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Ab Imo Pectore

  • Nostalgie des plaisirs tout court

    Il pleut à Paris, c'est vraiment miniut à Rome je ne pleure pas j'y suis presque! Je marche à Roissy avec deux collégues, en silence après un diner à la brasserie Le Village, j'étais si heureuse et triste!

    Quand il pleut je pense à Joanna Lumley. Ça évoque en moi ce romantisme muet des voyages en train et la nostalgie d’un temps révolu où passer d’une ville à une autre fut un exploit et les rêvent se mesure en projetant ses aventures vers des terres lointaines et inconnues.

    J’adore la pluie, ça me manque la pluie ça me rappelle tous les plaisirs simples qu’on oublie souvent sous l’ombre des grands plaisirs qui eux-mêmes se ternent et perdent leurs magie à force de se faire accessibles ; voyager est l’un de ces grands plaisirs de la vie.

    Voyager pour moi est devenu si banale au point de me sentir triste quand je dors dans de nouvelles villes et ne faire rien d’autre que dormir ! C’est tellement excitant de se déplacer sur la carte du monde comme ce « pin » rouge de Google Maps, tapez le nom d’un endroit et dans la seconde qui suit un machin rouge en forme de goutte renversée s’écrase sur la carte, voilà vous y êtes !

    On voyage à cette vitesse quand on travaille en aviation, on balaye le monde dans une course folle comme quoi on veut  vaincre le Soleil, souvent on survole le monde à la même vitesse que lui !

    Dans ce mouvement de rotation autour du globe on n’arrive à voire que peu de ce qui nous entoure, à force de transiter, à force de pratiquer cet état omni-dynamique similaire aux astres on contracte le vertige des derviches tourneurs novices ; une entité détachée de son environnement à orbiteal bidirectionnel abstrait.

    L’on oublie presque que c’est miraculeux de dormir en kimono à Tokyo, bronzer aux Seychelles, et se bourrer de Simonsig à Johannesburg la semaine même, tout en s’enveloppant d’une couche de poussière d’Arabie en passage !

    L’humain éternel insatisfait se demande pourquoi l’on ne peut simplement garder cette excitation quoi qu’il arrive !

    Joanna Lumley et ses plaisirs simples, les derviches tourneurs excentriques et le pin rouge de Google Maps auront peut-être un autre avis. Qui dira quoi ?

     

     

  • Escale

     

    Je l'attends vêtue de cet affreux uniforme je l'attends avec un cœur battant et des yeux écarquillées je l'attends en buvant un thé brulant  dans le cafeteria du bâtiment technique de l'aéroport.

    Entourée de ces hôtesses de l'air en sacs à patates en bordeaux, qui comme moi ont l'air clonées identiques au point de perdre leur propre identité. 

    Je commence déjà à stresser, mon cœur accélère ses battement et des gouttes de sueur apparaissent sur mon front, j'ai l'impression que tout le monde est au courant que j'attends mon homme, rencontrer mon homme dans un endroit tabou où les relations se voilent d'un épais draps de mensonges camouflages et tricheries et, faire la comédie des simples collègues est trop excitant, l'homme redevient une conquête et tout ce que j'ai partagé avec lui pendant plus qu'un an se résume en cette petite rencontre.

    J'ai la chair de poule, je ne savais plus si je dois attendre ou partir, cette possibilité de rater son chemin, ces dix éternelles minutes entre moi quittant et lui arrivant, ces dix minutes à elles seules détermineront ma journée, je rentrerai chez moi avec une certitude que le monde va bien et que demain un autre espoir.

    Je m'impatiente, le temps fait une course folle contre mes nerfs, je me sens ridicule, je vis littéralement avec lui et je m'affole pour dix minutes dans un endroit où je ne pourrais même pas toucher sa main!

    Pour une seconde j'allais quitter quand il franchit la porte, dans son uniforme noir super macho, sa barbe et ses yeux espiègles qui me cherchent il me trouve et m'ignore il s'approche fait l'air surpris serre ma main officiellement et demande la permission de s'assoir à côté. Je fonds dans mon siège mon sourire avale le cafeteria et l'aéroport, mon souffle reprend calme et l'oxygène recoule dans mes veines!

    Des papillons, cerf-volant et nuages cotonneux remplissent l'endroit engloutissent tout le monde il ne reste plus que lui et ces dix minutes éternelle!

     

     

  • En passant par là..

    Écrire me manque, mon blog me manque, que faire quand on a plus le courage ou l'inspiration? et puis pour qui écrire personne ne lira de toute façon, on s'en tape d'une éternelle célibataire de vignt six ans chômeuse tunisienne qui rêve de pleins de choses impossibles! 

    J'essaye de continuer sans faire attention aux lecteurs inconnus qui méprisent les femmes nevrosées qui se focalisent sur leurs petites personnes!

    Je fais de la politique maintenant, moi éternelle libérale avec des tendances capitalistes universelles je viens juste d'intégrer un parti socialiste panarabe qui se présente aux éléctions des membres de l'assemblée constituante qui aura lieu le 23 octobre prochain, moi je suis sur une de leurs listes départementales!

    Je vais me présenter à la constituante en quelque sorte, je n'y ai jamais songé, enfin depuis que j'ai eu mon diplôme, je ne songe à rien, je stagne comme une vrai malade, je ne cherche pas d'emploi, je ne cherche pas une thèse de doctorat, je ne cherche pas un homme, en fait je suis dans le cycle infernal de la procrastination annuelle, je suis fatiguée à force de dormir et j'ai terriblement peur, je suis consciente que je dois impérativement bouger mais je fais exactement le contraire!

    Je me demande en passant si dans ce monde de lecteurs francophones, y'aura t-il quelqu'un qui me ressemble??

    J'ai jêuné un seul jour, pendant tout le Ramadan, j'ai toujours été une mauvaise musulmane, jamais à ce point. Bref rien ne roule dans ma vie, tout est en mode ralenti!

    J'ai passé le dimanche dernier aux urgences avec une amie interne en garde, vous allez vous demander comment est ce possible? c'est la Tunisie, rien n'est vraiment pris au sérieux même une parfaite inconnue qui se trimbale au service de réanimation en blouse blanche! 

    J'ai cotyé la mort, des SDF (parce que ça existe à Tunis aussi) en convulsion ramenés par la protection civile, ni papiers ni famille, entre scepticémie et anémie aiguë, ils se balancent entre la vie et la mort, sales et affamés, la faucheuse les guette à chaque inspiration! Au matin la plupart d'eux meurt, un vrai soulagement que d'être délivrés d'une vie pareille!!

    Non c'est dommage, la vie ne vaut rien certes mais rien ne vaut la vie, on apprend à aimer sa vie quand on les voit, ces gens que le corps a lâché, ces humains qu'on raméne aux urgences pour les sauver, certains si acharnés à rester d'autre totalement épris par la fin, puis c'est Dieu qui décide qui cueillir et qui laisser mûrir!

    Je me suis surprise à me voir si calme si froide, je voulais juste aider, je n'avais pas peur de les voir passer, ou de les voir souffrir, leur odeur, même leur urine ne m'a pas ecoeuré, je voulais juste les aider. J'ai même ventilé un homme intubé pendant quelques minutes, je me disais si j'arrête il s'étouffera, j'avais ce devoir ou peut être pouvoir de le tenir en vie, hallucinantes la sensation, accorder ma respiration avec le rythme de mes doigts sur le ballon!

    Au fond de moi j'étais triste, c'est triste quand notre corps nous lâche, c'est triste de réaliser que nous ne somme pas notre corps, qu'il peut nous laisser tomber à tout moment, infidèle ce corps!

    Parler des corps me fait penser à des amis qui viennent de rentrer de l'Inde, un passage par Varanasi les a totalement bouleversé, la saleté, la pauvreté et la mort, les cadavres humains qui flottaient sur le Gange, un spectacle affolant pour un voyage de noce! 

    Le corps est si répugnant, même dans sa beauté, il nous soumet à ses désirs, ses caprices, il empoisonnent notre mémoire par la sienne, le mien refuse d'apprécier tous les autres corps, il ne veut qu'un seul qu'il a gouté une fois et que faire, quand cet autre est si loin! 

    L'amour peut apparaître sous des têtes différentes, mais qui appartiennent au même corps!

  • Sleepless in Tunis

     

    Tunis est dans le chaos, ma tête n’arrive pas à ranger les événements de ces derniers jours !

    Je vis dans un couvre feu nocturne depuis deux semaines, et ma vie est en mode pause. Sauf cette étrange sensation de vulnérabilité émotionnelle, cette facilité de m’emporter, de fulminer parfois, ces rires hystériques et ses larmes en tourbillon !

    En temps de crise, les gens réagissent différemment, mais en temps de crise la barrière de défense sentimentale est plus affaiblie que jamais !

    Preuve, deux jeunes gens séparés par un océan, à force de se parler, et discuter des nouvelles du pays se rendent compte qu'ils se rapprochent!

    Et dire que les plus belles histoires d'amour de l'humanité se déroulaient en temps de guerre!

    Je parle avec tous mes amis qui se ne sont pas en Tunisie, depuis Hanoï jusqu’à Montréal, je me demande comment j’ai connu tous ces gens, mais peu importe, le simple fait de les entendre parler de leur  vie normale, leur banalité, le quotidien, le décalage horaire, les livraisons de pizza, les cours, les soirées, la température,  me rend la soirée vivable.

    Loin du vocabulaire obsessionnel de manifestation, démocratie, liberté,  opposition, gouvernement, constitution, complot, milice, syndicat, grève, armée, hélicoptère, sniper, balle, balle et balle, qui d’ailleurs absorbe mon subconscient jusqu’au sommeil.

    Loin du chaos, le monde extérieur  est l’échappatoire, l’alcool peut être ou l’amour, enfin tout ce qui peut m’écarter de cette atmosphère confinée de post chute de dictature.

    Le pays me meurtrie, je porte sa peine jusqu’à dans mes veines, et la ville renvoi ses démons pour réveiller les plus beaux souvenirs, et si un jour le beau vieux temps décidera de se suicider !

    La liberté se paye cher, mais le passé n’a jamais était sombrement infernal, je vivais bien, je savourais les petits plaisirs, et c’est justement ces petits plaisirs qui me faisait le plus mal, ce chagrin débile et inadmissible de perdre les petits plaisirs contre cette grande valeur qu’est la liberté et la démocratie !

    Je ne dors pas la nuit, comme pour sentir toutes les heures du couvre feu, pour essayer de comprendre de quelle liberté parle-t-on, refusant de dormir avec l’évidence d’être prisonnière chez moi.

    Je passe la nuit à parler au monde, et  consumer mes souvenirs, l’odeur du jasmin, au Café des Délices, une chicha, thé à la menthe,  vue splendide sur le port,  brise d’un nuit d’été et la voix d’Om Kolthoum, les soirées sur la plage, les salsa party, les dîners arrosés à la Mamma, les spectacles au Théâtre Municipal, à Carthage, les après midi footing au Belvédère, les cafés et discussions interminables avec les amis, les balades ramadanesques à La médina, même la faculté et sa dizaine de milliers d’étudiants.

    Tunis, ses trottoirs envahis par ses cafés, ses étourneaux qui se dépalssent en nuage et caresse l’Africa, ses odeurs, encens, jasmin et friture, ses Lablebi et Kafteji, sa culture, ses voitures, ses boutiques, ses connards, ses clochards, ses intellos, ses coincés, ses pauvres, ses poubelles, ses friperies, ses souks, ses lounges, ses hammams, ses métros, sa Médina, son humours, sa luxure, sa vulgarité, sa douceur, ses monuments, ses fêtes, ses derbys, sa Goulette, ses Babs, sa Kasba, ses quartiers mal famés, Tunis et son âme.

    Réduire le pays à une ville me laisse imaginer ses autres villes mieux portantes et reprennent vie, me rassure, penser à Ain Draham et ses forêts, Hammamet et ses hôtels vides, Kasserine et sa réserve du Mont Chaanbi saccagée, le grand sud et ses chameaux  au chômage, Djerba perdue dans la mer ! C’est affolant de faire le Yann Arthus Bertrand et survoler le pays avec un objectif !

    Alors je fais l’autruche pour survivre à cette douleur, et je veille jusqu’à l’aube pour guetter la liberté au petit matin priant de toutes mes forces pour ce peuple et ce pays !

     

     

  • Stop Crying Your Heart

    Punck, Rock, Emo je n'en sais pas trop, c'est comme chercher des différences entre l'écriture chinoise et japonaise, enfin ça ne m'empêche pas d'apprécier! 

    Oasis, Stop Crying Your Heart Out
    podcast

    Dashboard Confessional, Stolen
    podcast

    J'ai tellement peur de craquer, ça commence à se faufiler, cette nostalgie mortelle, il n'est jamais facile de renoncer à son meilleur ami parce que l'amour a tout foiré. 

    C'est vide la vie sans lui, c'est dur de dire adieu pour la vie, je me tue pour ne pas craquer. Chaque milliseconde de résistance est un pas vers un future vivable sans lui et je donnerai tout pour ne plus sentir ce trou dans ma poitrine quand ma mémoire envoi son image vers mes yeux.

    Mes yeux refusent toujours de pleurer, miracle!! Non c'est mon coeur qui pleure..

     

  • DISCONTINUITE

     

     

    Paris_mai_1968.jpg

     

    Graffiti Paris mai 1968, Edouard BOUBAT

     

    Ce soir, de passage, j'ai eu envie de poster une note, un des rares samedi que je passe chez moi, depuis que j'ai rencontré l'homme aux cinquante roses, tous les week-ends avec lui, je me dis mais regardes toi petite chérie, tu n'as plus cette affreuse sensation omniprésente de manque, ce creux, ce trou dans le ventre!!

    Plus de course pour dépasser le temps, plus d'interminables attentes, plus de vains espoirs, tout est simplement lié à un petit coup de fil; On se voit ce soir?? Oui je passe te prendre dans une heure! 

    Pur bonheur! 

    J'ai enfin, enfin réussi à tourner une page lourde et chargée de ma vie, trois de mes vingts ans à attendre un homme qui n'était pas à moi, qui ne sait pas ce que c'est que d'attendre!

    L'homme aux cinquante roses, est une union libre certes, et je suis la reine des unions libres, cet homme me convient et me comble, pas de cet amour ardent et corrosif qui me consumait corps et âme, mais d'une paisible satisfaction et assurance que j'ai pas encore goûté jusque là.

    Barbarito est au frigo de ma mémoire, et j'espère qu'il y sera pour la vie, je lui garde pourtant un amour infini et indéfinissable comme quand lui même disait, un coeur qui aime ne sait pas haïr, il se pourrait qu'il avait raison.

    C'était une douleur imprenable, arrêter tout, pourtant recommencer tout dûment est plus pénible. Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse.

    J'ai appris alors la plus bonne leçon de ma vie, ne plus jamais souffrir des choses qui s’achèvent, rien ne dure jamais, du plus beau au plus dur.

    Plutôt la vie est une discontinuité.

  • Entre autres..

     

     

      De déception en déception, de cauchemar en cauchemar, je traine ma vulnérable personnalité ébranlée dans les dédales d'un monde ordinaire qui ne vaut que dalle, et qui continu encore et toujours à m'émerveiller.

      Je me rends enfin compte que le plus grand problème de ma vie se joue dans ma tête, je me pensais toujours incapable de délimiter mes relations avec le monde, de prévoir au départ si par exemple un homme sera passager ou résident, si je le fais griller rapidement ou je le laisse mijoter à feu doux, moi je suis toujours fonceuse, gourmande et sans limites.

      A vingt cinq ans je me trouve incapable d'oublier un bel homme rencontré le soir et quitté le lendemain, incapable d'attacher un autre homme, sportif et drôle qui me séduit avec cinquante roses rouges le jour où l'amour de ma vie disparait.

      J'avoue que je ne suis qu'une apprentie femme dans le monde des hommes, je me crois bonne élève, je me vois apprendre tous les jours une leçon, je me rends compte qu'enfin j'applique mes propres principes sur tous ceux qui m'approchent sans me soucier de leurs mœurs.

     

      Il y a une sagesse arabe qui divise les gens en quatre catégories:

    Un homme* qui sait et sait qu'il sait, c'est un savant suivez le; 

    Un homme qui sait et ne sait pas qu'il sait, c'est un oublieux rappelez lui; 

    Un homme qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est ignorant apprenez lui; 

    Et un homme qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, c'est un con évitez le.

     

     

      Je me reconnais dans les quatre,  je suis un peu tous, comme nous tous, ce n’est pas qu’ils ont eu tort nos autres sages mais que la nature humaine est incernable, et que Einstein a eu l’idée la plus extraordinaire qu’il en soit, relativiser.

     

      Tout ça c’est pour dire que faire foirer sa vie, c’est en soi la vivre à fond, vouloir à tout prix bien faire ses choix devrait suivre vouloir à tout prix créer ses choix, enfin je ne suis qu’une gamine merdique qui lit trop et qui vit amplement, une quarantenaire mammectomisé et hysterectomisé, larguée par son mari,  un cathéter transperçant sa poitrine saurait mieux parler de l’embarras des choix.

     

    *Homme c'est un être humain tout cour.

     

     

     

     

  • Les Adieux efflanqués!

    Tout avait commencé tout bonnement avec une dispute, c’était pourtant habituel, tous les jours presque, ces disputes étaient un quotidien, mais ce jour là  c'était bien différent !

    Ils criaient, lui assit derrière son bureau, au grand building de la rue Takhassosy, elle sur le bord du  lit, sur le bord des larmes, sur le bord d’un autre continent, l’heure n’est pas la même, le temps n’est pas le même, chez elle il pleut, chez lui le soleil brisé sur les vitres entourait son visage d’une nimbe de lumière, et pourtant ils se disputaient !

    A peine sa première phrase prononcée ;

    -         * Tu ne m’as pas écris, je t’attendais tout le weekend !

    Sa voix explosât dans un tonnerre d’insultes.

    -          *J’ai lu tes messages, bordel de merde ! ça ne m’a pas plu, tu gardes ce même foutu ton mesquin qui m’énerve !

    -          *Qu’est ce que tu veux que je fasse, tu me manques trop !

    -          *Tu veux que je te dise, ne m’appelles plus !

    -          *Mais comment est ce possible !! Qu’est ce qui ne va pas, pourquoi tu t’énerves à ce point !

    -          *Tu es insupportable !

    -          *Je me sens mal, comme une mouche qu’on chasse !

    -          *Bein oui, peut être ! une mouche !

    -          *Je dois raccrocher, ça brule dans ma cuisine, ça brule aussi dans mon cœur !

    -          *Ok

    -          *Ok !! Adieu alors ?

    -          *Adieu.

     

    C’était le dernier mot, comme ça, bêtement, quarante milles ans de langage humain, pour ne dire que ce mot efflanqué à la fin  « adieu ».

    Nom d’un chien personne n’a pu trouver un autre mot capable de coroner efficacement un moment pareil !

    C'était vraiment le dernier mot!

    Elle est vite revenue à la cuisine, son couscous avait le goût fumé, sa tête aussi, elle souriait, personne ne pouvait voir l’immense effort qu’elle faisait pour empêcher la première larme de couler, sa première larme qui sort toujours de son œil gauche, et qui une fois dehors entrainera des flots de petites gouttes salées qui enflammeront ses joues pâles !

    Inlassablement elle se répétait en silence un petit verset du coran, elle n’était pas si pieuse que ça pourrait paraitre, mais cette phrase avait sa magie,  « Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l'évocation d'Allah. N'est-ce point par l'évocation d'Allah que se tranquillisent les cœurs? » (Sourate Le tonnerre/ verset 28)

    Et son cœur fut tranquille, jusqu’au soir.

     

  • Douleur pure

    Depuis une heure, j'essaye d'écrire jusqu'à la fin de la ligne, j'insiste, je presse la tête pour accoucher ses mots, parce que ça me travaille, jusqu'à l'épuisement, je veux écrire, je n'ai pas le choix, peut être cette douleur sera moins forte à la fin, peut être sortir les mots va l'apaiser!

    J'ai mal, ce soir comme jamais, cette douleur, on appelle ça avoir le coeur brisé, la douleur est tellement intense que ça empêche presque de respirer, je me demandais si elle s'arrêtera jamais!

    Ma gorge est serrée, j'ai une boule dans l'oesophage on dirait cette même "petite alvéole de douleur située dans le pouce battait à l'unisson de mon pouls, comme une sorte d'horloge organique égrenant les secondes de ma mortalité..." La vie aux aguets, William Boyd

    Ça pourrait avoir l'air d'un évènement banal, pour certains, ou d'un vrai bonheur pour d'autres, pour moi c'est une lame enfoncée dans mon dos, dans une autre planète, avec des différentes perceptions ça pourrait ne pas m'affecter à ce point, mais sur cette foutue chère planète Terre où on vit tous, je craignais ce jour depuis des mois, quand j'y pense je pique une crise, j'oublie parfois, et quand ça me revient, ça me secoue. 

    Pourquoi Terre avais tu tourné dans ce sens et pas dans l'autre??!!

    Aujourd'hui, c'est arrivé, et comme si les mois que j'ai passé à essayer de me préparer n'ont jamais existé, je reçois la nouvelle avec un coeur épuisé, des yeux secs, et des fourmis dans le dos, et ma gorge qui me tue, cette douleur aiguë qui va et vient à son rythme, mon corps chavire et se détache de mon contrôle.

    Je ne suis pas triste, je ne suis pas en colère, j'ai juste lamentablement très mal, après quelque paragraphes je suis encore incapable d'écrire ce mal qui fait le bonheur d'une autre personne qui fait mon bonheur, je ne fais que le décrire sans le citer, j'ai peur en lisant de m'écrouler dans une sorte de gouffre sans fin avec son image dans mes yeux, gravée, abjectement adorable, et cette sensation folle d'amour et de haine que seul un humain authentique puisse éprouver envers un congénère!