la cheminée un groupe de pilotes de moyen age nous souriait curieusement, une table de billard un piano un moteur d'une Spitfire de l'époque de la guerre, sensationnel.

     

    Quittant le club, notre chauffeur nous attendait, on ira au restaurant le plus apprécié dans la ville, Fugo Gaucho, un steak house brésilien, les bonnes choses viennent tard, des pluies tropicales, une heure de pointe et un mauvais réseau routier nairobien étaient suffisants pour nous coincer deux heures dans les embouteillages, arrivés au restaurant fatigués, crevés de faim et moi avec une vessie sur le point de s'exploser. On oubli immédiatement la mésaventure en franchissant le perron, le personnel souriant  les odeurs et les couleurs, une touche réchaffante par cette soirée froide et mouillée de Nairobi.

     

    Le principe des steak house brézlien est simple; un buffet de salades-entrées et un disque doubles face, une rouge une verte, des serveurs tournent autour des tables chargés de pilons de toute sorte de viande grillées, tant que le disque devant vous est vert ils continueront à vous proposer des portions, je me suis contentée de quelques pièces de filet de bœuf et une bouteille de rouge Simonsig Adelberg, un savoureux cabernet sauvignon merlot d'Afrique du Sud qui à pris ma tête en fin de soirée.

     

    On est rentrée à l'hôtel vers deux heure du matin, je me suis réveillée vers huit heure toute excitée, ça ne m'arrive pas souvent mais il me reste un endroit à visiter avant de partir, le musée Karen Blixen, la maison de la dame qui a écrit le fameux Out Of Africa, et la maison dans-laquelle Meryl Streep avait joué le même rôle dans le film portant le même nom, on a pris un chauffeur moi et mon ami le sud-africain, quarante minutes dans des routes entourées d'arbres et de maisons en bois colorées. 

     

    A l'entrée du musée je me suis sentie éprise par l'air exotique et insolite de l'endroit, j'ai rêvé de visiter cet endroit  le jour où j'ai vu le film, la divine Meryl Streep et Robert Redford dans ce décor de rêve, une maison d'un seul niveau au milieu de la ferme à café, un jardin vaste une pelouse étendue sous les hauteurs des arbres, une sorte de forêt prend place autour du jardin et des allées menant vers l'inconnu, notre guide nous a montré une machine à traiter le café avant de nous emmener vers l'intérieur, à l'arrière de la maison une terrasse rustique avec  des tables et banquette en pierre, le guide nous a dit que Karen avait l'habitude de fumer une cigarette et contempler les Ngong Hills, une série de collines en forme de poing fermé, je lui ai alors demandé une cigarette en l'honneur de cette femme à la vie tristement belle, je ne vais pas en dire plus sur sa vie ni sur sa maison sinon que reste-t-il  pour google, je raconte mes impressions, des bribes de souvenirs je ne voudrais pas oublier, une matinée sensationnelle à Nairobi, dans un des endroits qui fait partie de ma longue liste des "A visiter avant de mourir", je partagerai cette liste avec vous bientôt.

     

     

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  • Une vie nouvelle....

    J'ai un autre boulot maintenant: hôtesse de l'air à Qatar Airways avec un master en biochimie et une thése congelée, ce qui veut dire que j'ai quitté Tunis pour Doha, une ville du Golf sans identité peuplée majoritairement d'Indien venant de l'Inde; je ne vais pas en faire une longue histoire, je parts demain à Ankara, capitale de Turquie, je n'ai pas encore repris mon habitude de parler à mon blog muet, ni même à parler en français que j'ai quitté pour l'anglais, je vais donc faire court et dormir, reprendre dans deux jours avec des choses à raconter à propos d'Ankara, j'en ai des choses à dire de Nairobi, Dar Essalam et Stockholm, des choses qu'on voit, fait et vit en passant par une ville pour deux journées. Y'en a des lecteurs qui trouveront ça intéressant, je reviendrais cette semaine.