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A Traver L'Oeil Magique

  • Lost In Translation

    En ce moment bien précis je me trouve à l'hôtel Manila, aux Philippines, très loin du Qatar et de la Tunisie, très loin au point d'en avoir l'insomnie, ici au Levant le sommeil me quitte, il se colle toujours sur mon siège strapontin à l'avion, et rentre à la maison attendant mon chèri. D'ailleur je ne dors bien que dans ses bras.

    Ici au Levant je trouve un sens à l'exil, cet air lourd humide chargé d'odeurs de nourriture bizarroïde, cette facilité avec laquelle ces gens vivent, ignorant tous les soucis du monde entier jusqu'à les leurs. Le Levant me dépasse, m'effasse, me réduit à une zombie essayant déseperement de dormir, Manilla, Bangkok, Jakarta, Seoul, Singapore et même Melbourne dans son ultramoderne amabilité, ils me laissent tous abbatue fatiguée innervée et surtout très éveillée.

    Ici ce soir ou cet après midi, je n'en sais plus à quel faisceau horaire me repérer, je suis dans cet endroit qui défie le temps et l'espace. Une bâtisse centenaire, d'apres l'histoire, le général Mcarthur a loge dans une chambre de cet hotel en 1935 et l'a quitte six ans apres, je tourne en rond cherchant un coins qui pourra foudroyer mes neurones et m'envoyer au lit. Je me demande qu'est ce que Hemingway voulait réellement dire par "It's a good story if it's like Manila Hôtel"!!!!! Sérieusement cela sonne comme le délire qui m'envahi au Levant, cette Scarlette Johansson collée à la vitre d'un hôtel à Tokyo, l'on se sent pour de vrai "Lost in translation" dans ce coin du monde aussi délabré que Dan Brown l'a qualifié de Portail de L'enfer!

    Mais l'hôtel Manila est dangereusement beau, intriguant comme un vilain petit canard, on pense que la petite surprise de sa facade sera tout ce qu'il a à offrir puis une fois à l'intérieur, un pianiste talentueux jouant Nat King Cole nous arrache en un flash hilarant vers l'ére coloniale, le plafond en bois massif du hall principal et les lourds lustres suspendus semblent renverser les lois de la gravité, le marbre froid noir et blanc et l'air rustique authentique de son mobilier semblent défier la chaleur cajolante des orchidées parsemées sur les tables et la base des colonnes.

    Semble-t-il que Hemingway après tout n'a pas déliré, cet endroit est une belle histoire si seulement j'y arrive à dormir. Ou même à retirer de ma mémoir ce film de fou que j'ai vu hier ou peut être ce matin, The Hidden Face d'Andrès Baiz, me trouver seule dans une chambre de cent an et plus me rend encore plus anxieuse. 

    J'emmerde ces vols long trajet vers le soleil, ça dévore mes heures ça dévore ma vie.

  • L'Iran vue par un français lue par une tunisienne

    Parce que je suis en couple avec un iranien barbu qui me ressemble trop et qui n'a rien de l'image qu'on puisse avoir à m'entendre parler de barbu et de l'Iran, un blog interessant m'a aidé à comprendre certaines choses vue par un étranger francophone! 

    http://iranistan.over-blog.org/

  • Interdit aux femmes

    La Tunisie, un petit pays, peu peuplée, est classée quatrième mondiale en taux de divorce, d’après Pr Belaid Oulad Abdallah, chercheur tunisien en sociologie. On a alors pour 11 millions d’habitants, 11 000 divorces chaque année. Et tout compte fait 38% des causes du divorce sont d’ordre sexuel et physique, incapacité, déphasage de libido, adultère, jalousie, stérilité. Il se peut qu’on soit dépassé par nombre de pays arabes à savoir que ce genre d’études avec des résultats réels n’est pas courant chez les voisins, mais le problème en tant que tel est spécifique du model social tunisien. Quoique, je ne sais que dalle sur la sociologie, je ne m’empêche guère d’y penser, je vois que les jeunes tunisiens ont tendance à tomber dans le piège des extrêmes, à savoir l’abstinence et la précipitation. Fonder une famille c’est vital, on le sait tous, et pour être conforme aux normes sociales, il faut se marier alors pourquoi ces tunisiens ne le réussissent pas ? Les causes physiques et sexuelles sont incontestablement importantes, je préfère commencer par étayer la part masculine dans ce phénomène social (d'après mes propres observations), simple taquinerie de la part d’une femme qui aime les hommes, tunisiens spécialement. (les femmes c’est encore pire, je les garde à part). L’homme tunisien, indépendamment de sa classe sociale, sa religion, son niveau académique, ses moyens, son aspect physique, et même son pays natal, possède des traits de caractère communs et bien définis, le plus révélateur sera l’incertitude, ne pas savoir sur quel pied danser, faute à la mixture culturelle et historique de ce pays en mosaïque à la recherche éternelle de son identité d’origine. J’avoue, par élan de parité, que les tunisiennes n’échappent pas à cette case. Pour la majorité, trouver la femme de sa vie et l’épouser relève de l’impossible, embarras du choix ! Non, avant de choisir, il faut savoir ce qu’on veut, là on bloque, le tunisien ne sait pas ce qu’il veut en matière de femme. L’homme réagit alors de deux manières : Il reporte ce calvaire, d’où la progression de l’âge moyen du premier mariage à 40 ans pour les hommes, et peut même s’abstenir. Il se marie jeune sans se prendre la tête, pour une raison précise, la pression ; les parents veulent des petits-enfants, le besoin d’une source d’argent, la peur de s’adonner aux plaisirs tabous, la copine fait du forcing (pression de famille ou facteur âge…) au point de ne plus entendre parler d’une vrai demande en mariage en Tunisie !! L’homme qui ne sait pas ce qu’il veut est incapable de décider, pourtant quand il fait le choix, il croit savoir, il veut une femme tunisienne blonde yeux bleus, mince, forte poitrine, fesses galbées… qui sait cuisiner et sent bon, qui sait faire le ménage et le french manucure, qui fait les courses en voile et passe l’aspirateur en hauts talons et porte-jarretelles, de famille bourgeoise et modeste, riche et pas gâtée, indépendante qui lui file son salaire, hautement diplômée et moins intelligente que lui, expérimentée et vierge, partage des activités et le laisse tranquille, discute et obéi,…. Il sait ce qu’il veut, il se marie alors pensant trouver la meilleure partenaire, il fait obstruction au bon sens et à toute remarque d’incohérence avec son cahier de charge il répond par « ça va s’arranger, je vais la changer », là bonjour la catastrophe. Après les préparatifs du mariage et l’affrontement de M. Sang Froid et Mme Bridezilla, les découvertes se déchainent, il devra d’abord encaisser toutes les déceptions des premiers jours, sexe, propreté, bouffe, ménage, goûts, complicité, générosité, intelligence, élégance, politesse, relations publiques… après monter un stratagème de retapage ! Disputes, conflits de principes, scènes de «manège »... Un mois, deux, Mme est enceinte (pour garder son mari il faut un enfant), pure délire féminin (à attaquer ultérieurement), alors M. est déchiré entre panique et ébauche de paternité, entre trousseau et gynéco, il n’y a plus de place à l’intimité. Un mois, deux, un an, la courbe du bonheur attaque sa phase stationnaire pour ne pas dire phase de lyse (désolée pour les termes microbiologiques, faute à ma formation la croissance bactérienne m’inspire), un couple mal alimenté en émotions ne s’épanouira plus, comme les bactéries ; elles meurent et le couple se sépare, elles sporulent et le couple devient frères et sœurs, amis ou même colocataires. Je perds le fils des idées, voilà dans le cas général et dans les différents scénarios, M. et Mme ne se retrouvent plus au lit, déphasage de libido, blocage, précocité, manque d’imagination, frigidité, incapacité et j’en passe. Monsieur est déçu, plus que jamais, le comportement dans ce cas est si curieux, comme la majorité des jeunes couples tunisiens, discuter de sa vie sexuelle est presque un tabou, l’homme pense qu’en parler est une faiblesse, la femme craint se faire passée pour nymphomane et continue à jouer la comédie (dans le cas d’une insatisfaction dans le sens inverse), l’homme retrouve ses vielles habitudes, la femme retrouve ses amies et ses parties de cafardage interminable, le shopping inutile, ménage abandonné, et un come-back aux scènes de ménage quotidiennes ( pire scénario). L’homme et sa femme pourront être plus civilisés, ils s’ignorent, évitent les accrochages, et comme généralement, l’un deux est toujours attiré par l’autre peut faire un effort pour reconquérir (s’il se rend compte déjà qu’ils touchent le domaine « danger mort »), l’autre perd toute envie et réagit à sa manière, les hommes plus facilement que les femmes (on le sait tous) ont recours à un fast food émotionnel après leurs problèmes de digestions à domicile, l’homme enlève son alliance à la sortie de la maison et part à la conquête d’un monde plus vivant, faute d’effort féminin d’une part et erreur de tact masculin d’une autre. Je défie n’importe quel tunisien prétendant n’avoir aucune connaissance qui se tape une maitresse ou même une amourette en cachette loin de son « enfer conjugal » (qui peut être un vrai paradis paradoxalement). Cet homme insatisfait qui s’adonne aux tromperies et mensonges, va maudire ce choix qu’il a fait au début, oubliant alors qu’il n’a pas réussi à définir ses critères objectivement, cet homme qui plaque sa maitresse pour épouser une fille de bonne famille payera souvent cher la facture, cet homme qui rejette une femme mûre pour une jeune canon, blonde et bête payera aussi. Tout ça, si mal exprimé et incohérent, pour dire il n’existe jamais une femme accomplie, qu’un homme ne peut jamais refaçonner une femme déjà bâtie, que l’harmonie est le secret de la réussite, que la sexualité est la clé de voute du petit temple du mariage, que découvrir sa partenaire et accepter sa vrai personne est le seul moyen d’échapper aux 38% des 11000 couples qui se séparent pour des raison d’ordre physique et sexuel. Je pense pourtant qu’un homme qui ne sait pas sur quel pied danser est sacrément moins dangereux pour le couple qu’une femme qui ne sait pas danser du tout

  • Petit Pays qui saigne

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      J’ai vingt cinq ans, comme des milliers de jeunes de ma génération, nous sommes à Tunis, le 12 janvier 2011, à vingt heure du soir, séquestrés chez nous par un couvre-feu général, on a vingt cinq ans, c’est notre premier couvre-feu officiel !

     

      Tunis est entrain de vivre sa troisième nuit de violence depuis que le soulèvement a commencé dans le pays, je ne vais pas étayer les raisons, conséquences, faits et événements de cette crise populaire insolite, j’ai juste besoin de partager un sentiment qui m’écrase la poitrine.

     

      J'éprouve un besoin douloureux de pleurer, une sensation amère qui me décolle les tripes, j’ai vingt cinq ans, comme des milliers de jeunes tunisiens, on goûte ces sentiments pour la première fois!

     

      J’avais souvent essayé de comprendre la peur d’Anne Frank ou Zlata Filipovic ou encore Ghada Al Sammen, essayé d'imaginer Amsterdam à la deuxième guerre mondiale, Sarajevo sous le siège et Beyrouth pendant la guerre civile! 

     

      Imaginer la peur de ces femmes séquestrées dans leur pays, entourées de dangers imminents, et suivre les nouvelles de Gaza, Bagdad, Koweït, Kaboul, le Zaïre, la Bosnie, le Tchétchène comme on regarde un film, avec le même intérêt détaché. Moi qui pleure parfois secrètement pour l’humanité meurtrie, moi qui n'a vu ou entendu d'arme à feu que la carabine à plombs et les ogives rouillées des Lebels de la France coloniale.

     

      Je vis d'un coup sous la menace de voir mon pays sombrer dans un chaos d'enfer, de voir les tunisiens démolir le pays et leur gouvernement démolir leur vies.

     

      Et après tout ce temps, aujourd'hui même pour la première fois de ma vie, je comprends ce que voulais dire E.E. Hale « On appartient à sa patrie comme on appartient à sa mère. »

     

      Dans mon cœur, la Tunisie prend la forme d'une mère adorée, une mère qui m'a bercé longtemps aussi mal que bien et sans me regarder, puis d'un coup me dévoile son vrai visage, un visage qui saigne, je sens pour la première fois cette peur débile, insensée, légitime de la voir souffrir, de la perdre, cette terrible frustration qui émane de mon envie d'intervenir freinée par je ne sais quelle force bête et obscure.

     

      Mon Petit Pays adoré, ma patrie court le risque de perdre son plus précieux joyau, qu'on croit même contrefait; la paix. Ma Tunisie peut d'un coup se dégénérer et s'immobiliser dans cette maudite seconde que j'imaginais parfois sans la croire possible, une seconde sans paix!

     

      Je pense que le sens de la patrie nous a été transmis dans les gènes, le petit frisson inavoué à l'écoute de l'hymne nationale, la joie folle de voir une de nos équipes ou sportifs cartonner en compétition internationale, la fierté discrète d'avoir les armoiries du pays scellées sur nos diplômes, plus flagrant encore, l'émotion inexplicable qui nous submerge à la rencontre de notre drapeau ou d'un compatriote dans un pays étranger, dans un vol retour de n'importe quelle ville du monde on jubile presque tous à la vue de Tunis, à voir qu'on appartient à cette terre, si humble soit elle.

     

      On a beau le nier la patrie c'est ça, c’est cette affectivité identitaire innée que la détresse déploie!

     

      Au départ et comme plusieurs tunisiens, j’ai refusé de regarder les infos, d’ouvrir les vidéos, de m’emporter, j’avais tellement peur de le croire, jusqu’à ce que le cœur du pays s’embrouille les voix des étudiants entre hymne nationale et étouffement par gaz lacrymogène, normal je fais partie de cette génération bizarre des années 80.

     

      Puis aujourd'hui, la patrie est devenue une épine enfoncée dans nos yeux, elle fait mal à chaque clin d'œil, aujourd'hui je me retiens à peine de pleurer pour ne pas me sentir faible, mais voir ce qui arrive me glace le sang.

     

     

     

     

     

     

  • Rêver les yeux ouverts

    Envie de relaxer, voguer dans des univers inconnus, l'imagination est un atout puissant, un petit clic sur la touche off de la réalité et c'est parti pour un tour sans limite, fermez les yeux on atterrit...

    A Milan satin et saphir dans une loge à la Scala à écouter Vivaldi ou Bach, à Montreux dans une petite barque sur le lac Léman, entourée de brume et de cygnes, à Prague un baiser langoureux sur le pont Charles, à danser une valse sur une arcade au théâtre d'El Jem, à Zanzibar moitié sur le sable moitié dans l'eau, un déjeuné au Rock, à Shanghai sur un banc au jardin Yu Yuan une douce pluie caressant la peau, à Buenos Aires faisant l'amour sur une table de billard au café Tortoni avec en bas fond Carlos Gardel .. 

    Dans mon lit à m'amuser à imaginer la terre aplatie, à maudire les connards qui prétendent qu'elle est simplement un maudit petit village, parce que si c'était le cas, voguer n'aura plus de sens.


    podcastErick Satie, Gnossienne N°4


    podcast
    Johann Sebastian Bach, Jesus Joy Of Man's Desiring


    podcastGabriel Fauré, Requiem Op. 48 In Paradisum


    podcast
    Felix Mendelssohn, Violin Concerto In E Minor - Andante


    podcast
    Antonio Vivaldi, 
    Concerto For Two Mandolins

  • "Faire le coq"; "faire la poule"... De l’homme à l’animal, il n’y a qu’un pas !

     

    « Pour éprouver [sa femme] un mari s'écria

    La nuit étant près d'elle : « O dieux ! Qu’est-ce cela ?                

    Je n'en puis plus ; on me déchire ;

    Quoi j'accouche d'un œuf ! » - «  D'un œuf ? »

    - « Oui, le voilà Frais et nouveau pondu.Gardez-vous bien de le dire :

    On m'appellerait poule. Enfin n'en parlez pas. »                                    

    Jean de La Fontaine,  Fables.

     

     

             « Le Corbeau et le Renard », « la Cigale et la Fourmi », « Le Lièvre et la Tortue »… Qui ne se souvient des fables de La Fontaine ? On les a apprises à l’école et on les a récitées avec de grands gestes théâtraux. Elles font partie de nos premières découvertes littéraires. Mais est-ce uniquement une affaire de littérature ?

     

             Depuis les premiers fabulistes : Esope, Phèdre, Pidpaë ou La Fontaine, la fable a résisté au temps. Appartenant à la littérature moraliste soucieuse d’étudier les caractères humains, de mettre en valeur les qualités et de critiquer les défauts, ce genre littéraire a prouvé qu’il ne se démode pas, l’homme étant le même depuis la nuit des temps : un être doté d’une part de grandeur ainsi que d’une part de misère, capable du meilleur comme du pire.

     

     

             L’animal pensant…

     

             L’une des particularités  de la fable c’est  qu’elle établit un parallèle entre l’être humain et d’autres êtres vivants végétaux ou animaux. La similitude entre l’homme et l’animal a été exploitée par les fabulistes qui l’ont trouvée d’autant plus intéressante que les caractères des uns se perçoivent aisément chez les autres. Autre particularité de la fable, c’est qu’on n’y trouve pas un cadre spatio-temporel précis, ce qui signifie qu’elle nous présente un message atemporel, une vérité d’ordre général qui se confirme à chaque instant. Il est vrai d’ailleurs que le parallèle entre la société animale et la société humaine est plus que jamais d’actualité.

     

             Ce parallèle s’observe et se confirme sans cesse tous les jours dans la société, au niveau des rapports humains. Ainsi, par exemple, il y a les « lions » : forts, courageux, entreprenants, chasseurs et prestigieux. Il y a aussi les « renards » : fins, rusés, subtiles et vivaces. Il y a encore les « hérissons » : prévoyants, méfiants, prudents et opiniâtres. Il y a enfin les « caméléons » : changeants, versatiles, inconstants et lunatiques. Les rapports entre ces animaux pensants obéissent souvent à une seule loi : la loi de la jungle qui donne raison au plus fort. Mais, dans tout cela, qu’en est-il des rapports entre les hommes et les femmes ?

     

     

             Une logique de basse-cour…

     

             Ce qu’on remarque dans la relation entre les deux sexes, c’est qu’elle est souvent très proche de ce qu’on peut observer dans un poulailler. En effet, hormis quelques exceptions, l’homme dans la relation de couple a généralement tendance à «  faire le coq ». Il aime bien s’afficher au premier plan, parader en public, exhibant avec un orgueil démesuré sa crête, attribut incontestable de sa virilité. Il tient particulièrement à se montrer important et irremplaçable pour la bonne marche du foyer (pardon…du poulailler !). C’est à lui que reviennent les décisions importantes et il a le dernier mot en tout car c’est lui qui tient le gouvernail de l’arche familiale.

     

             Dans son ombre se tient la poule, tapie en silence, contemplant d’un œil crédule, attendri et impressionné la parade du coq, persuadée au fond ou en apparence que la supériorité du mâle est dans la nature même des choses. Elle se complaît dans son rôle de femelle aimante et résignée, cultivant encore plus l’orgueil viril et le confortant dans ses certitudes narcissiques. En tant que mères (« poules » bien entendu) leur rôle est de perpétuer scrupuleusement cette tradition ancestrale de l’hégémonie du mâle et de la sujétion de la femelle.

     

     

             Révolte au poulailler…

     

             Cet ordre des choses est resté longtemps imperturbable, jusqu’au jour où quelques femmes ne se sont plus senties satisfaites de « faire la poule » et se sont mises à convoiter, totalement ou partiellement, la place du coq ou du moins à vouloir participer à la parade. En réalité elles ne sont plus tellement persuadées de leur infériorité, du fait qu’elles ont enfin réalisé qu’à leur tour elles peuvent avoir leur mot à dire, qu’elles ne manquent ni d’intelligence ni de courage et qu’elles participent de plus en plus activement aux intérêts économiques et financiers du foyer. Elles se sont aperçues même qu’en ceci elles sont de véritables… « poules aux œufs d’or ».

     

             Ce qui s’en est suivi ?... Une vraie querelle de « basse-cour »… Se sentant voler la vedette, les coqs se sont révoltés et ont déclaré la guerre. Ils ont exprimé leur hostilité, leur agressivité et leur rancune sans ménagement. Le machisme masculin se fait en effet sentir continuellement, à chaque instant de la vie quotidienne : les « poules » au volant sont une vraie calamité ; elles sont responsables de la plupart des accidents de la route ; elles sont voleuses d’emploi, inefficaces au travail, lentes, indécises, mauvaises mères…bref, elles seraient tellement mieux chez elles ! Entendez : au fin fond du poulailler! Et là encore qu'elles se gardent surtout de vouloir "faire le coq"!!!

     

             La trahison…

     

             La réaction masculine n’est pas étonnante en soi ni totalement incompréhensible, dans la mesure où ce n’est jamais facile, surtout pour un coq, de devoir céder ses avantages et perdre du terrain…

     

              Mais ce qui est vraiment ahurissant c’est de voir la réaction de certaines autres poules qui, au lieu d’encourager leurs congénères avant-gardistes et de voir en elles l’espoir de briser enfin les tabous et les préjugés et la possibilité de sortir de leur torpeur et de leur rang de subalternes, se mettent au contraire à leur mettre des bâtons dans les « pattes », en s’acharnant sur celles qui n’ont pas voulu faire comme tout le monde et qui ont préféré essayer de nouveaux sentiers. Elles vont même jusqu’à soutenir et encourager la cruauté des coqs, mues par cet instinct qui pousse les volailles de basse-cour à achever l’une d’entre elles aussitôt qu’elle est blessée.

             Ce comportement est d’autant plus absurde et navrant qu’elles en font autant avec celui-là même parmi les coqs qui serait tenté de reconnaître « les droits de la poule » et l’égalité des sexes. Car, en fait, il aura cessé d’être à leurs yeux le mâle, le maître absolu du poulailler. Et  du moment qu’il ne correspond plus au schéma auquel elles ont été habituées, elles ne le trouvent plus digne de respect… Comme quoi, les poules sont les premières responsables de leur malheur ; elles sont leur propre bourreau…

     

             Or aujourd'hui, avec le retour en force d'un esprit obscur et rétrograde qui s'appuie essentiellement sur la soumission de la femme à la supériorité consacrée du mâle et qui tire sa légitimité d'une certaine lecture du texte religieux, l'on est en droit de se poser la question de savoir si une société moderne et avancée, apte à faire de la haute voltige peut se construire sur une mentalité de basse-cour…

    Sana MAHJOUB 

     PS: Mme MAHJOUB était ma prof de français au lycée.

     

  • L'Enfer

    Une réflexion assez marrante s'est faite circuler sur le net, "L'enfer est il exothermique ou endothermique", c'est soi-disant la réponse d'un étudiant en chimie dans une université du monde, à une question bonus d'un examen de chimie, je l'ai apprécié je la partage tel que je l'ai lu. 

     

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    René Magritte, Golconde

     

    L'enfer est il exothermique ou endothermique:

    La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle (si un gaz se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes. Cependant, cet étudiant eut la réponse suivante...

    Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l'enfer avec le temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l'enfer. Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu'une fois entrés en enfer, les âmes n'en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.

    De même pour le calcul du nombre d'entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd'hui. La plupart de ces religions affirment que si vous n'êtes pas membre de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe plus d'une religion exprimant cette règle, et comme les gens n'appartiennent pas à plus d'une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer...

    Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l'enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l'enfer doit se dilater proportionnellement à l'entrée des âmes ». Par Conséquent cela donne deux possibilités:


    1) si l'enfer se dilate à une moindre vitesse que l'entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu'à ce que l'enfer éclate.

    2) si l'enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d'entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu'à ce que l'enfer gèle.

    Laquelle choisir ?
    Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m'ayant affirmé durant ma première année d'étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte du fait que j'ai couché avec elle la nuit dernière, alors l'hypothèse doit être vraie.

    Ainsi, je suis sûr que l'enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette théorie c'est que comme l'enfer a déjà gelé, il s'ensuit qu'il n'accepte plus aucune âme et du coup qu'il n'existe plus... Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l'existence d'un Être divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n'arrêtait pas de crier "Oh.... mon Dieu !...."

     

     

     

     

     

  • Des origines...


    berbere.jpgMon nom de famille fait partie d’une douzaines de noms qui dérivent tous du même ancêtre, un marabout, Sidi El’ Bachir, ce saint marabout s’est installé avec sa femme dans une vallée du côté du barrage de Joumine (qui figurait sur les billets de cinq dinars jusqu’à 1993) pas loin de Béja, et leurs progéniture s’est éparpillée dans tout le pays, j’ai oublié quand est ce que ce couple saint avait quitté Bejaïa pour venir vivre à Béja.

    Bejaïa est l’une des plus anciennes villes d’Algérie, une ville millénaire qui a porté autrefois les noms de Vaga, un terme libyco-berbère, c’est d’ailleurs la plus grande ville de Kabylie, et elle porte le nom de petite Kabylie.

    Cette grande famille des Béjaoui avait la tradition de s’interféconder, pas de conjoints en dehors de la famille, jusqu’à la deuxième moitie du XX e siècle, ce qui a assuré en l’occurrence une préservation des caractères spécifiques de cette mini-population.

    Dans la fin des années 70, mon père brisa la règle comme plusieurs Béjaoui de la même génération, et épousa ma mère, elle aussi une berbère mais qui appartient à la très grande tribu des Nefzaouas un groupe de Berbères Zénètes qui étaient des nomades et desquels dérivait probablement le fameux Tariq ibn Ziyad, selon Ibn Khaldoun, ce même Tariq auquel le Gibraltar doit le nom !

    Ces tribus de berbères nomades et sédentaires sont les premiers occupants de cette grande Ifriqiya, le grand Maghreb d’aujourd’hui.

    Je vais pas en faire un cours d’histoire, j’essaye justement de trouver mes repères, et de savoir enfin pourquoi je ne ressemble pas aux Arabes, et pourquoi quand je ose dire que je ne le suis pas je risque de me voire traitée de tous les noms et accusée de traitrise !

    Je ne descends pas d’une grande famille dont l’ancêtre était un conquistador arabe, je ne suis pas l’arrière arrière petite fille d’un aristocrate turc aux yeux bleus, je ne fais pas partie de la descendance d’un grand cheikh kairouanais de l’époque,  je ne suis pas le fruit d’une hybridation entre colon français et indigène tunisienne, je suis une berbère race pure, c’est une question d’origine non pas de religion.

    Avant de passer à ma petite personne, je souhaite rectifier une information, nous ne savons peut être pas tous que Tunis doit son essor aux Almoahades puis aux Hafsides par la suite et qui sont tous des Berbères !

    Étymologiquement le mot Tunis que beaucoup croient arabe dérivant du mot « Ons » et qui signifie presque ce qui enchante, qui rassure, est en réalité issu du mot « ens » qui en dialectes berbères, se définit comme  « se coucher » et par extension  un endroit où passer la nuit, puis grâce aux français, le pays devient Tunisie !

    Maintenant je suis bien une berbère dans un pays qui porte un nom berbère !

    Et le fait de me voir classée en berbère et non arabe, n’est ni un mépris envers ce qui est Arabe (c’est ma culture, ma langue, ma religion), ni une fierté de ce qui est Berbère (moi et l’univers domestique de la femme Kabyle et l’idéal féminin qui dépendait de la fécondité ??!!!!).

    Toute cette réflexion m’a permis de définir mes grands traits de caractère qui font de moi la femme que je suis,  la plupart des tunisiens souffre de ce mal identitaire, on nous dit depuis la petite enfance que nous sommes arabes et on grandit avec la grave évidence de ne pas l’être, jusqu’à ce qu’on réalise par nous même que ce n’est pas un pêché d’être autre chose !

    Il m’a suffit d’assumer ma spécificité, l’authenticité de cette identité, pour forger résolument ma conscience, j’ai réalisé qu’arrêter de ressembler à autre chose que moi, va me permettre une émancipation totale.

    Décidemment Je suis une femme, berbère, monothéiste, musulmane peu pratiquante, pseudolaïque, rebelle, citoyenne du monde sans à avoir me déplacer, par dessus tout une femme libre.

    L'Homme Libre, l'emblème des Amazigh, je comprend pourquoi cette obsession qui marque toute leur culture, ce besoin vicéral, cet acharnement bestiole à préserver de toute leur force cette valeur, la liberté pour un berbère est l'essence même de son existence.

    Etre alaise avec ce que je suis est un bon début pour que les autres qui me trouvent différente se trouvent alaises avec moi.

    Photo: Lehnert ET Landrock.