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Cybelle's Folks

  • Rêve Indien

    En survolant l'Inde, je regarde le paysage défiler à travers les nuages. Les maisons avaient l'air de morceaux de confiserie.  J'avais très envie de m’y jeter dessus. Je veux voyager comme ces gens qu'on transporte.

    Je veux nouer un vœu au Taj Mahal et être aimée comme Mumtaz, allumer une bougie flottante au Temple d’Or d’Amritsar qui lui a couté sa vie à Indira Gandhi, arpenter les montagnes enneigées de Cachemire et faire le yoga à Rishikesh, apprendre à faire des soins ayurvéda et cuisiner à l'indienne.

    Je veux porter un sari à la Bollywood, monter en éléphant et traverser les jungles de Kerala, porter de vraies pierres précieuses et sentir le vrai parfum de Pondichéry honoré par la maison Dior, me barbouiller de couleurs au Holly Festival et danser dans un mariage à en avoir des ampoules.

    L'Inde est surpeuplée, sous-développée, sale. On ne voit pas la majesté des Maharajas et Shah Mughals dans les bidons villes qui dévorent le paysage ni sur les indiens eux-mêmes aux habitudes hygiéniques très douteuses. Sauf que l'Inde est une terre incroyable qui alimente les imaginations et les rêves de plusieurs personnes autour du monde.

     

    La semaine prochaine j’irais voir le Taj Mahal. J’en parlerais amplement. 

  • Nostalgie des plaisirs tout court

    Il pleut à Paris, c'est vraiment miniut à Rome je ne pleure pas j'y suis presque! Je marche à Roissy avec deux collégues, en silence après un diner à la brasserie Le Village, j'étais si heureuse et triste!

    Quand il pleut je pense à Joanna Lumley. Ça évoque en moi ce romantisme muet des voyages en train et la nostalgie d’un temps révolu où passer d’une ville à une autre fut un exploit et les rêvent se mesure en projetant ses aventures vers des terres lointaines et inconnues.

    J’adore la pluie, ça me manque la pluie ça me rappelle tous les plaisirs simples qu’on oublie souvent sous l’ombre des grands plaisirs qui eux-mêmes se ternent et perdent leurs magie à force de se faire accessibles ; voyager est l’un de ces grands plaisirs de la vie.

    Voyager pour moi est devenu si banale au point de me sentir triste quand je dors dans de nouvelles villes et ne faire rien d’autre que dormir ! C’est tellement excitant de se déplacer sur la carte du monde comme ce « pin » rouge de Google Maps, tapez le nom d’un endroit et dans la seconde qui suit un machin rouge en forme de goutte renversée s’écrase sur la carte, voilà vous y êtes !

    On voyage à cette vitesse quand on travaille en aviation, on balaye le monde dans une course folle comme quoi on veut  vaincre le Soleil, souvent on survole le monde à la même vitesse que lui !

    Dans ce mouvement de rotation autour du globe on n’arrive à voire que peu de ce qui nous entoure, à force de transiter, à force de pratiquer cet état omni-dynamique similaire aux astres on contracte le vertige des derviches tourneurs novices ; une entité détachée de son environnement à orbiteal bidirectionnel abstrait.

    L’on oublie presque que c’est miraculeux de dormir en kimono à Tokyo, bronzer aux Seychelles, et se bourrer de Simonsig à Johannesburg la semaine même, tout en s’enveloppant d’une couche de poussière d’Arabie en passage !

    L’humain éternel insatisfait se demande pourquoi l’on ne peut simplement garder cette excitation quoi qu’il arrive !

    Joanna Lumley et ses plaisirs simples, les derviches tourneurs excentriques et le pin rouge de Google Maps auront peut-être un autre avis. Qui dira quoi ?

     

     

  • Escale

     

    Je l'attends vêtue de cet affreux uniforme je l'attends avec un cœur battant et des yeux écarquillées je l'attends en buvant un thé brulant  dans le cafeteria du bâtiment technique de l'aéroport.

    Entourée de ces hôtesses de l'air en sacs à patates en bordeaux, qui comme moi ont l'air clonées identiques au point de perdre leur propre identité. 

    Je commence déjà à stresser, mon cœur accélère ses battement et des gouttes de sueur apparaissent sur mon front, j'ai l'impression que tout le monde est au courant que j'attends mon homme, rencontrer mon homme dans un endroit tabou où les relations se voilent d'un épais draps de mensonges camouflages et tricheries et, faire la comédie des simples collègues est trop excitant, l'homme redevient une conquête et tout ce que j'ai partagé avec lui pendant plus qu'un an se résume en cette petite rencontre.

    J'ai la chair de poule, je ne savais plus si je dois attendre ou partir, cette possibilité de rater son chemin, ces dix éternelles minutes entre moi quittant et lui arrivant, ces dix minutes à elles seules détermineront ma journée, je rentrerai chez moi avec une certitude que le monde va bien et que demain un autre espoir.

    Je m'impatiente, le temps fait une course folle contre mes nerfs, je me sens ridicule, je vis littéralement avec lui et je m'affole pour dix minutes dans un endroit où je ne pourrais même pas toucher sa main!

    Pour une seconde j'allais quitter quand il franchit la porte, dans son uniforme noir super macho, sa barbe et ses yeux espiègles qui me cherchent il me trouve et m'ignore il s'approche fait l'air surpris serre ma main officiellement et demande la permission de s'assoir à côté. Je fonds dans mon siège mon sourire avale le cafeteria et l'aéroport, mon souffle reprend calme et l'oxygène recoule dans mes veines!

    Des papillons, cerf-volant et nuages cotonneux remplissent l'endroit engloutissent tout le monde il ne reste plus que lui et ces dix minutes éternelle!

     

     

  • Sur la grande muraille

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    Shanghai, le nom à lui seul suffit à vous faire rêver, sans même être sûr que le nom évoque la Chine dans sa majesté impériale ou bien celle de cette délicieuse empreinte cosmopolite du colonialisme révolu. Shanghai on ne sait jamais à quoi ça ressemble jusqu'à ce qu'on y mette les pieds. Et Shanghai serai pour moi demain.

    Pékin fut différent, j'y suis arrivée une nuit d'été où tout enveloppé dans un voile noire ponctué de lumière. Je n'arrivais pas à dormir à cause du décalage horaire et très tôt le matin je suis allée au parc à côté de l'hôtel. Il fut très calme la brume enveloppe la ville Et malgré les embouteillages qui naissent dans les rues qui l'entoure, Le parc semble flotter au-dessus de la ville. Les arbres typiques de l’Asie, saule pleureur et ginkgo biloba, les arbres vous feront penser aux peintures chinoises et livres de fables là où une princesse peut naître des gouttes d'eau sur une feuille de lotus, une beauté simple. La brise caresse les arbres et les arbres éternuent leur pollen et pétales l'air se rempli de particules très légères comme les aigrettes de pissenlit, ou comme des flocons minuscule de neige fraiche, ce silence et l'absence de gravité me soulage les nerfs tendus, je m'allongea sur un banc et je ferme les yeux je suis un pissenlit je suis si légère si vide et l'âme du dragon m'absorbe.

    Une lucidité soudaine me transperce" Je suis vraiment très loin de chez moi", j'avais pensé à ce livre de Paul French: Midnight in Peking! De quel Peking parle t-il!!

    Le parc se rempli de monde, des retraités pour la plupart, ces gens qui n'arrivent plus à dormir tard le matin à force de se réveiller tôt tous les jours depuis trente ans, alors ces gens se rassemblent en petit groupe, une personne qui semble en savoir plus que les autres enchaine une chorégraphie de mouvements méthodiques comme si on se bat avec le dragon en mode ralenti, quelqu'un m'a dit après c'est du Tai Chi.

    Un groupe de vieil hommes se rassemblent autour d'un fontaine, chacun avec une ou deux boites couverte en tissu bleu, ils accrochent les boites sur dans les branches d'arbres et enlévent la couverture, à ma surprise c'était simplement des cages à oiseaux, on a tous droit à sa promenade matinale même les oiseaux en captivité!!

    Dans cette enveloppe silencieuse qui engloutisse le parc et qui semble s'étendre jusqu'au chiens qui n'aboient pas et aux enfants qui ne crient pas seuls les oiseaux ont le droit du veto, leurs chants déchire le silence et la brume!

    Plus proche de mon banc une autre personne décide de briser cette atmosphère incroyable de fables chinois, un vieillard déjanté avec un walkman-cassette un sac en plastique et presque plus de dents, il chante enregistre sa voix dans son gadget et puis rembobiné et écoute son chant, il avait l'air amusée, je m'assoit à côté de lui il m'allume une cigarette, il me met une vieille chanson d'opéra chinoise et il m'explique en chinois que la musique est une langue universelle! 

    Je retourne à l'hôtel pour mon rendez-vous de neuf heures, j'avais engagé un chauffeur privé pour me rendre à la grande muraille. Je me suis endormie sur la banquette arrière. La ville avait disparue quand je me suis assoupie et j'avais une voix dans ma tête me disait "Et si on te kidnappe, enlève tes organes internes et t'enterre! Et si on te vend pour concubine à un riche chinois!' Et tu la ferme et me laisse dormir"

    Quand je me suis réveillée des montagnes aux sommets bombés vert se défilent des deux côtés de la route. On arrive devant le site, une sensation de petitesse et de solitude m'envahissent, une pente aigue, une muraille qui serpente à droite et à gauche elle suit les points les plus élevés de sorte que au-delà du mur l'on ne voit rien, elle s'étend vers l'infini, disparaisse au brouillard avec la montagne, c'est comme un dragon endormit, la majesté c'est le premier mot qui me vient en esprit, rien d'autre ne mieux décrire cette vue grandiose et mystique comme un fable chinois!

    La section Mutianyu de la grande muraille est apparemment moins visitée à Pékin du coups il y en exactement le bon nombre de touriste qu'il faut pour admirer la vue se déplacer prendre des photos sans être étouffer par les gens autour.

    Pour monter il y'a deux moyens, un téléphérique qui n'a rien d'un téléphérique à par la fonction, au faite c'est la même banquette attrape-fesse des stations de ski, sauf qu'ici si on perd son équilibre il n'y aura pas de neige pour le recevoir, mais les branches des arbres et les roches, l'autre moyen c'est escalader le sentier piéton. Pour contrainte de temps seulement et pas parce qu'on m'a appris la paresse dans ce boulot j'avais opté pour le machin-attrape-fesse made in China qui m'a déposé saine et sauve en haut malgré qu'il craquait sous mon poids!

    En haut c'est autre histoire, ce n'est plus la somptueuse muraille de Chine mais une route qui s'élève de part et d'haute vers l'infini, et sur laquelle l'imagination fleurisse, me voilà sur la muraille, arpentant pentes et escaliers cliquant des photos admirant la vue, une pensée m'amuse, devant moi s'étend la Chine l'énormissime Chine du milliard et quelques millions d'êtres humains, de l'autre côté devrait être la Mongolie, sauf que ce n'est plus, et ce milliard de chinois un jour heureux avaient décidé de pousser la frontière au-delà de la muraille pour conquérir du territoire! Ça aurait dû être plus excitant de se trouver physiquement sur la frontière de deux pays, l'un de ces rares endroits du monde où la géographie devient plus tangible et regagne une forme, comme passer Le pont du Bosphore, Le Gibraltar, Le cercle polaire ou même Nanyuki à La vallée du Rift où passe l'équateur! 

    Je crève des endroits "géomagiques"! Et Shanghai serai pour moi demain!

     

     

     

     

  • Une route à Bangkok

    Très tôt le matin dans un bus sur une route embouteillée de Bangkok, le ciel vêtu de nuages couleur bleu gris, le conduit de climatisation souffle au-dessus de ma tête un air sec et glacial, et le frisson au long de ma colonne vertébrale. Tout me file une drôle d'impression d'hiver, ça projette de ma mémoire les souvenirs de matinées nuageuses et fraîches oû aller au lycée n'avait plus qu'un seul sens: échapper à la froideur de la maison, de maman qui déprime et du frigo vide.

    Ce matin je me demande à quoi donc m'échapper en faisant ce boulot; à mon être qui déprime ou à ma vie qui se fait vide. Qu'est-ce que je fais ici à Bangkok très loin de chez moi qui apparemment n'existe plus.

    A force de voyager en paquet postal j'ai perdu le sens de la pesanteur, je suis en état d'omni flottance indéterminée, le seul clou qui me retient sur terrain ferme est cette imbécile joie que de me trouver à côté de mon barbu, pour une seconde j'aurais l'air d'une romantique obsédée mais honnêtement qu'est ce que le monde sans ceux qu'on aime.

    J'attends la fin de cette route embouteillée de cette Bangkok à la matinée nuageuse faussement hibernale purement tropicale, peut être j'arriverai jusqu'au bout de ma route à moi et trouver ma vocation.

     

     

  • Lost In Translation

    En ce moment bien précis je me trouve à l'hôtel Manila, aux Philippines, très loin du Qatar et de la Tunisie, très loin au point d'en avoir l'insomnie, ici au Levant le sommeil me quitte, il se colle toujours sur mon siège strapontin à l'avion, et rentre à la maison attendant mon chèri. D'ailleur je ne dors bien que dans ses bras.

    Ici au Levant je trouve un sens à l'exil, cet air lourd humide chargé d'odeurs de nourriture bizarroïde, cette facilité avec laquelle ces gens vivent, ignorant tous les soucis du monde entier jusqu'à les leurs. Le Levant me dépasse, m'effasse, me réduit à une zombie essayant déseperement de dormir, Manilla, Bangkok, Jakarta, Seoul, Singapore et même Melbourne dans son ultramoderne amabilité, ils me laissent tous abbatue fatiguée innervée et surtout très éveillée.

    Ici ce soir ou cet après midi, je n'en sais plus à quel faisceau horaire me repérer, je suis dans cet endroit qui défie le temps et l'espace. Une bâtisse centenaire, d'apres l'histoire, le général Mcarthur a loge dans une chambre de cet hotel en 1935 et l'a quitte six ans apres, je tourne en rond cherchant un coins qui pourra foudroyer mes neurones et m'envoyer au lit. Je me demande qu'est ce que Hemingway voulait réellement dire par "It's a good story if it's like Manila Hôtel"!!!!! Sérieusement cela sonne comme le délire qui m'envahi au Levant, cette Scarlette Johansson collée à la vitre d'un hôtel à Tokyo, l'on se sent pour de vrai "Lost in translation" dans ce coin du monde aussi délabré que Dan Brown l'a qualifié de Portail de L'enfer!

    Mais l'hôtel Manila est dangereusement beau, intriguant comme un vilain petit canard, on pense que la petite surprise de sa facade sera tout ce qu'il a à offrir puis une fois à l'intérieur, un pianiste talentueux jouant Nat King Cole nous arrache en un flash hilarant vers l'ére coloniale, le plafond en bois massif du hall principal et les lourds lustres suspendus semblent renverser les lois de la gravité, le marbre froid noir et blanc et l'air rustique authentique de son mobilier semblent défier la chaleur cajolante des orchidées parsemées sur les tables et la base des colonnes.

    Semble-t-il que Hemingway après tout n'a pas déliré, cet endroit est une belle histoire si seulement j'y arrive à dormir. Ou même à retirer de ma mémoir ce film de fou que j'ai vu hier ou peut être ce matin, The Hidden Face d'Andrès Baiz, me trouver seule dans une chambre de cent an et plus me rend encore plus anxieuse. 

    J'emmerde ces vols long trajet vers le soleil, ça dévore mes heures ça dévore ma vie.

  • Sept jours en Egypte

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    Première semaine de mars, ne savant pas ou aller (à force de voyager autour de la planète); mon barbu et moi avions pioché dans nos "bucket list", comme on a piqué Zanzibar la fois d'avant de ma liste à moi, et parce que l'égalité est notre soucis, on a choisi l'Egypte de sa liste, lui jeune homme fêtard pétant l'énergie pensa à Sharm El Sheikh, à la plongée et aux fêtes moussante la nuit, moi j'avais la tête tournée vers les pyramides, on a donc parti pour un pays plus instable que le mien.

    On a atterri au Caire vers cinq heure de l'après midi, notre avion pour le sud de Sinai décollera à huit heure, heureux d'embrasser notre première narguilé égyptienne, nous avions couru vers la sortie, à la douane grande surprise, mon passeport tunisien ne me permet pas d'entrer l'Egypte sans visa, pourtant à l'aeroport on m'a confirmé le contraire.

    ATTENTION tunisiens pas d'entrer en Egypte sans visa. On m'a entrainé dans les coulisses de l'aeroport délabré du Caire d'un bureau à un autre, d'un officier à un autre plus richement décoré, jusqu'au dernier qui passe un coups de fils direct à "Maali Lzawir" Monsieur le ministre en personne, qui lui a autorisé à me donner un laisser passer, l'officier me questionne, flirtant discrétement et fumant des cigarettes puantes.

    A la sortie des gens nous entourent proposant toute sorte de service, j'ai paniqué encore plus et mon barbu très occupé à chercher un endroit pour fumer sa shisha, j'ai craqué!

    Au cafe shisha il a payé 50 pounds pour du thé et une shisha, puis 50 pourboire au serveur et encore 20 au mec qui fait les shisha, ce qui m'enerva encore plus au point de lui interdire la gestion du budget, on Egypte les gens n'ont pas de scrupule, tout est payant jusqu'au mot bonjour.

    C'est tout ce que j'ai vu du Caire en deux heures, on été plus que ravi de quitter vers notre Sinai isolée, on est arrivé la nuit, mon choux a su choisir l'hôtel, le Hilton Dreams est le meilleur deal, emplacement parfait, rapport qualité prix super et ambiance chaleureuse!

    Pour 100$ la chambre double en nuité LPD, il y'avait du monde et le temps du début d'été, simplement idéal. Notre premier jour à la plage fut une déception pour moi, pour être honnête et objective; des îles Maldives à Zanzibar à l'eau verte du golf aux plages de l'Inde et du Sri Lanka, rien ne vaut Mamoura, Djerba ou Kelibia, rien ne ressemble aux plages tunisiennes, au sable blanc et fin, à l'eau cristalline et à la temperature idéale sans requins ni créatures mortelles, on ne reconnaît la valeur de ce qu'on avait que quand on ne l'a plus; plus ou moins ça.

    Bref la plage était médiocre, seule l'ambiance du désert et la majesté de Sinai avec ses pics aigus couleur chocolat donnaient à la mer un goût de fraîcheur sauvage. J'ai arrêté de rêver de la Tunisie sur le territoire égyptien à côté d'un barbu en feu, il n'arrêtait pas de bouger ou boire la stella blonde locale ou sauter dans un banc attaché à un speed boat! Moi je pensais au patrimoine israélien et à ce village qui doit l'existence au meilleur ennemi des égyptiens et arabes tout court.

    La nuit un saut dans un restaurant de la mer Chez Fares dans Il Mercato, même l'absence du vin ne nous a pas tourné la tête du délice pur d'un loup de mer frais grillé sur feu de bois. Mieux qu'un restaurant où des italiens y cuisinent c'est un restaurant où des italiens y mangent, ils étaient partout, bruyants comme des italiens mais surtout très connaisseurs comme des italiens, Chez Fares les italiens se plaisent et de même étions nous!

    Je mentirai si je prétendrai ne pas rêver d'un verre de sauvignon blanc Sultan du domaine Kurubis bien frappée ou d'une coupe de sorbet citron acidulée arrosé de boukha, j'aime simplement cet art finesse de manger à la méditerranenne en Tunisie.

    Comme toutes les villes au bord de la mer Sharm el Sheikh offre les mêmes activiés, mon chéri m'a défié d'aller faire de la plongée avec lui, une chose que je ne me suis jamais cru capable d'aborder, la mer me file la chair de poule pourtant je me suis lancée, on a bordé un bateau à la Jacques Yves Costeau avec une vingtaine de touristes, avec nos masques et nos palmes; je n'ai pas laché la main de notre coach, je me suis perdue dans ce monde sous marin bleu infini peuplé et vide. 

    Une après midi quad dans le désert nous absorbe dans une sorte de majesté silencieuse inspirée par les gigantesques rochers d'une couleur rouge brun qui se contraste avec le ciel bleu mauve du crépuscule, l'odeur du thè bédouin et l'echo de nos voix qui se brisent sur les roches nous jettent sur les pas de Moise et ses commandements perdus, ce désert me semble être une porte entre deux mondes ou deux temps je n'en savais plus.

    Le retour vers le Caire était mal plannifié, nous avions prévu un tour en bus vers le Caire mais les routes étaient coupées, en moins d'une heure nous avions reservé un hôtel à Zamalek, un guide et un chauffeur pour nous faire visiter les pyramides et le musée du Caire.

    Le musée fut notre première escale dans cette matinée fraîche et venteuse de printemps, j'avais réussi à mettre mon barbu en feu pour Tutankhamun, je l'avais bombardé d'histoires de fouilles archéologiques de trèsor de malédiction et tout un monde magique, puis au musée le guide nous entraînait d'un hall à un autre, je voyais l'excitation grandissait dans les yeux de mon homme, une fois devant la pièce capitale, la chambre du rois, il vibrait comme un enfant, le trèsor fut fascinant, ce visage en or massif, ce sarcophage en or massif et tous le brouhaha du pharaon le plus controversé le plus fameux de l'Egypte. Ce musée a été victime de vandalisme durant la révolution de 2011, je me rappelle avoir pleuré comme j'avais pleuré pour le musée de Baghdad cinq ans plus tôt, un saccage du patrimoine mondial. Le musée du Caire est un endroit très mal entretenu qui abrite un trèsor digne du Louvre.

    Les pyramides par contre étaient un symbole vivant de l'ingéniosité presque miraculeuse de ces Égyptiens d'il y'a cinq mille ans, et qui continuent à dominer ce desert presque intacts. Nous avions parcouru la vallée à dos de chameau, un voyage dans le temps en seulement une heure, le sphinx commence à apparaitre entre les dunes, mon sphinx derriére moi me demande comme un enfant de raconter une de ces histoires à la Lawrance d'arabie. 

    La nuit tomba sur le Caire, le Nile dans sa course éternelle vers le nord me fait penser à Entebbe, au lac Victoria, aux gorilles de l'Uganda, à l'origine, au voyage de l'eau et de la vie du coeur de l'afrique noire qui se verse dans la mediterranné une autre dimension. Notre temps en Egypte ne nous permettra pas de fumer au café Fishawi ou de marcher à Khan Khalili ou de rendre hommage au Shah  Ali Reza Pahlavi enterré à la mosquée el Rifai, mais pour faire nos adieux à cette capitale fascinante, il m'invite à diner sur un bateau, nous avions gouté au rouge Omar khayam sur le pont du bateau, il faisait très froid, je me perds dans les eaux noires du fleuve et les lumières d'une ville qui a du mal à concilier son passé et son future. Il me réveille de ma rêverie avec un doux câlin et un "come baby we gonna miss the show" A l'intérieur, une danseuse de ventre vacille au rythme de la darbaka et un homme à la "tannoura" tourne son jupon à la derviche.

    L'Egypte nourri et tue les rêves, fascine et répugne, t'attire dans un tourbillon de gens et d'histoire, stimule tes sens, t'arrache une promesse d'y retourner un jour, quand passant sur le pont Cobry 6 Octobre vers l'aeroport le Nile qui se réveille commence à te parler.

  • L'Iran vue par un français lue par une tunisienne

    Parce que je suis en couple avec un iranien barbu qui me ressemble trop et qui n'a rien de l'image qu'on puisse avoir à m'entendre parler de barbu et de l'Iran, un blog interessant m'a aidé à comprendre certaines choses vue par un étranger francophone! 

    http://iranistan.over-blog.org/

  • Trois minutes à Shiraz, une nuit à Kigali un barbu et moi!

    Il faudra que je vous parle du Rwanda pas seulement parce que j'avais rencontré mon chèri à Kigali, je me préparais pour un aller retour Riyadh ce matin là quand on m'a appelé du bureau, changement de cap tu dormiras à Kigali ce soir j'ai jeté quelque vêtement léger dans ma valise et sauté vers le terminal technique!

    A l'intérieur de l'avion on rencontre notre capitaine et son copilote, on se présente puis chacun s'occupe de ses moutons; un visage familier était là à part celui de la chef de cabine une mauricienne malicieuse, le copilote un barbu au visage enfantin il souriait chaleureusement avec une expression de "on-se-connaît-déja" j'ai hoché ma tête en signe d'affirmation! l'équipage était sympathique, quelque part au dessus de l'Afrique j'ai revu mon copilote barbu il souriait encore de la même façon, autant lui répondre, oui ce fut à Shiraz il y'a cinq jours, "ah tu m'as serré la main à la sortie du cockpit c'est vrai!" je me rappelle de lui un iranien pure souche, des yeux très tendres qui pètent le feux et un sourire confident et délicieux, l'on se sent dans l'immediat dans une atmosphére amicale, "tu as des plans pour Kigali?" me demanda-t-il!

    Oui, toujours là ou je vais je sors découvrir la ville! J'ai envie d'aller voir le mémorium du génocide du Rwanda, puis aller diner! "ça sonne bon on y va ensemble!" et il fait un clin des deux yeux au même temps super rigolot! 

    Dans le bus vers l'hôtel il s'assoit dans le siége devant moi, il tourne toutes les trois secondes pour parler et puis il arrache le repos-tête ridicule pour voir mon visage, je mentirai si je dis que la personne ne m'a pas attiré, mais je mentirai aussi si je dis qu'à ce moment de la journée je savais que j'avais l'homme qui sera ma moitié en face de moi! On arrive à l'hôtel, tout le monde décide de sortir, euh à part la fille indienne (les indiens ne sort jamais en découchés, ils restent dans leurs chambres et économisent leur argent)!

    On a couru vers nos chambres changer, puis on s'est divisé sur deux taxis, le capitaine la japonaise la chinoise et la serbe ensemble, moi la mauricienne et le barbu ensemble, je pense souvent si à ce moment là les chosent se passaient encore d'une façon aléatoire ou est ce que une volenté invisible guide nos choix!!!

    Il n'a pas cessé de parler avec moi, politique, histoire du pays, paysage, beau temps et boissons! à l'arrivé devant le mémorium j'étais totalement absorbée par l'atmosphère africaine sobre verte et incroyablement propre comme on en ne vois jamais sur ce continent, Le lendemain vers l'aéroport notre bus fut arrêté par une patrouille de police, le chauffeur a presenté une autorisation de conduire, c'était l'un de ces samedi sans voitures où tous les citoyens s'acharnent à nettoyer la ville, pour effacer l'odeur de la mort pensa à haute voix le barbu! Une prise de conscience qui a valu à Kigali le titre de la capitale la plus propre d'Afrique!

    A la réception j'ai souris à la vue des africains, je lui ai dis, j'adore ces gens et il a souris moi aussi! ce "moi aussi" sera desormais l'expression la plus utilisée entre moi et cet homme tout au long du séjour! A chaque fois on se parle deux trois trucs s'avérent partagés, vécus, appréciés, désirés,  detestés ou même inconsciemment sentis de la même façon! Amusant au départ, bisarre après pour finir par être hallucinant et attrayant!

    On a loué un guide audio pour notre tour, inutile de dire que le reste des filles n'étaient même pas intéressées de faire le tour du lieu, c'est en général un comportement commun de la part des hôtesses, accro au shopping et clubs de nuits, rien au monde n'attire leur attention!

    Je me suis trouvée alors en compagnie d'un homme mignon très confortablement rapprochés et les blagues et histoires n'en finissent jamais!

    Le mémorium est un endroit lugubre, établi en l'honneur de ceux qui on succombé à la folie meurtirère du génocide des hutus et tutsis, à l'intérieur on réalise terrifié l'ampleur du massacre, la profonde abomination de cet acte de folie soudaine, ce fut comme si un jour l'enfer s'est ouvert sur terre et le diable en personne se baladant dans les rues s'amuse à tester ses pouvoirs là où tous les dieux de tous les temps semblent ignorer l'existance! 

    Mes pieds ne pouvaient plus me soutenir; il était juste à côté dans un état pareil d'hébétude, il tourne en rond ne savant plus sortir ou finir ou me consoler, à l'extérieur l'air frais de l'après midi et la lumière dorée sur les collines vertes inspirent quiétitude et paix, je me suis jetée sur une chaise à la terrasse, terrassée par les photos et informations lui debout en face me regardant avec compassion! 

    J'ai besoin d'un verre, dis je, je veux juste en finir avec ça! il me prend en promenade dans le jardin, il me prend en photo et il dit "regardes toi briller au milieux des roses!!" je n'avais rien compris à cette phrase pourtant simple, mon cerveau refuse toujours d'admettre que quelqu'un puisse m'admirer simplement et le dire simplement! 

    Notre chauffeur nos propose un saut à l'hotel des Milles Collines ou Hotel Rwanda selon le film de Terry George de 2004 relatant l'histoire réelle de Paul Rusesabagina le proprio, à l'hôtel on regardait ensemble la piscine du balcon de la terrasse quand le chauffeur nous raconte que durant le génocide des gens venaient boire de cette piscine jusqu'à l'épuiser, on s'est regardé pour nous réchaffer des yeux de ces informations glaciales, là j'insiste pour qu'on aille manger et boire, je fredonne Video Games quand il passe à coté, "Merde tu connais ça aussi!!! je l'adore!" 

    Devant l'entrée de l'hotel on prenait des photos, j'ignore totalement comment je me suis trouvée bras dessus bras dessous avec lui à prendre une photo avec son mobile! C'était extrêmement naturel comme de vieux copains! 

    On marchant vers le restaurant Chez Robert dans la même rue, on continuait nos blagues et j'aimais ça, il me faisait sourire sans trop d'effort j'aimais ça, il est adorable et j'aimais ça! Encore une photo!

    Une bière pour lui une bière pour moi, une Primus locale bien frappée en attendant le buffet, le capitaine indonésien musulman s'enfoui vers l'hôtel la bouffe n'est pas halal! Lui et moi semblent très heureux de nous débarasser de cet homme trop sérieux pour une telle atmosphère!

    Le temps passait doucement comme un rêve pimenté au pili-pili! Assis face à moi il étalait devant moi notre complicté naissante de nulle part et l'évidnece qui se découvre aux yeux trop curieux de ma chef de cabine qui me chuchote quand je lui allumait une cigarette! Allumes le allumes le! Mais qui??? L'iranien barbu au visage enfantin! Mais pourquoi? Mais oui c'est vrai tu as raison je l'aime bien lui!

    Je me léve pour me resservir il se léve aussi, la bouffe c'est une de mes passions, pour lui aussi ma foi!!!

    Il dépose son plateau m'enléve le mien, m'invite à danser, une accolade imperceptible qui m'a totalement frisé, euh comment danser cet air de zouk très sensuel, ces mains chaudes et généreuses et cette profonde confiance qui se faufile de ne je sais d'où! 

    Tous bascule dans ma tête, le temps la nuit tombée les autres et tout ce que je crois et je sens! Je n'avais plus d'yeux que pour lui et lui pour moi et ça chauffe trop et les autres s'amusent à nous voir succomber à une sorte de délicieuse découverte de nous même avec nous même! 

    On retrouve nos chauffeurs avec le capitaine en moins! La mauricienne et moi étaient les seules à parler français, les rwandais sont moitié francophones moitié anglophones, et elle a décidé qu'on se sépare elle et moi pour cette raison; elle a pris les filles et je suis allée avec le barbu, en négociant le prix du taxi avec le chauffeur, je me suis trouvée avec une main serrant la mienne très doucement, la première étreinte délibérée, mon coeur chavire!

    Dans le taxi je me suis soumise à un bras autour de mon cou et des lévres caressant ma nuque et le flot des mots d'Alex notre chauffeur se heurte à notre soudaine chaleur qui ne cesse de monter, j'étais pourtant trop passive, et il était encore encore très tôt dans le soir! 

    Je voulais un thè quand on est arrivé à notre hôtel, il me massait les épaules et c'était très relaxant, il m'invite pour un thé dans sa chambre et là j'ai paniqué, et je me suis rappelé de ce que disait une copine à moi! Pas au lit le premier soir!!! Comment résister? Qui saura si je le reverrais encore une fois? 

    Il faut que j'aille dans ma chambre j'ai besoin de me changer.... ! lui dis je en omettant le dernier mot "les idées" il a paniqué, cru que je lui roule un lapin, "Je viens avec toi!" Non vas y prépare nous le thè je me change et je viens! j'ai couru dans ma chambre décidant de pas y retourner!!!

    Un quart d'heure après je me suis trouvée dans la chambre du barbu, buvant du thé ma tête sur ses genoux à regarder CNN et parler des islamistes! 

    Des mois plu-tard on retourne au souvenir de cette nuit à Kigali, il disait que quand on s'est carressé des mains à la sortie de Chez Robert il a su que ça ne va pas finir au Rwanda! Sincérement je n'en sais rien jusqu'aujourd'hui, ni comment ça va finir ni même si ça finira un jour! 

  • Amour et tarte aux pommes

    Mon chouchou fête son anniversaire seul à Trivandrum, une ville au sud-ouest de l'Inde, travail oblige il opére ce vol depuis Doha puis il part pour une découchée inutile, je n'ai pas réussi à avoir un siége sur ce vol, alors je suis ici il est la bas!

    Le matin c'est notre moment préféré on se voit souvent trés tôt après un long vol, demain il passera me voir, je lui prépare une tarte aux pommes cannelle et noix de pékan!

    Sincérement je m'y mette avec un grand plaisir, je n'aime pas trop la pâtisserie mais il me file l'envie de revoir mes préférances, il suffit de voir comment il mange ma bouffe, une pure récompense pour l'effort et le temps passé à la cuisine, ici à Doha où il fait souvent 45°c et plus cuisiner n'est pas une tache facile quand on n'a pas la clim à la cuisine!

    Ma recette n'est pas totalement la mienne mais avec la pratique on apprend à raffiner ses dosages et affiner sa garniture;

    Pour la pâte brisée 200g de farine et 100g de beurre adouci à température ambiante à malaxer à la main jusqu'à en faire une texture sableuse effritée, une pincée de sel et 3 cuilléres d'eau la pâte se rassemble et gagne sa forme homogéne douce et jaunâtre, on la laisser reposer pour une heure, on l'étale dans le moule et l'on met au four à température moyenne.

    Pour la créme j'ai décidé de procéder à l'ancienne, la créme à grandmère, mélanger deux jaunes d'oeufs et trois cuilléres de sucre, dans un autre récipient deux cuillères de farine et deux cuilléres d'amidon de maïs à mélanger dans un demi litre de lait froid; verser ce denier mélange sur le sucre-oeuf à travers un passoire ajouter une cuillère d'eau d'oranger (parfum tunisien par excellence), cuire à feu doux sans cesser de remuer, 

    On étale la crême on arrange les pommes coupées en fins morceaux les noix écrasées et on soupoudre de canelle, pour le galaçage on fait bouillir quatre cuilléres de confiture d'abricot dans un demi verre d'eau et on le verse sur les fruits et hop on a une tarte super bonne et le cheri est heureux pourtant la cuisson n'était pas parfaite.

     

  • Neuschwanstein au pays des cygnes

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    Le destin m'a emmené jusuq'à Munich ce début du mois, on m'a assigné un vol durant ma garde, je me suis dit tant que j'y serais autant aller faire un tour au pays des cygnes, le château de Neuschwanstein, j'y pensais souvent quand j'écoutais de la musique classique; depuis longtemps cet endroit me fascine, perché sur les hauteur du village de Hohenschwangau en Bavière il domine l'endroit et y impose un charme enchanteur.

    Je me suis reservé un tour depuis Munich sur le site de l'agence Isango; point de rencontre gare de Munich ou Hauptbahnhof à neuf heure quinze du matin, notre avion avait atterri à huit heure, l'hotel est à trente minutes de l'aeroport, j'avais perdu éspoir d'y arriver, la rigueur allemande fait de la ponctualité une religion, je me suis dit même si j'y arriverais pas je vais tenter ma chance, neuf heure cinq un taxi devant le Hilton; je me suis installée sur la banquette arriére d'une BMW créme, le chauffeur était une femme la cinquantaine passée souriante elle s'appelle Maria, je lui ai montré mon voucher elle a dit qu'elle comprend; elle ne connaît de l'anglais que quelque mots ce qui m'importait était qu'elle démarre je lui expliquerai après, je n'avais pas retiré de l'argent, j'avais pris le risque d'embarquer avant, je trouverais un distributeur à la gare et Maria attendra!

    Elle s'est garé devant l'entrée principale de la gare neuf heure quinze pile, mes nerfs étaient à bouts, j'ai sauté du taxi, retiré des euros du premier distributeur et payé Maria, neuf heure seize minutes,  je ne savais pas encore où se trouve la plate-forme 32, j'ai couru comme une folle dans tous les sens, enfin je me suis arrêté devant le kiyosque Isango, j'ai échangé mon voucher contre un ticket aller retour Füssen et enfin respiré, derrière moi dans la queue il y'avait ce couple sympathique, ils me souriaient, je souriais en retour, puis on a fini par passer la journée ensemble, une néo-zélandaise Lulu et son copain australien Paul, ils étaient au beau milieu d'un tour de l'Europe, on n'a pas cessé de parler, ce fût un pur plaisir pour moi qui faisait cette visite seule.

    Le trajet en train était magnifique, le paysage allemand riche en verdure est à couper le souffle, deux heures de route passaient comme deux minutes, je n'avais pas dormi depuis vignt quatre heures et je somnolais dés que j'arrêtais de parler.

    Füssen est un village mignon, les maisonnettes en bois et les jardins et vérandas sont d'une beauté amicale, à la gare notre bus nous attendait, une demi heure de plus vers Hohenschwangau les hauteurs se dégageaient de loin, dominent les interminables prairies parcemés de vaches allemande, puis le château se dégageant des nuages semble sortir tout juste d'un damné conte de fée.

    On a profité d'une pause au village avant d'entamer la montée vers Neuschwanstein, les restaurants et boutiques de souvenirs harmonieusement amenagées ajoutent à l'atmosphére une touche conviviale attrayante.

    Notre guide nous a proposé deux moyens pour aller en haut de la montagne, les caléches puis une petite marche ou profiter du trajet pour une randonnée au milieu d'une jolie forêt, on a tous opté pour le second choix, trente minutes après on se trouve au pied d'une tour à la Rapunzel, de l'extérieur la somptueuse bâtisse semble défigurée par les échafaudages de rénovation, autour du site des vues à couper le souffles; les falaises, les chutes d'eau, l'horizon qui se dégage de loin sur une panorama incroyable du lac Illasbergsee et les environs, les hordes de touristes pris par une excitation amusante se disputent gentiment les emplacements opportuns pour les meilleurs snapshots!

    L'intérieur du château est légérement décevant, bati au 19 éme siécle, la féerie médievale se dissipe sur les murs visiblement jeunes, cependant la folie du prince Louis II de Baviére hante chaque pierre de cet endroit mythique, il avait fait de son rêve une obsession et de ce château un accomplissement d'une vie, il l'a voulu tellement parfait que la construction s'est étalée sur 17 ans, le prince est décedé mystérieusement avant que la construction s'achéve et le château fini sans trône.

    La fin tragique du prince ajoute au charme innocent du château un air lugubre celui du coté obscure des sorciéres et forces du mal dans les contes de fées, le prince fut declaré aliéné mental et interné dans un asile, le lendemain sont corps ainsi que celui de son médecin furent trouvé au lac Starnberg, le médecin mort noyer, le prince par une cause douteuse, pas de trace de luttes ou de noyade, semble avoir succomber à une crise cardiaque, ça mort suscite jusqu'aujourd'hui des controverses et entoure ce château d'un nuage de mystére, ce château dans lequel il a dormi seulement onze nuits!

    L'intérieur était tout inspiré des opéras de Wagner, d'une piéce à l'autre le théme change mais l'empreinte est la même, on a l'impression d'être dans une fantaisie du temps et de l'espace, à chaque coin un détail nous confuse nous raméne à la réalité, on est surpris à la découverte de ce vieux téléphone Simens  très ancien modèle avec lequel probablement Siegfried appelait Odette quand elle ne survolait pas le château à la tombée de la nuit et on rigole presque, de l'intstallation de chauffage central installée au temps de Cendrillon!

    Du pont Marienbruke on peut se faire ses propres cartes postales, la vue est splendide et les photos en disent mieux.

    De retour à Munich, toute la fatigue et le sommeil se sont abattus sur moi d'un coups, j'ai prix un autre taxi et dormi jusqu'au lendemain.

    Neuschwanstein est un endroit à voir, à raconter à ses enfants que Walt Disney n'a pas tout inventé.

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  • A Daressalam, je rêve de Zanzibar

    Notre vol à Dar Essalam était calme on devait transiter par Nairobi au départ avant de débarquer à la capitale tanzanienne, ce fut un matin chaud et humide, la route depuis l'aéroport jusque l'hotel était longue, ou me sembla-t elle longue à cause de la fatigue, les embouteillages avaient déja commencé, une journée de semaine ordinaire sur la côte est du continent noir, pour moi Dar Essalam n'avait aucun charme particulier, dans ma tête le mot Zanzibar sonnait comme une obsession, je sais que l'île me décevra, que le mystére d'antan avait disparu sous des tonnes de pauvreté et de saleté mais que faire, je veux voir StoneTown et le Rock Restaurant sur les plages du côté est de l'île . 

    Je devrais me contenter de Dar Essalam cette fois, autant profiter de mes vingt six heures en Tanzanie, à l'hotel Serena un accueil africain habituel, sourires sincéres et chaleureux, l'on se sent chez soi dans l'immédiat, l'ambiance encourage à la rêverie, je me suis coulée dans mes rêveries d'époques lointaines, où des personnages mystérieux se baladaient en tenue d'époque, la faute à celle que portaient le personnel de l'hotel.

    J'ai décidé de sortir en ville et découvrir au moins un de ses coins avant de relaxer au bord de la piscine, j'ai donc demandé au conciérge et il m'a étalé une liste, je me suis vue tentée par une escapade au Mwenge, le marché artisanal, qui n'était pas loin de l'hotel, on nous a appelé un taxi moi et ma collégue sud-africaine, une fille gentille mais autoritaire, on est ressorti à la rue surpeuplée et chaude, une sensation de malaise vous accompagne si vous n'êtes pas habitués à ce climat tropical et marin à la fois, on a l'impression de transpirer mais c'est de la vapeur d'eau qui vient se coller à votre peau, elle vous enveloppe comme un sac en plastique et là vous commenceriez à vous étouffer, à transpirer vers l'intérieur, c'est irritant!  

    Arrivant  au Mwenge j'ai vite oublié mon malaise, j'ai toujours été fascinée par la main humaine et ce quelle peut réaliser avec des moyens primitif, dans ce marché le matériau principal fût le bois d'ébéne, et des artisans couleur d'ébéne souriants et pauvres; trop pauvres; l'Afrique est un spectacle douloureux, je regarde ces humains dans leur quête quotidienne laborieuse pour le pain et je ne peux que sourire pour le capacité à garder le sourire malgrés tout.

    Un homme nous accueille chaleureusement dans sa boutique de péle-méle d'une beauté sobre et sublime, il nous a péché le premier, ésperant nous vendre ces merveilles, j'ai l'habitude de ne pas acheter des choses qui ne me seront pas utiles pratiquement, et comme je n'ai pas encore une maison à décorer j'ai repérer immédiatement ce que j'aller acheter; un coffin de plage et des bracelets en ébène.

    Après un bon tour de léche-vitrines sans vitrines on nous a proposé un tour dans les coulisses, l'atelier où ces merveilles voient le jours on a accepté à contre coeur, je ne me sentais pas très confortable à l'idée de suivre cette meute d'inconnus vers un endroit inconnu bref, on nous a conduit dans une ruelle étroite qui fait passer une personne à la fois, ma collégue me devance, j'avais envie de rebrousser chemin, je ne suis pas paranoïaque mais la prudence est une vertu, notre chauffeur n'était pas très loin et ça m'a rassuré un peu, la ruelle débauche sur une court sale et encombrée, des tas de branches d'arbres et des outils tassés par terre, des tentes et des taules des personnes sales et malhabillés en occupés à tailler dans le bois des formes incohérentes mais qui vont à merveille avec nos salon en cuir blanc et nos rideaux en mousseline!

    Je me suis perdue dans leurs sourires la chaleur et l'odeur bizarre, j'avais envie d'emporter tout avec moi et leur donner repos le reste de la journée! 

    On est revenue à l'hotel ma tête tournoyait et ma peau brulait, je me suis endormie jusqu'au soir, j'avais une faim de loup, j'ai fait un saut au restaurant de l'hotel, la cuisine swahili est basée sur les fruits de mer et les légumes locaux; patate douce et compagnie, et c'était bien à mon gout, les tables parcemées sur la pelouse, la lumiére dansante des lanternes et les discussions interminables autour ont atteignué ma solitude, un sentiment permanent dans mon travail, on part chaque jour avec un nouvel équipage et parfois on ne sympathise personne et résultat on est seul pour tout le séjour, heureusement mes livres, mon notebook et ma curiosité absorbent tous mon temps!

    J'ai passé une heure ou même plus à la terrasse, j'écoutais malgrès moi un groupe d'hommes attablés à côté de moi, ils parlaient de Zanzibar, je me suis perdue dans leurs histoires et l'odeur du cigar, je me suis reveillée sur l'attaque des moustiques tropicales qui ont dévoré mes jambes! 

    Dar Essalam, n'était pas la meilleur des destinations mais heureusement la compagnie lancera bientôt les vols directs vers Zanzibar, j'en profiterai pour décocher une ligne de ma longue liste de  "à-faire-avant-de-vieillir"!

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  • Stockholm et les cerisiers non fleuris

    Je suis allée à Stockholm, enfin on m’a envoyé à Stockholm pour un peu moins de vingt-quatre heures, j’ai fait le vol avec une bonde de connasses, j’étais encore nouvelle, elles anciennes, du coup  je n’ai pas aimé les cinq heures que j’ai passé à bord à obéir leurs ordres impolies, bref au moment de toucher le territoire suédois j’avais une envie pressante de retourner chez moi à Doha, bon d’accord après quelques temps au Qatar j’ai fini par m’y habituer et j’ai trouvé quelques repères. Pour faire court,  je me suis trouvée à Stockholm un jeudi après-midi d'avril, et j’ai voulu visiter cette ville pour deux raisons : mon cousin et sa famille, Millenium.

    Je me suis trouvée à l’hôtel Sheraton là où Erica Berger et Michael Blomkvist allaient pour s’envoyer en l’air, de ma chambre j’avais cette vue sur le pont Vasabron qui mène directement à Gamla Stan la vielle ville, je regrette ne pas avoir fait le tour Millenium que l’hôtel même propose rien que parce que je ne le savais pas, super idiot non ? Le tour vous prendra de l’hotel jusqu’à Södermalm sur les pas des héros de la trilogie, un petit déjeuné chez Mellqvist Kaffebar et d’autres endroits clés de l’histoire. J’ai donc raté une bonne raison de faire ce vol.

    Mon cher cousin est arrivé à l’hôtel et la journée fût moins ratée, une promenade dans les ruelles pavées de Gamla Stan, il faisait très froid, presque10 degrées, enfin pour moi qui débarque de Doha là où il faisait 29 degrées ce fût très froid, on a marché trois bonnes heures, d’une fenêtre insignifiante du premier étage d’un bâtiment insignifiant dans une rue insignifiante j’ai remarqué un objet très signifiant pour moi : une cage de Sidi Bou Said ! Un objet artisanal typiquement tunisois au milieu de cette ambiance typiquement nordique, j’en étais ravie !

    Pour le reste  je n’ai fait que balayé les monuments des yeux, pas le temps de faire les touristes, on ne fait que passer par les villes c’est notre plus grosse déception dans ce boulot, Le Palais Royal ou Kungliga Slottet, Le parlement, Tyska kyrkan l’église allemande, Le musée Nobel … en moi montait une frustration amère, j’avais l’impression de tout rater, même l’envie de prendre des photos, j’enviais les groupes de chinois qui se baladaient à coté de nous, ils avaient ce dont je n’avais pas : le temps. 

    Mon cousin avait remarqué ma mauvaise humeur et me proposa d’aller manger, on a quitté Gamla Stan par Slottsbacken et le côté sud du Palais Royal, j’ai admiré les représentations magnifiques de L’Abduction de Perséphone faites pas Bouchadron,  on a l’impression de regarder la même statue à différents angles mais en réalité c’est quatre différentes sculptures, j’étais particulièrement amusée de les voir, depuis que j’ai découvert l’œuvre du Bernin le mythe me fascine continuellement, ces statues apparaissaient comme faites pour moi d’autant que je n’ai vu personne y accorder de l’attention.

    Nous avons marché jusqu’au Kungsträdgården, le jardin du roi, au milieu du parc une statue du roi Charles XIII entouré de quatre pots, par Erik Göthe, une autre qui représente le roi Karl XIII entouré de quatre lions, on m’a raconté que les suédois ont l’habitude de décrire les deux statues comme Un lion et quatre pots contre un pot et quatre lions, en référence au dernier roi guerrier de Suède Charles XIII contre Karl XIII le bon à rien. Les cerisiers n’étaient pas encore fleuris, ce qui fut pour moi une autre déception.

    On était pleins dans une discussion familiale avec mon cousin quand on s’est trouvé au croisement Olof Palmes Gata et Drottninggatan ou l’avenue de la reine, là où un idiot de terroriste s’est fait exploser vainement dans sa voiture minée au beau milieu des marchés de Noel, ne faisant aucune victime, moi je pensais plutôt à Olof Palmes et sa mort dans cette même rue, certains endroits ont justement une destinée lugubre sans raison apparente !

    J’avais envie de goûter une spécialité locale, mon cousin m’en a dissuadé disant qu’il n’y a pas de restaurant où l’en sert une bonne cuisine nordique, on a donc opté pour un tacos et une enchilada mexicains, mondialisation oblige !

    Tard dans l’après-midi alors que le soleil n’a pas encore commencé à disparaitre (à Doha à la même heure il aurait fait nuit), j’ai découvert un phénomène aberrant, toutes les boutiques ferment tôt, tout le monde rentre tôt, et à la tombée de la nuit la ville sera dépeuplée ! On a décidé de rentrer chez mon cousin, sa femme une kenyane de Mombassa qui fût adoptée par un couple kenyan-suédoise est une femme très amicale et attentionnée, différente du reste de la famille y compris mon propre oncle sa femme suédoise et son fils ainé, elle et mon cousin ont eu trois jolis enfants remplis d’énergie beaux métisses et  drôles, leurs maison de banlieue est pleine de vie, on a mangé un bon gâteau au beurre salé et bu le thé kenyan Kericho Gold qui ne me quitte plus depuis, on a parlé des heures de nos souvenirs de notre famille de fous furieux, de son père et ma mère qui ne se parlaient plus depuis des années, de cette habitude familiale de couper les ponts et de nos tentatives de renouer, de moi qui les a retrouvé grâce à facebook, d’eux qui étaient ravis de me répendre, on a dépassé les conneries de nos parents pour bâtir une vrais relation de famille, de la religion de la barrière de langue dont il souffre, lui qui ne parle ni l’arabe ni le français et pour qui la Tunisie reste un grand mystère…

    Mon passage par Stockholm était plutot ennuyeux, mais je me suis amusée à me sentir en famille chez les miens.

     

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    Le parlement

     

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    Tyska kyrkan


     

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    Vue sur le pont Vasabron depuis Sheraton

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    Sidi Bou Cage

     

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    Façade ouest du Kungliga Slottet

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    Cerisiers de Kungsträdgården

     

     

  • Dance me to the end of love

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    Henri Matisse - La Danse


    podcast

    Cette chanson a été écrite et chanté par Leonard Cohen en 1984, qui mieux que Cohen pourra en parler:

    "Dance me to the end of love, il est curieux comment les chansons naissent, parce que l’origine de la chanson toute chanson est une sorte de graine ou pépin que quelqu’un vous passe ou que le monde vous passe c’est pourquoi le processus d’écrire une chanson est très mystérieux. Mais celle-là est seulement  arrivée d’après ce qu’on entend ou lit ou connait que dans les camps de concentration, à côté du crématorium, dans certain de ces camps, un quatuor à corde a été joué au moment même où l’horreur avait eu lieu, ces gens-là étaient eux même voués  à la même horrible destinée. Ils jouaient de la musique classique au moment où les autres prisonniers se faisaient tuer et bruler. Donc, cette musique “Dance me to your beauty with a burning violin" exprime le sens de la beauté de l’accomplissement de la vie, la fin de l’existence et l’élément passionnant qu’est la consumation, mais dans le même langage qu’on utilise pour se soumettre à son amoureux, donc cette chanson –il n’est pas très important que quiconque connaissent sa genèse, parce que si la langue naisse de cette passionnante source ce sera possible d’embrasser toute activité passionnante."

  • Nairobi, the green city in the sun

     

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    J'ai fait un saut à Nairobi au mois d'avril, ce fût une escale de vingt-quatre heures, comme toujours nous passons par les villes comme on passe par un rêve, le temps de se faire une impression et puis partir le lendemain regrettant tout ce qu'on n'a pas pu voir, en écrivant cette note j'ai pensé à un vieil article que j'ai posté sur mon blog décrivant ce mode de vie hallucinant et unique des gens de l'aviation, "ces gens qui passent par  une ville inconnue pour peu de temps,  ils ne dorment plus ils ne se reposent plus, ils n’ont pas le temps pour s’asseoir, ils veulent voir le maximum, découvrir, connaître la ville, toucher son cœur, sa quintessence, ils la mémorisent avec tous leurs sens, ils apprécient tout même ses poubelles et ses clochards, parce qu’ils savent qu’ils partiront rapidement qu’ils n’en auront pas pour longtemps, qu’ils n’ont pas du temps pour s’y installer pour se faire des amis pour s’attacher pour changer des choses ou même pour laisser une trace si mince soit elle, ils passent rapidement de ville en ville", le plus drôle c'est que quatre ans après je me trouve moi-même perdue dans ce monde unique des oiseaux humains, bref assez parlé de moi, revenant à Nairobi.

     

    On est arrivé vers trois heures de l'après-midi, le bus nous à conduit à l'hôtel Intercontinental, un autre avantage de ce travail, les meilleurs hôtels. Le copilote nous a proposé un bon plan et tout le monde était partant sauf bien-sûr les deux kenyanes qui ont profité pour voir leurs amis.

     

    Le plan commençait l'aéroport Wilson, précisément The Aeroclub of East Africa  un endroit magique imprégné de l'âme kenyane, une terrasse en bois, des arbres et une vue splendide sur la piste de l'aéroport, il pleuvait cet après-midi, une atmosphère équatoriale authentique, on parlait de tous et de rien moi entre deux discussions je me perd au loin, vers l'horizon vert ma mémoire sollicitait les photos du peuple Massai des savanes des animaux de ces maisons autrefois appartenaient aux aventuriers européens du début du vingtième siècle, j'ai siroté ma Tusker, une bière locale plutôt bonne en rêvant d'une bouteille de vin rouge que je n'ai pas gouté depuis des mois.

     

    Le personnel du club est hyper charmant, accueillant, accommodant, comme presque partout en Afrique et en plus ils parlent tous l'anglais, comme c'est facile de communiquer en Afrique, anglais français ou arabe je me sens comme un poisson dans l'eau. Dans cet endroit j'ai trouvé un délice africain appelé pili-pili, c'est un piment rouge fort haché et trompé dans l'huile d'olive et de l'ail, j'ai dégusté avec des croûtes de pain grillé.

     

    Le coucher du soleil fût marqué par les nuées d'oiseaux rentrant se coucher, d'après Wikipédia c'est  à Nairobi qu'on trouve le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux au monde, sincèrement c'est remarquable, la diversité est incroyable.

     

    Temps pour un dîner succulent, tout le monde avait de faim, et notre copilote sud-africain nous promettait depuis des heures une belle surprise, quittant alors la terrasse humide et sombre pour un intérieur plus chaud  plus magique une collection fascinante de tableaux d'objets de meubles rappelant une atmosphère d'un club d'aviation de l'époque de la grande guerre, autour de la cheminée un groupe de pilotes de moyen age nous souriait curieusement, une table de billard un piano un moteur d'une Spitfire de l'époque de la guerre, sensationnel.

     

    Quittant le club, notre chauffeur nous attendait, on ira au restaurant le plus apprécié dans la ville, Fugo Gaucho, un steak house brésilien, les bonnes choses viennent tard, des pluies tropicales, une heure de pointe et un mauvais réseau routier nairobien étaient suffisants pour nous coincer deux heures dans les embouteillages, arrivés au restaurant fatigués, crevés de faim et moi avec une vessie sur le point de s'exploser. On oubli immédiatement la mésaventure en franchissant le perron, le personnel souriant  les odeurs et les couleurs, une touche réchaffante par cette soirée froide et mouillée de Nairobi.

     

    Le principe des steak house brézlien est simple; un buffet de salades-entrées et un disque doubles face, une rouge une verte, des serveurs tournent autour des tables chargés de pilons de toute sorte de viande grillées, tant que le disque devant vous est vert ils continueront à vous proposer des portions, je me suis contentée de quelques pièces de filet de bœuf et une bouteille de rouge Simonsig Adelberg, un savoureux cabernet sauvignon merlot d'Afrique du Sud qui à pris ma tête en fin de soirée.

     

    On est rentrée à l'hôtel vers deux heure du matin, je me suis réveillée vers huit heure toute excitée, ça ne m'arrive pas souvent mais il me reste un endroit à visiter avant de partir, le musée Karen Blixen, la maison de la dame qui a écrit le fameux Out Of Africa, et la maison dans-laquelle Meryl Streep avait joué le même rôle dans le film portant le même nom, on a pris un chauffeur moi et mon ami le sud-africain, quarante minutes dans des routes entourées d'arbres et de maisons en bois colorées. 

     

    A l'entrée du musée je me suis sentie éprise par l'air exotique et insolite de l'endroit, j'ai rêvé de visiter cet endroit  le jour où j'ai vu le film, la divine Meryl Streep et Robert Redford dans ce décor de rêve, une maison d'un seul niveau au milieu de la ferme à café, un jardin vaste une pelouse étendue sous les hauteurs des arbres, une sorte de forêt prend place autour du jardin et des allées menant vers l'inconnu, notre guide nous a montré une machine à traiter le café avant de nous emmener vers l'intérieur, à l'arrière de la maison une terrasse rustique avec  des tables et banquette en pierre, le guide nous a dit que Karen avait l'habitude de fumer une cigarette et contempler les Ngong Hills, une série de collines en forme de poing fermé, je lui ai alors demandé une cigarette en l'honneur de cette femme à la vie tristement belle, je ne vais pas en dire plus sur sa vie ni sur sa maison sinon que reste-t-il  pour google, je raconte mes impressions, des bribes de souvenirs je ne voudrais pas oublier, une matinée sensationnelle à Nairobi, dans un des endroits qui fait partie de ma longue liste des "A visiter avant de mourir", je partagerai cette liste avec vous bientôt.

     

     

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  • Une vie nouvelle....

    J'ai un autre boulot maintenant: hôtesse de l'air à Qatar Airways avec un master en biochimie et une thése congelée, ce qui veut dire que j'ai quitté Tunis pour Doha, une ville du Golf sans identité peuplée majoritairement d'Indien venant de l'Inde; je ne vais pas en faire une longue histoire, je parts demain à Ankara, capitale de Turquie, je n'ai pas encore repris mon habitude de parler à mon blog muet, ni même à parler en français que j'ai quitté pour l'anglais, je vais donc faire court et dormir, reprendre dans deux jours avec des choses à raconter à propos d'Ankara, j'en ai des choses à dire de Nairobi, Dar Essalam et Stockholm, des choses qu'on voit, fait et vit en passant par une ville pour deux journées. Y'en a des lecteurs qui trouveront ça intéressant, je reviendrais cette semaine.

  • Independance Day


    Dreaming of citizenship, dreaming of national pride, dreaming of freedom of thoughts, dreaming of progress and shine, 56 of Independence Days and four generations carrying the same dreams! Wish I could say Happy Day Tunisia, just bleeding love.

  • Desilucion

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    Un boléro à couper le souffle, repris par Yuri Buenaventura au Tabarka Salsa Festival 2010; j'étais entièrement envoutée!

    Lalo Rodriguez - Desilucion.mp3

  • The taxi papers: Israel's blueprint for empire

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    The Taxi papers, un livre de Jack Taylor, le pseudonyme d'un agent de la CIA qui a préféré garder l'anonymat. Le livre raconte une petite histoire d'un dossier qui a été volé au Mossad et qui a fini entre les mains de notre J.Tylor 16 ans après, l'excitente histoire des agents israéliens partis à sa recherche à Chypre, Athéne, Londre... le contenu diabolique de ce document qui semble pourtant trop évident pour être vrais. J'ai réussi à l'avoir en arabe en version pdf, pour être honnête je ne suis pas certaine de croire à l'histoire mais le noyau me semble super intéressant; les méthodes ingénieuses et incroyablement simples que l'ennemi numéro Un des Arabes utlise pour les combattre, surtout quand je vois comment eux mêmes agissent à ce niveau, Personnellement, je m'en moque pas mal du conflit isrelo palestinien, les problémes de mon pays m'importe plus mais c'est très instructif d'observer comment "notre" ennemi réussi là où nous échouns continuellement. Et puis ça me rende malade de voir mon gouvernement islamiste que je n'ai pas choisi afficher une "non neutralité" façe au sujet, comme çi ils ont résolu tous les problémes du pays et qu'il leur reste Palestine à libérer,  mes coNpatriotes n'ont pas encore appris à différencier l'important du vital.

    Avant de finir mes conpatriotes propanarabes trouveront mon attitude traîtresse, j'ai mes raisons:

    Si les Arabes sous Hsine Ben Ali sous Lawrence D’Arabie n’avaient pas chassé l’empire ottoman sous le sultan Abdulhamid de la Palestine, les Anglais n’auraient pas eu la chance d’installer un état israélien sur les terres saintes! --- ça veut dire que Israél éxiste grace aux arabes de la péninsule arabe!!

    Si nos connards de frères palestiniens avaient écouté Bourguiba en 1965 toutes les massacres perpétrées par Israel n’auraient pas eu lieu! --- ça veut dire que nous en tant que tunisiens avions proposé à travers notre père de la nation la meilleur solution qui pourrait changer la face de l'histoire et que nos frères palestiniens avez refusé!  

    Si les Tunisiens avaient un peu plus de nationalisme et de bonne raison ils n’auront pas reçu Ismael Hanya à l’aéroport de Carthage en Janvier 2012 totalement dépourvus de notre drapeau TUNISIEN que je mourrais volontiers pour le défendre --- ça veut dire aimer Palestine plus que son propre pays est une trahison!

    Si ces abrutis d'islamistes propalestine qui nous gouvernent prenaient la peine de suivre les mouvements de leur leader en chef le cheikh aux dents dégueulasses Rached Gannouchi ils se rendront compte que Nahdha est une bonne amie aux Israélien et Américains et que ce crique n’est que de la poudre aux yeux pour entuber ce peuple débile --- ça veut dire celui dont la maison est de verre doit se garder de jeter des pierres aux autres _ et à moi même par la même occasion!

    Si les arabes, tunisiens compris commencent par admettre qu’ils sont sémites avant de devenir anti-sémites, s’ils arrivent à faire la différence entre Juif et Sioniste comme ils demandent au monde entier de séparer Islamiste et Terroriste et encore musulman, une part de la tragédie s'éstompera --- ça veut dire perpétuer un conflit de famille qui dure depuis quatorze siécles est un pure délire, Shalom et Salam c'est le même mot!

    Si les Tunisiens abrutis Islamistes qui s’attaquent au juifs Tunisiens reconnaissent que cette minorité est plus patriote et plus Tunisienne que tous les Salafistes mélangés qui échangent notre djebba et chachia contre le kamis et blouson de l’Afghanistan! --- ça veut dire un compatriote juif qui aime notre pays plus que tout est plus profitable à la société qu'un islamiste panarabe qui n'aide ni son pays ni les voisins!

    Et si on s’occupe de nos oignons!!! On est dans la merde économiquement et socialement et on gueule sur Israel! --- ça veut dire que le ménage ne commence pas par le jardin!

    Encore la seule raison qui nous pousse à en avoir après Israel c’était l’opération Jambe de Bois de Hamma Chott avec 18 Tunisiens mort! La résolution 573 votée par l’ONU n’a jamais été appliquée, pourtant en tant que tel c’était une victoire diplomatique qui ne s’est jamais répétée! --- ça veut dire que ce sera meiux de commencer par réclamer ce qui nous revient de droit et punir Israél la criminelle pour le sang tunisien versé et la souverainté violée.

    Enfin le panarabisme ne va jamais réussir à abolir Israel, faudra donc un autre moyen mes con-patriotes: la science peut etre, l’ingénierie, l’armement, la diplomatie! On est trop loin pour s’affronter sur un ring ils sont beaucoup plus futés les fils de David! ---ça veut dire pour affronter un ennemi et le vaincre il faut être mieux armé que lui!

    Lisez ce livre, ou n'importe quel autre livre, vous le peuple dont le Saint Coran avait commencé par le mot d'ordre  "Lis" et qui ne lit presque jamais!

    جاك تايلور..أوراق الموساد المفقودة.pdf

    Photo source 

     

  • Puzzle, le sens du détail

    Un Ravensburger puzzle en mille pièces, noir et blanc de la place de l'étoile vue du ciel! Je me suis régalée!

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    Jour 1: Contour

     

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    Jour 2: le premier plan, détails plus grands tour eiffel, arc de triomphe

     

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    Jour 4: monument central, grand axes

     

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    Jour 5: remplissage entre les axes

     

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    Jour 6: tri des pièces restantes en fonction de la dégradation du gris, remplissage du ciel

     

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    Fini, il fera un beau tableau 70x50 cm, encastré entre planche en bois noir et verre. Un beau cadeau!

  • Le dernier immigré

     

    Une fable

    Le dernier immigré arabe −− en réalité un Berbère −− vient de quitter le sol français ce matin. Le premier ministre ainsi que le ministre de l'intérieur se sont déplacés pour assister à ce départ et exprimer à Mohamed Lemmigri la reconnaissance de la France. Mohamed n'était ni ému ni en colère.

    Il était simplement content de rentrer pour toujours dans son pays natal. Il reçut comme cadeau un chameau en peluche et un petit drapeau bleu blanc rouge d'un côté, de l'autre rouge avec au milieu une étoile verte. Il l'agitait sans conviction face aux caméras des télévisions et aux photographes qui insistaient pour obtenir de lui un grand sourire. Il éclata de rire et mit le double drapeau dans une poche de son vieux manteau.

    La France respire. Elle n'a plus à résoudre des problèmes pour lesquels elle n'était pas préparée. Elle tourne une lourde page de son histoire coloniale. A présent, comme dans un geste magique, un siècle de présence arabe en France vient d'être effacé. La parenthèse est fermée. Le pays ne sera plus dérangé par les odeurs de cuisine trop épicée, il ne sera plus envahi par des hordes de gens aux coutumes étranges. Le racisme n'aura plus de raison de se manifester. Il reste bien des Africains, des Asiatiques et quelques familles des pays de l'Est, mais qui, apparemment, ne posent pas de gros problèmes. Les Africains se tiennent tranquilles de peur de subir le même sort que les Arabes ; ceux qui squattaient des immeubles abandonnés ont pour la plupart cramé avec leurs enfants durant leur sommeil. Quant aux Asiatiques, tout le monde loue leur discrétion.

    L'extrême droite est la seule à regretter le départ de ces millions de Maghrébins. Tout en étant satisfaite de voir réalisé l'un de ses v¦ux les plus chers, elle se rend compte qu'un pan entier de son programme va lui manquer.

    Grâce à leur présence, elle avait pu se développer, progresser dans les sondages et les élections, et même arriver au second tour de la présidentielle de 2002. Sans immigrés nord−africains, elle se demande ce qu'elle pourrait faire et quel épouvantail exhiber aux Français pour se maintenir en tant que force politique. Le parti de la peur et de la haine s'est trouvé tout d'un coup démuni.

    C'est ce qui expliquerait son revirement et un humanisme soudain. Des militants ont organisé quelques rassemblements, à Marseille notamment et ont écrit sur des banderoles : " Rendez−nous nos Arabes que nous aimons tant ! " ;

    " La France n'est plus ce qu'elle était ! Il lui manque le petit épicier arabe ! " ;

    Sur une ancienne affiche on a barré " 3 millions de chômeurs = 3 millions d'immigrés de trop " et on a ajouté " Besoin d'Arabes " ! Une main anonyme a ajouté " besoin de haine ! ".

    Le nettoyage du pays a pris quelques mois, mais presque tout le monde en convient : les choses se sont passées dans des conditions presque normales. En fait, on n'a pas laissé le choix aux immigrés. C'était accepter de s'en aller où se retrouver dans un centre de rétention perpétuel, sorte de camp de concentration surnommé " Santiago du Chili ". Tout était prêt : les camions bâchés, les tentes grises, les fils barbelés, les matons et même les linceuls. Les départs ont été pour la plupart volontaires. Question d'orgueil et de fierté. Le nez ! L'honneur est au bout du nez !

    Les protestations traditionnelles de la gauche et de l'extrême gauche ainsi que de certains hommes d'Eglise n'ont pas fait céder le gouvernement. Il est resté, comme a dit son premier ministre, " droit dans ses bottes " ! Le ministre de l'intérieur a déclaré : " La France a enfin réussi à tourner cette page écrite en algérien ". A un journaliste qui lui demandait quelle est cette langue, le ministre a répondu : " C'est la langue du sang versé sur une terre qui nous appartenait et que nous avons perdue ! Une terre où les bienfaits de la colonisation ont été remarquables. ".

    Même si ces départs ont créé des problèmes graves dans le pays, le gouvernement n'a laissé voir aucun signe d'inquiétude. Certes, des constructions sont restées inachevées, des usines ont dû fermer, des entreprises licencier une grande partie de leurs salariés, des boucheries et des épiceries ont disparu, certaines ont été transformées en salons de coiffure ou en boutiques de téléphonie, les poubelles ne sont plus ramassées qu'une fois par semaine, privé du tiers de ses effectifs, l'aéroport de Roissy fonctionne au ralenti. Pénurie de médecins aussi et de personnels hospitaliers. Mais le pays va bien. On manque de beaucoup de choses mais la France a le sentiment d'être libre ou plutôt libérée. Tant pis pour les sacrifices que cela implique. Comme a dit un dirigeant de la droite musclée, parlant d'une voix nasillarde :" C'était le renvoi massif, sursaut de la France, ou l'islamisation de notre pays ! ".

    Les citoyens apprennent désormais à se remettre au travail comme au temps où il n'y avait pas d'immigrés du Maghreb. Tout va bien. Les Français ont retrouvé l'énergie nécessaire pour faire redémarrer leur économie, ils ont appris l'effort et la flexibilité, ont eu le courage d'abandonner les 35 heures, les partis politiques sont redevenus crédibles, les syndicats ont signé un contrat de paix sociale. Plus de grèves, plus de manifestations. Le paysage humain est redevenu blanc, confiant, magnifique. Les Parisiens sont maintenant particulièrement courtois et bienveillants. Ils ont retrouvé le sourire. Ils ne protestent plus contre la politique de la mairie qui empoisonne la vie des automobilistes. La France est rendue à elle−même comme au bon vieux temps où les Maghrébins n'osaient pas sortir de leurs cages à lapins. Tout va bien ou presque. Il y a bien une certaine tristesse dans l'air, mais on ne sait pas s'il faut l'attribuer au départ des immigrés ou à une météo capricieuse. Cependant, depuis quelque temps, des faits étranges ont lieu. Des journalistes à la télévision et à la radio ont des blancs dans leurs phrases. Des trous. Des manques. On ne comprend pas ce qu'ils disent. Des mots ou des expressions entières manquent dans leurs discours. Ils s'excusent puis continuent comme si c'était une toux ou un oubli involontaire. Cette perturbation touche tout le monde, les femmes comme les hommes. Dans la presse écrite, on remplace ces mots manquants par des périphrases du genre :

    " Ce fruit qui marque le début de l'été et dont on fait de bonnes confitures n'est pas arrivé sur le marché. Je ne me souviens plus comment il s'appelle. " (abricot)

    Ou alors :

    " La consommation de ... nuit dangereusement à la santé. "(alcool)

    " Le ... mélangé avec du lait est mauvais pour le foie. "(café)

    " Cette épice couleur rouge, fine et pleine de goût est introuvable en ce moment chez les épiciers de France. " (safran)

    " Il est déconseillé aux enfants de boire trop de ... " (soda)

    " Il paraît que manger un ... en fin de repas aide la digestion. " (sorbet)

    " Les banques feront dorénavant payer la remise de ... " (chèque)

    " Johnny est malheureux, sa ... a été volée lors de son dernier concert. " (guitare)

    " Les professeurs n'enseignent plus ... Ni ... les mots se sont envolés. " (algèbre, chimie)

    " Attention, a dit le ministre de l'intérieur " ceux qui font, comment dire, enfin ceux qui font ... entre musulmans et terroristes sont passibles de poursuites. " (amalgame)

    " La grande salle de spectacle ... où se produisent les chanteurs à succès a été fermée pour travaux. (zénith)

    " Ceux qui sont nés sous ... auront le droit de porter le nom de leur mère. " (x)

    " France Culture a annulé une émission sur le fameux poème de Stéphane Mallarmé ... " (azur)

    Plus d'une centaine de mots courants sont devenus des trous dans la langue française. Que s'est−il passé ? Comment, tout d'un coup, ces trous de mémoire se sont généralisés et ont touché tout le monde ? C'est un phénomène très étrange. La presse a mis du temps avant de reconnaître que le français perdait des mots. On a fait appel à des linguistes qui n'ont donné aucune explication convaincante. Les hommes politiques ont minimisé ce fait jusqu'au jour où une bibliothécaire d'un petit village des environs de Rennes, Saint−Brice−en−Cogles, a vu tomber de ses rayons les dictionnaires, le Grand Robert, le Grand Larousse, le Dictionnaire Hachette. Ils chutaient les uns après les autres. Impossible de les maintenir en rayon. Une force les rejetait et les envoyait au sol.

    La bibliothécaire les examina un par un et ne vit rien de particulier. En les remettant à leur place, elle vit ou crut voir une cohorte de syllabes s'en échapper et s'éparpiller par terre comme des bulles de savon. C'était une vision, une hallucination due à la fatigue.

    Après un moment, elle ouvrit le Robert et constata que des pages étaient vides, des pages toutes blanches. Elle se dit que c'était un défaut d'imprimerie. Mais les deux autres dictionnaires avaient aussi des pages sans la moindre lettre. Par terre, il n'y avait plus trace des syllabes. Volatilisées. Perdues dans l'air. Parties ailleurs dans les valises des immigrés qui ont pris le large.

    La France bégaie. La France parle par périphrase. Les mots arabes qui peuplaient sa langue ont à leur tour disparu, ils ont pris la fuite. Comment faire pour qu'ils reviennent ? Quel linguiste pourrait les remplacer assez vite pour que cette langue retrouve sa santé, son rythme et ses subtilités ? Peut−on se passer d'eux ? La réunion interministérielle sur le sujet dura longtemps et aucune solution satisfaisante ne fut trouvée.

    Le recteur de la faculté de droit se demanda " mais à qui appartient un mot ? A celui qui l'a inventé ou à celui qui l'utilise ? Et puis, n'oublions pas que ces immigrés n'ont rien inventé, s'ils étaient des inventeurs, ils ne seraient pas venus quémander du travail chez nous ! "

    Normalement lui a répondu le linguiste Alain Rey, l'excellent maître d'oeuvre du Grand Robert, un mot n'appartient à personne en particulier ; un mot n'est vivant que s'il est utilisé ; des mots ont disparu ou sont tombés en désuétude parce que plus personne ne s'en servait ; mais le problème auquel nous sommes confrontés dépasse nos compétences, car il s'agit d'un problème politique et pas linguistique. Monsieur le recteur s'égare en insultant les immigrés. Il ne s'agit pas de remplacer les mots arabes manquants par d'autres mots, il s'agit de faire en sorte que la langue retrouve la paix de son existence et rejoigne les dictionnaires, les romans, les discours, les conversations quotidiennes, car les mots absents sont des mots quotidiens ; certes, certains d'entre eux sont des mots scientifiques ou militaires à usage limité, mais d'autres font partie de notre vie de tous les jours ; tiens, je prendrai bien un peu de liquide noir sans ...tout en étant mal assis sur un ... alors que j'aurais préféré être installé sur un ... ou à l'aise sur un ... de couleur ... Face à un bouquet de ... Et de ... Il s'arrêta un instant, regarda l'assistance qui attendait une solution rapide puis reprit en tapant des mains à chaque mot arabe : "Je prendrai bien un peu de café sans sucre tout en étant mal assis sur un tabouret alors que j'aurais préféré être installé sur un divan ou un simple matelas ou à l'aise dans un sofa de couleur cramoisie face à un bouquet de lilas et de camélias..." Après un instant de silence, le recteur s'excusa et pria Alain Rey de poursuivre : "Comment donner son aval à votre politique semblable à un bateau avec des avaries ? Avec vos discours, vous sortez les gros calibres, vous mélangez l'émeraude avec du benjoin, l'ambre avec n'importe quelle soude, vous faites n'importe quoi et appliquez aux jeunes délinquants des tarifs excessifs du simple fait de leur origine arabe. Pour vous ils sont tous des vendeurs de drogue. Vous confondez le musc et la civette, le camaïeu et le camphre, et vous mettez de l'alcool dans votre limonade ... parce que certains se prennent pour des vizirs d'autres pour des sultans ou des amiraux et même des califes à la place du calife alors qu'ils feraient bien de consulter un toubib et de cesser de prendre les étrangers pour des clebs ... Si je devais donner une note à votre politique, ce sera un zéro pointé ! Quelqu'un demanda pourquoi Alain Rey retrouvait l'usage des mots absents.

    Sans le regarder, Alain dit : " C'est parce que je n'ai aucun préjugé, j'aime les langues et ceux qui les véhiculent ; l'origine des mots m'intéresse en tant qu'historien et linguiste, des centaines de mots arabes sont entrés dans notre langue sans visa ni contrôle à la frontière. Sans eux, la science irait mal : pas de maths sans l'arabe, sans chiffres, sans algèbre et sans algorithmes. Tout naturellement, ils se sont installés dans le français, l'ont enrichi et sont devenus tout simplement indispensables. On les a importés ou plus précisément empruntés parce que nous en avions besoin et jamais personne n'a pensé un jour les expulser ni qu'ils nous quitteraient au point de menacer l'équilibre psychologique de la France ! "

    Que faire alors ? dit le ministre de la culture qui n'arrivait plus à réussir ses mots croisés.

    Que les immigrés expulsés reviennent ! dit un secrétaire d'Etat d'origine algérienne.

    Cela m'étonnerait beaucoup, fit remarquer Alain Rey. Ils ont leur fierté et leur orgueil.

    Mais La France ne supportera pas que sa langue soit ainsi amputée ! dit un autre ministre qui peinait sur une page de mots fléchés.

    Je ne pourrai plus jouer au scrabble ! ajouta le ministre de l'Education. La France ! Mais la France ne fait rien pour tous ces peuples qui parlent sa langue, l'écrivent et l'embellissent ! s'écria Alain Rey. La France ferait bien de profiter de cette crise pour réfléchir, avoir un peu plus d'imagination et de cohérence dans sa politique. Ce n'est pas en stigmatisant l'islam et les musulmans que ce pays fera honneur à sa devise et à ses valeurs. Messieurs les Inquisiteurs, bonsoir ! "

    Brouhaha de vagues protestations. Alain Rey quitta la réunion et laissa ces hauts fonctionnaires dans le brouillard. Une semaine plus tard, le chef de l'Etat apparut au journal télévisé de 20h. Il avait l'air grave.

    " Françaises, Français, Mes chers compatriotes Assalâm Alikoum ! Oui, vous avez bien entendu ! Assalâm Alikoum cela veut dire bonsoir en arabe ou plus exactement " la paix sur vous ". Sayidâti, Sâdati ! Mesdames, Messieurs ! Je serai bref, lâ outawillo alikoum. La France a commis davantage qu'une erreur, une injustice grave, dholmun kabir ! Après le 11 septembre 2001, certains ont dit " Nous sommes tous des Américains ! ". Moi, je dis aujourd'hui : " koulouna 'arabe ! " Nous sommes tous des Arabes ! " koulouna mouhâjiroun " Nous sommes tous de immigrés. En agissant de la sorte, nous avons porté atteinte à leur dignité et nous avons perdu notre âme et notre dignité, je veux dire karâmatouna. Je sais, je ne serai pas réélu. Qu'importe. Je ne me représente pas. Je rends hommage à la langue et à la culture arabes dans l'espoir que certains accepteront de revenir remettre la France sur pied.

    Assalâm Alikoum ! Tahya França ! Yahya Al Maghreb ! " (" Au revoir. Vive la France ! Vive Le Maghreb")

     

    Tahar Ben Jelloun

    Le dernier immigré

  • Epreuves communes

    Comme une compensation aux ruines et aux tristesses de la guerre, il faut noter les admirables exemples de dévouement et d'entraide auxquels elle a donné lieu parmi la population tunisienne, sans distinction de race et de religion.
    Les bombardements aériens ensevelissaient des familles entières sous les décombres de leur habitation. Sur les lieux du sinistres, des équipes de sauveteurs bénévoles travaillaient sans relâche jour et nuit pour dégager les morts et essayer de sauver les blessés.
    Au péril de leur vie, des médecins et des infirmiers allaient porter secours aux blessés et aux mourants, tandis que les bombes éclataient autour d'eux.
    Quand aux sinistrés et aux réfugiés des villes ruinées, ils furent accueillis, secourus par la population des cités encore indemnes.
    Ces beaux dévouements du temps de guerre doivent servir d'exemples pour le temps de la paix.

    PETITE HISTOIRE DE LA TUNISIE, M.REGAGNON et A.PELLEGRIN; MAI 1951 page 127

  • Spéléologie ou la passion de fin d'année

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    J'ai enfin réussi à surmonter ma clostrophobie et franchi le pas d'une nouvelle activité totalement charmante. La spéléologie, un sport complet, écologique, cérébrale et musuculaire avec une bonne portion d'adrénaline. On respire le grand air de la motagne, on boit l'eau des sources, on arpente les sentiers motagneux, on calcule chaque pas, chaque geste, on affronte sa peur du vide, du noir, des hauteurs, des chave-souris, on marche des kilométres, on utilise tous ses muscles pour monter, escalader, grimper, on trébuche, on rigole, on s'excite simplement. Que demande le peulpe?

    Notre guide Dondon nous a condui sur les pas des mineurs à 950m d'altitude, un escalier empiérrée effritée par les passages quasicontinu de l'eau. une pente de 45° approximative. Puis enfin l'entrée de la Grotte de la Mine.

    Une entrée en couloir et labyrinthes, puis le premier puits 40 métres, labyrinthes puis le deuxiéme 30 m. Une déscente dans le ventre de la montagne, l'odeur de la boue, l'humidité et les battements légers des ailes de chauves-souris raméne les images d'un film d'horreur, seulement au contraire un seul sentiment nous envahi, l'admiration, Dame Nature nous offre encore un monde vierge que seulement quelques uns qui s'aventurent loin de leurs chambres d'hotels douillettes SPA et boites de nuits ont la chance de découvrir. Je suis rentrée chez moi avec l'impression d'avoir été sur une planéte de Star Wars.

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    Ce weekend je repars avec un groupe d'ami pour découvrir la grotte de l'églantine à Zaghouan. Notre guide me trouve assez autonome pour une débutante, je ferai mes preuves cette fois.

  • Zeus = Dyaus

    Une découverte linguistique du XIXe siècle : Zeus (le Dieux grec) équivaudrait au sanskri Dyaos qui signifie ciel.


    Bon alors, c'est assez compliqué mais je vais essayer de rendre ça simple et intelligible (si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à le dire !)

    Le XIXe siècle est le siècle de l'Inde, de la découverte de sa civilisation, de ses écrits et de ses langues (voir à ce sujet l'article sur Anquetil Duperron). La découverte des religions indiennes a eu pour principale conséquence la création d'une nouvelle discipline, l'histoire des religions. Car les religions indiennes ont amené de nouvelles reférences sur lesquelles on peut se baser (avant, les seules références étaient la religion chrétienne et, dans une moindre mesure, juive). Bien entendu, les savants européens n'ont pas pu s'empêcher de comparer ces différentes religions (d'un point de vue objectif). Le comparatisme est d'ailleurs une branche importante de l'histoire des religions.

    En comparant les termes linguistiques , les savants se sont aperçus qu'ils étaient très proches. Le terme Dieu est très parlant:

    Dieu se dit : deus en latin
    en sanskri : devas
    en avestique : daevos (avec un trait au dessus du e)
    daevos dérive lui-même de dyaos (qui désigne le ciel lumineux).

    En constatant cette similitude des termes, les savants en ont conclu que les langues indiennes et européennes avaient le même héritage : d'où la création du concept de langues indo-européennes.

    Dans la religion même, le sens de tous ces mots originels renvoie à l'idée de ciel. Cela ne signifie pas qu'il faille réduire le sens de Dieu à celui du ciel, mais cela signifie qu'à l'origine, les gens vénéraient le ciel. Au fur et à mesure que le temps passait, les langues ont évolué. L'origine est commune, mais chaque terme (deus, daevos...) s'est peu à peu chargé d'un sens nouveau. Le mot originel a fini par acquérir une signification plus complexe.

    daevo en avestique ne désigne plus la divinité lumineuse mais renvoie plutôt aux démons : deva vs adeva
    sura (les dieux solaires) vs asura (les démons)

    Enfin, pour en revenir au sujet de cet article,
    Zeus, le dieu grec du ciel et de l'orage tire bien son origine du mot *dyaus (la transformation du D en Z est tout à fait courante).

    On ne peut pas prétendre retrouver une unité religieuse par la seule forme linguistique, mais cela permet de mieux cerner le patrimoine commun des peuples avant leur séparation.

    Les mots précédés d'un * ne sont que des reconstructions virtuelles qui donnent un aperçu des mots originels d'où dérivent les termes actuels.

     

    Encéclopédie Du Savoir Relatif Et Absolu, Bernard WERBER

  • Forteresse Digitale

    515eAl5iUNL._SL500_AA300_.jpgJe viens d'achever le premier Dan Brown en 24 heures, Forteresse digitale.pdf. Quatre cents page à dévorer sans modération, ce n'est pas la grande littérature mais pour les fanatiques du polar et du suspens ce livre est un vrai délice.