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  • L'Enfer

    Une réflexion assez marrante s'est faite circuler sur le net, "L'enfer est il exothermique ou endothermique", c'est soi-disant la réponse d'un étudiant en chimie dans une université du monde, à une question bonus d'un examen de chimie, je l'ai apprécié je la partage tel que je l'ai lu. 

     

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    René Magritte, Golconde

     

    L'enfer est il exothermique ou endothermique:

    La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle (si un gaz se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes. Cependant, cet étudiant eut la réponse suivante...

    Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l'enfer avec le temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l'enfer. Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu'une fois entrés en enfer, les âmes n'en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.

    De même pour le calcul du nombre d'entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd'hui. La plupart de ces religions affirment que si vous n'êtes pas membre de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe plus d'une religion exprimant cette règle, et comme les gens n'appartiennent pas à plus d'une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer...

    Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l'enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l'enfer doit se dilater proportionnellement à l'entrée des âmes ». Par Conséquent cela donne deux possibilités:


    1) si l'enfer se dilate à une moindre vitesse que l'entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu'à ce que l'enfer éclate.

    2) si l'enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d'entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu'à ce que l'enfer gèle.

    Laquelle choisir ?
    Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m'ayant affirmé durant ma première année d'étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte du fait que j'ai couché avec elle la nuit dernière, alors l'hypothèse doit être vraie.

    Ainsi, je suis sûr que l'enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette théorie c'est que comme l'enfer a déjà gelé, il s'ensuit qu'il n'accepte plus aucune âme et du coup qu'il n'existe plus... Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l'existence d'un Être divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n'arrêtait pas de crier "Oh.... mon Dieu !...."

     

     

     

     

     

  • O'Brother, Where Art Thou?


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    Un film outrageusement drôle, attachant dès la première scène, un décor irrésistible, un enchaînement d’aventures délirantes, des personnages épinglants!

    Ulysse, Tommy Johnson, George Baby Face Nelson, Le Diable, Les sirènes, Ku Klux Klan, l’ironie de l’inspiration homérique.

    Un humour implicite débridant, posément cynique sans sarcasme!

    Une bande sonore somptueuse, alternant les fragiles mélodies de l’harmonica et les coups secs scintillants des guitares country, la joviale voix noire et suave du gospel, du blues et du folk !

    « 1/Big Rock Candy Mountain, 2/I’Am A Man Of Constant Sorrow, 3/Hard Time Killing Floor Blues, 4/Didn’t Leave Nobody But The Baby, 5/You Are My Sun Shine, 6/Po Lazarus, »

    La subtilité de l’esprit récurrent des Frères Coen s’impose majestueusement, comme une empreinte insaisissable, leurs touche esthétique unique, cet arrière goût théâtrale, O’Brother, le premier épisode de la trilogie des imbéciles est par excellence un film bêtement sagace !


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  • Des origines...


    berbere.jpgMon nom de famille fait partie d’une douzaines de noms qui dérivent tous du même ancêtre, un marabout, Sidi El’ Bachir, ce saint marabout s’est installé avec sa femme dans une vallée du côté du barrage de Joumine (qui figurait sur les billets de cinq dinars jusqu’à 1993) pas loin de Béja, et leurs progéniture s’est éparpillée dans tout le pays, j’ai oublié quand est ce que ce couple saint avait quitté Bejaïa pour venir vivre à Béja.

    Bejaïa est l’une des plus anciennes villes d’Algérie, une ville millénaire qui a porté autrefois les noms de Vaga, un terme libyco-berbère, c’est d’ailleurs la plus grande ville de Kabylie, et elle porte le nom de petite Kabylie.

    Cette grande famille des Béjaoui avait la tradition de s’interféconder, pas de conjoints en dehors de la famille, jusqu’à la deuxième moitie du XX e siècle, ce qui a assuré en l’occurrence une préservation des caractères spécifiques de cette mini-population.

    Dans la fin des années 70, mon père brisa la règle comme plusieurs Béjaoui de la même génération, et épousa ma mère, elle aussi une berbère mais qui appartient à la très grande tribu des Nefzaouas un groupe de Berbères Zénètes qui étaient des nomades et desquels dérivait probablement le fameux Tariq ibn Ziyad, selon Ibn Khaldoun, ce même Tariq auquel le Gibraltar doit le nom !

    Ces tribus de berbères nomades et sédentaires sont les premiers occupants de cette grande Ifriqiya, le grand Maghreb d’aujourd’hui.

    Je vais pas en faire un cours d’histoire, j’essaye justement de trouver mes repères, et de savoir enfin pourquoi je ne ressemble pas aux Arabes, et pourquoi quand je ose dire que je ne le suis pas je risque de me voire traitée de tous les noms et accusée de traitrise !

    Je ne descends pas d’une grande famille dont l’ancêtre était un conquistador arabe, je ne suis pas l’arrière arrière petite fille d’un aristocrate turc aux yeux bleus, je ne fais pas partie de la descendance d’un grand cheikh kairouanais de l’époque,  je ne suis pas le fruit d’une hybridation entre colon français et indigène tunisienne, je suis une berbère race pure, c’est une question d’origine non pas de religion.

    Avant de passer à ma petite personne, je souhaite rectifier une information, nous ne savons peut être pas tous que Tunis doit son essor aux Almoahades puis aux Hafsides par la suite et qui sont tous des Berbères !

    Étymologiquement le mot Tunis que beaucoup croient arabe dérivant du mot « Ons » et qui signifie presque ce qui enchante, qui rassure, est en réalité issu du mot « ens » qui en dialectes berbères, se définit comme  « se coucher » et par extension  un endroit où passer la nuit, puis grâce aux français, le pays devient Tunisie !

    Maintenant je suis bien une berbère dans un pays qui porte un nom berbère !

    Et le fait de me voir classée en berbère et non arabe, n’est ni un mépris envers ce qui est Arabe (c’est ma culture, ma langue, ma religion), ni une fierté de ce qui est Berbère (moi et l’univers domestique de la femme Kabyle et l’idéal féminin qui dépendait de la fécondité ??!!!!).

    Toute cette réflexion m’a permis de définir mes grands traits de caractère qui font de moi la femme que je suis,  la plupart des tunisiens souffre de ce mal identitaire, on nous dit depuis la petite enfance que nous sommes arabes et on grandit avec la grave évidence de ne pas l’être, jusqu’à ce qu’on réalise par nous même que ce n’est pas un pêché d’être autre chose !

    Il m’a suffit d’assumer ma spécificité, l’authenticité de cette identité, pour forger résolument ma conscience, j’ai réalisé qu’arrêter de ressembler à autre chose que moi, va me permettre une émancipation totale.

    Décidemment Je suis une femme, berbère, monothéiste, musulmane peu pratiquante, pseudolaïque, rebelle, citoyenne du monde sans à avoir me déplacer, par dessus tout une femme libre.

    L'Homme Libre, l'emblème des Amazigh, je comprend pourquoi cette obsession qui marque toute leur culture, ce besoin vicéral, cet acharnement bestiole à préserver de toute leur force cette valeur, la liberté pour un berbère est l'essence même de son existence.

    Etre alaise avec ce que je suis est un bon début pour que les autres qui me trouvent différente se trouvent alaises avec moi.

    Photo: Lehnert ET Landrock.

  • Il y'a nous...

     

     

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    Nina Simone chante Ne me quittes pas, cette reprise fabuleuse, ce français brisé, ce coeur qui refuse de se briser, cette voix qui dégage quelque chose d'indéfinissable, qui nous trompe dans un désarroi idéal, on l'aime ou pas??!

    Mon amie Sana dit : “ça me rappelle l’escalier de la fac et nos polémiques... Marcel Khalifa, Naseer Chamma, Brel, Nina Simone, John Lee Hooker, Massive Attac, Jay Jay Johanson, Virgin Suicides, L'amour au temps du choléra, Cent ans de solitude, L'étranger, Les mains sales, L’affaire palestinienne,... Le Che, Fidel, la philosophie, la littérature, Camus, Sartre, De Beauvoir, le théâtre, les dogmes des religions, la manipulation, la politique, la psychologie, la poésie... le monde ... et j’en passe”.

    Pour moi c'était Aznavour, Piaf, Buena Vista, la Hadhra, Bouchnak, Fayrouz, Mozart, Amine Maalouf, Ahlem Mustaghanmi, Kasr Achawk, Mein Kumpf, Shanghai Baby, Le vieil homme et la mer, chkobba et rami, les petits repas dans les frigoverres, la blouse blanche, Bourguiba, Harry Potter, les JCC, La coupe du monde du Handball, Gandhi, Le seigneur des Anneaux, les petits amours avant le grand, le métro, le premier iPhone, les illusions, le cancer du sein, l'environnement, la salsa et la vie continue!!

    Sana: “on parlait de tout et de rien...et c'était trop beau”

    Moi: “c'était l'époque de la métamorphose de nos consciences! personne ne se rendait compte que le chemin vers la lumière est plus beau que la lumière elle même.”

    Nejma intervient: “et puis il y'a les autres et il ya nous et ces questions qui nous hantaient et ses réponses qui s'évaporent et tardent à donner du sens et à ma fin de journée.. du thé.. ali avec son sourire.. et à Chaouachin ça repart.. des châteaux de sables qui grandissent.. de l'impossible qui devient un jeu d'enfant.. de la tragédie qui devient dérisoire. et un sourire d'enfant qui renait!

     

    Ça nous prend, cet air de Nina qui chante Brel, chacun dévoile un côté de cette mémoire culturelle collective, tunisienne par excellence. Ce terrible mélange hétéroclyte, cette diversité hallucinante, ce petit pays en mosaique.